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"Nous investissons dans le foncier pour réindustrialiser", défend Olivier Sichel, le directeur de la Banque des territoires

Emilie Léveque ,

Publié le

Créée en mai 2018, la Banque des territoires est le bras financier de la Caisse des Dépôts sur les territoires. Interview de son directeur, Olivier Sichel.

Nous investissons dans le foncier pour réindustrialiser, défend Olivier Sichel, le directeur de la Banque des territoires
Olivier Sichel, président de la Banque de territoires
© Caisse des Dépôts/Jean-Marc Pettina

L’usine Nouvelle - Quelle était l’ambition à l’origine de la création de la Banque des territoires ?

Olivier Sichel - L’objectif était de mettre dans une seule entité tous les leviers de développement des territoires du groupe Caisse des Dépôts. Les pouvoirs publics ont souhaité rendre l’action de la CDC plus simple, à travers une seule marque, plus rapide, avec une plateforme digitale, plus lisible, avec un guichet unique qui est la direction régionale, de façon à rendre nos outils plus proches. En pratique, nous avons mis dans la Banque des Territoires la direction des prêts, la direction des investissements, les clientèles bancaires pour les professions juridiques et nos participations stratégiques que sont la SCET, société de conseil qui fait de l’ingénierie territoriale et CDC Habitat, notre filiale de logement social.

Qui sont vos clients ?

Les collectivités locales (les régions, les départements, les communes), les organismes de logements sociaux et les entreprises d’économie mixte qui opèrent dans le transport, les infrastructures, l’ingénierie, les énergies renouvelables.

Quelle a été votre action en 2018 ?

Nous avons prêté 12,8 milliards d’euros aux organismes de logement social et aux collectivités territoriales. Nous avons investi en fonds propres 769 millions d’euros dans des projets favorisant le développement des territoires. Et nous avons mobilisé les fonds du Grand plan d’investissements pour un encours de 8 milliards d’investissements à fin 2018.

Dans quels secteurs investissez-vous ?

On investit dans quatre grands domaines. Les territoires plus connectés : nous investissons dans les réseaux haut débit dans les zones rurales. Nous avons prévu 1,5 milliard d'euros dans les cinq prochaines années pour raccorder 5 millions de prises en fibre optique dans les territoires où les opérateurs classiques ne vont pas. Les territoires plus durables : ce sont nos investissements dans les énergies renouvelables, notamment l’éolien offshore, le photovoltaïque et la biomasse. Nous avons également une activité de prêt pour financer la rénovation thermique des bâtiments notamment les HLM. Les territoires plus inclusifs, ce sont nos efforts dans le logement social et le logement très social. Au sein de la Banque des Territoires, notre filiale Adoma gère les foyers d’accueil des demandeurs d’asile. Nous avons également un programme de réhabilitation des copropriétés dégradées. Les territoires plus attractifs, enfin, ce sont des investissements dans les sujets de mobilité, par exemple le CDG express, le Viaduc de Millau. Il y a aussi l’opération "Action Cœur de ville" qui vise à revitaliser les centres de 222 villes moyennes.

Comment investissez-vous dans les Territoires d’industrie dont plusieurs projets pilotes ont été signés en mars ?

Notre rôle consiste à investir dans le foncier et les bâtiments nécessaires pour la réindustrialisation. Par exemple, nous pouvons investir dans la dépollution d’un terrain industriel,  réaménager une zone industrielle ou financer du bâti quand il y a besoin de construire une usine. Nous sommes sur l’environnement.

Investissez-vous également dans des entreprises ?

Nous sommes investisseurs dans les entreprises d’économie mixte, quand il y a des collectivités locales ou dans des entreprises, quand leur activité se concentrent sur des infrastructures au bénéfice des territoires. Par exemple, sur les territoires plus connectés, nous allons investir aux côtés des collectivités dans les sociétés industrielles qui posent de la fibre optique. Autre exemple : nous venons de céder notre participation de 35% dans Valeco, un développeur d’énergie renouvelable que nous avons accompagné pendant dix ans, qui a produit jusqu’à 250 mégawatts et qui vise un objectif de 1 gigawatt. C’est un vrai succès. Nous l’avons cédé à l’énergéticien allemand ENBW. Ce que l’on vise, c’est l'impact. Notre effet de levier est généralement de 7 : quand on met un euro, il y a 7 euros investis dans le projet. Cet effet de levier on peut l’avoir soit avec d’autres collectivités locales, soit avec d’autres banques, soit avec des acteurs privés.

Quels sont vos projets pour l’année ?

Nous avons de grandes ambitions pour notre site : nous voulons mettre le digital au cœur de nos sujet, nous voulons en faire une plateforme de data utile, pas seulement une banque en ligne. Elle a vocation à animer tout l’écosystème du développement territorial. Nous avons également des ambitions sur le déploiement des réseaux haut débit. Ce sont des aventures compliquées, en ce moment il y a beaucoup de tensions sur la main d’œuvre, tout le monde recherche des soudeurs. Nos filiales qui opèrent des réseaux d’initiative publique ont des problèmes de recrutement.

D’où viennent vos fonds ?

D’abord le livret A, l’épargne de tous les Français, qui est centralisée à la Caisse des Dépôts. Une autre recette sont nos fonds propres, les recettes de nos filiales. La troisième recette est celle des dépôts des notaires. Des ressources qui s’élèvent au total à 280 milliards d’euros. C’est cet argent qu’on fait travailler. Nous avons une force de frappe de 20 milliards d’euros par an.

 

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