International

"Nous risquons une récession et une crise énergétique mondiales", selon Thierry Bros

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le , mis à jour le 10/03/2020 À 10H11

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Entretien L’échec des négociations entre l’Opep et la Russie, le 6 mars, a relancé la guerre des prix et fait chuter les cours du pétrole, dans un contexte de demande amoindrie par le coronavirus Covid-19. Les Bourses mondiales ont suivi le mouvement, avec des baisses historiques lundi 9 mars. Expert des marchés gaziers, analyste associé Energy Project au Davis Center for Russian and Eurasian Studies de l'université de Harvard et professeur invité à Sciences Po, Thierry Bros souligne le risque que fait peser cet effondrement sur les investissements des énergéticiens, et les traces que pourrait laisser cette rupture.

Nous risquons une récession et une crise énergétique mondiales, selon Thierry Bros
Thierry Bros met en garde contre le risque que l'effondrement des cours du pétrole et des valorisations boursières des compagnies pétrolières fait peser sur les investissements, y compris dans les énergies renouvelables.
© Société Générale

L'Usine Nouvelle - La Russie a refusé de suivre l’Opep sur une nouvelle salve de coupes de production le 6 mars, provoquant une chute de 30 % des cours du pétrole, suivie d’un effondrement des Bourses. Voyez-vous un rebond possible à court terme ?

Thierry Bros - Les Russes ont fait une erreur dans les années 2012 à 2014, en imposant des prix du gaz élevés en Europe parce qu’ils l’étaient en Asie. Après Fukushima, c’était normal que les prix soient élevés en Asie, mais pas en Europe. Cela a été un feu vert donné à leurs concurrents [les gaz de schiste américains, NDLR] pour prendre les décisions finales d’investissement. La première vague d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) américain a été lancée par ces prix du gaz russe trop élevés en Europe. Je crois que les Russes ont compris cela, car en 2018-2019 nous avons vu les prix du gaz se décorréler de ceux du pétrole, au point de devenir à peine profitables, même pour les Russes. Ce qu’ils lancent aujourd’hui, c’est une guerre des prix sur le pétrole. Cette fois avant, et non pas après que les concurrents soient arrivés.

S'ils ne reviennent pas sur cette décision, les cours peuvent-ils encore baisser?

Les cours du pétrole peuvent encore aller plus bas. En termes de marché, il n’y a pas de raison qu'ils ne puissent pas descendre sous les 20 dollars par baril, car c’est bien au-delà des coûts de production en Arabie saoudite. Les prix du gaz, en revanche, ne sont pas très loin d’un prix plancher.

Que dit cette baisse des prix des hydrocarbures sur l’économie ?

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