Economie

Nouvelle carte des régions : le Limousin change de catégorie

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Cet hiver, L'Usine Nouvelle vous entraîne aux six coins du territoire français, sonder ce que pensent les industriels de la nouvelle carte de nos régions adoptée le 17 décembre par l'Assemblée nationale. La plus petite région, le Limousin, va devenir la plus grande en se rapprochant de l’Aquitaine et de Poitou-Charentes. Une fusion qui ne rassure pas les industriels.

Nouvelle carte des régions : le Limousin change de catégorie
Collonges la Rouge
© Francis Fantoni- flickr - c.c

Sommaire du dossier

Selon un sondage Ifop, la fusion de l’Aquitaine avec Poitou-Charentes et Limousin satisfait 60 % des Limousins interrogés, 51 % pensant que la future région sera plus performante au niveau économique. Quant aux chefs d’entreprises, ils sont attentistes et s’interrogent quant à la place qu’occupera le Limousin, ses 741 047 habitants ne participant qu'à 1 % du PIB. "Il ne faut pas que le Limousin perde ses prérogatives économiques, qu’il soit absorbé et dépossédé par l’ogre aquitain, estime Serge Bonnefont, directeur général de France Confection basé à Limoges. Je crains que Bordeaux ne prenne plus d’ampleur et je m’inquiète pour le maintien des services."

Comme d’autres industriels, Serge Bonnefont espère que le récent accord trouvé entre les présidents des trois régions plaidera pour la réalisation de la LGV Limoges Poitiers. "Elle est indispensable, nos clients parisiens hésitent à venir à l’usine", déplore-t-il. Constructeur de voitures sans permis à Pierre-Buffière, David Chatenet ne voit pas ce que cette fusion changera. "On nous dit qu’on fera des économies mais au contraire, cela va générer des coûts. Je suis inquiet pour la défense de Limoges en tant que ville centre, notamment pour les transports qui sont insuffisants. Nous sommes pénalisés, ce problème devra être réglé."

Une grande région toujours proche ?

Le guichet unique des aides et subventions aux entreprises intéresse Serge Bonnefont qui a prévu d’investir. "Je suis pour une simplification mais j’ignore où sera traité mon dossier, à Limoges ou à Bordeaux. La grande région sera-t-elle aussi proche des entreprises ? " La place qu’occupera le Limousin le 1er janvier 2016, au terme de cette réorganisation, reste la préoccupation première des chefs d'entreprises. L’inquiétude prévaut d’autant plus qu’ils ne sont guère informés des futures compétences dévolues à chaque territoire, même s'il est admis que l’exécutif siégera à Bordeaux.

Pour Alexis Mons, directeur général délégué d'Emakina France basé à Limoges, il est prématuré de s’alarmer outre mesure. "Aujourd’hui nous n’avons qu’une carte, l’avenir est flou sur les futures compétences des collectivités territoriales. Nous sommes très attachés à Limoges en tant que métropole, à l’enseignement supérieur et à la recherche et nous serons attentifs au dynamisme de l’Université." Par ailleurs, il n’imagine pas de bouleversements immédiats pour son activité. "A ce stade-là, cela ne change rien, nous avons des engagements qui ne peuvent pas s'arrêter du jour au lendemain. Je ne vois donc pas de signaux négatifs."

"Des synergies extraordinaires peuvent être trouvées"

A la tête de l'imprimerie Fabrègue à Saint-Yrieix-la-Perche, Emmanuel Fabrègue redoute cette réorganisation : "J’espère que ce ne sera pas une nouvelle couche du mille-feuille. Si une clarification s’opère au niveau de la grande région, ce sera positif à condition que le Limousin ne soit pas simplement raccroché à l’Aquitaine." Situé à 5 kilomètres de la Dordogne, qui fait partie de l’Aquitaine, sa société entretient des relations avec cette région. "Des synergies extraordinaires peuvent être trouvées et des opportunités voir le jour, mais les politiques devront renoncer à leur pré carré et tenir compte du poids économique de chaque région. Si l’impulsion n’est pas donnée par les collectivités, cela ne fonctionnera pas".

A l’issue de la fusion, la plus grande région arrivera en tête pour ses activités dans l’aéronautique, la recherche et le développement en chimie verte et l’éco-construction, sa forêt et son vignoble.

De notre correspondante Corinne Mérigaud

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