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Nouvelle carte des régions : les entreprises bourguignonnes pas convaincues par l'union avec la Franche-Comté

Cet hiver, L'Usine Nouvelle vous entraîne aux six coins du territoire français, sonder ce que pensent les industriels de la nouvelle carte de nos régions adoptée le 17 décembre par l'Assemblée nationale. La grande majorité des dirigeants bourguignons ne croient pas à l’efficacité réelle d’une fusion entre la Bourgogne et la Franche-Comté, prévue pour 2016.

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Nouvelle carte des régions : les entreprises bourguignonnes pas convaincues par l'union avec la Franche-Comté
Hôtel Dieu de Beaune

L’idée de réunir en un seul territoire les anciens duché et comté de Bourgogne ne trouve pas un écho très favorable parmi les chefs d’entreprises. Seul le meunier Joseph Nicot (31,5 millions d’euros de chiffre d’affaires), implanté à Chagny (Saône-et-Loire), apprécie avec enthousiasme la démarche. "Nous pourrons enfin globaliser toutes les productions régionales agricoles et agroalimentaires, du sapin du Morvan à la vache de Montbéliard, et ainsi échapper à l’image cannibalistique du vin", argumente-t-il.

Ailleurs, les sons de cloche sont plus mesurés, voire franchement critiques. "Comme toujours avec ce type de débat vieux de trente ans, on va au plus simple et au moins polémique et sans poser les vraies questions : cela va-t-il doper l’attractivité et dynamiser l’économie ?", se demande Jean-Philippe Girard, P-DG d’Eurogerm et numéro un français des ingrédients et auxiliaires technologiques pour la filière blé-farine-pain (66,2 millions d’euros de chiffre d’affaires), présent à Saint-Apollinaire (Côte-d’Or).

Le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) pointe du doigt des incohérences territoriales : "Si je prends la Nièvre et le nord de l’Yonne, ces territoires ne regardent pas vers Dijon et encore moins vers Besançon." Nicolas Félix, patron nivernais de Sorec à la Charité-sur-Loire (15 millions d’euros de chiffre d’affaires), fabricant de mobilier commercial et d’habitat modulaire en bois, enfonce le clou. "Ce n’est pas une bonne affaire pour nous car nous serons encore plus éloignés des centres administratifs de décision qui ne viennent déjà pas nous voir."

Pas d’économies de fonctionnement

Serge Brigot, son collègue de Sens (Yonne) à la tête de Graindorge (12 millions d’euros de chiffre d’affaires), société spécialisée dans le traitement de surface, se veut moins critique. "Que la capitale soit Dijon ou Besançon peu m’importe, car la seule chose qui importe c’est la réalisation d’économies substantielles de fonctionnement. Or, cette fusion à venir ne chiffre rien, se fait sans clarté ni transparence et j’ai peur, au final, d’une flambée de la fiscalité locale."

Vincent Martin, dirigeant du groupe familial de travaux publics Roger Martin (200 millions d’euros de chiffre d’affaires), indique qu’il aurait bien mieux valu déjà simplifier la "couche inférieure" des collectivités locales : communes, communautés de communes, syndicats mixtes… Le tout nouveau président de la Fédération des travaux publics de Bourgogne alerte aussi sur les budgets d’investissement. "Pour celui des infrastructures, la somme globale retenue ne sera pas celle de l’addition actuelle des deux collectivités. Nous allons subir de la perte en ligne dans un secteur déjà sinistré", dénonce-t-il.

Cette fusion encore sur le papier, un dirigeant la fustige plus que tout. Il s’appelle Didier Contrepois, dirige l’entreprise STI à Genlis (2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires), en Côte-d’Or, et assure par ailleurs la présidence de l’UIMM départementale. Ce sous-traitant industriel en câblage électrique, faisceaux et filerie n’attend plus rien des élus et est même surpris qu’on l’interroge sur le prochain rapprochement des deux régions : "On n’en espère rien du tout, juste peut-être que le guichet unique dont on nous rebat les oreilles ne soit pas une nouvelle usine à gaz." A ces yeux, cette nouvelle "tarte à crème" sera une nouvelle gabegie de fonds publics.
François Patriat et Marie-Guite Dufay, les présidents (PS) des conseils régionaux de Bourgogne et Franche-Comté, ont encore quelques mois, avant la fin de leur mandat actuel, pour convaincre… Ce qui ne sera pas de trop.

De notre correspondant, Didier Hugue

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