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"Nous demandons aux politiques de ne pas casser l’Europe", plaide Loic Armand du Medef

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Entretien Loïc Armand, président de la commission Europe du Medef et vice-président de L'Oréal en charges des affaires extérieures analyse les raisons du départ des Britanniques de l'Union européenne et appelle les responsables politiques à agir sur deux préoccupations clés qui méritent une souveraineté partagée. 

Nous demandons aux politiques de ne pas casser l’Europe, plaide Loic Armand du Medef
Loic Armand
© AFP or licensors

L'Usine Nouvelle - Comment réagissez-vous à ce départ des Britanniques de l’Union ?

Loïc Armand - Ce Brexit est un échec grave pour l’Europe et ceux qui l’ont dirigée depuis 20 ans.

 

Un échec des responsables politiques ?

Un échec de tous ceux qui se sont engagés dans ce processus. Nous avons laissé se créer un fossé entre l’Europe des initiés, de ceux qui savent et l’Europe des peuples. Le Brexit est la partie émergée de l’iceberg. Il se pose des questions très importantes de souveraineté. Les peuples ne sont pas prêts à partager trop de leur souveraineté avec un corps étranger.

 

Quels sont les domaines de souveraineté partagés à conserver ?

Il y a deux questions très importantes. Celle de la sécurité et des frontières avec l’établissement d’une politique commune d’asile. L’autre élément vital, c’est de s’attaquer au scandale des jeunes Européens qui sont exclus du marché du travail. Il faut créer une sorte d’apprentissage sans frontière, le Medef a déjà lancé un pilote avec le patronat allemand. Nous devons trouver des solutions communes en matière d’emplois des jeunes. L’Europe a déjà organisé un système commun de l’enseignement supérieur avec l’organisation du LMD (License, Master, Doctorat). Il faut un LMD professionnel.

 

Dans le fond, qu’attendez-vous des responsables politiques ?

Nos concitoyens ont besoin de comprendre la valeur ajoutée collective des décisions européennes. Beaucoup de choses positives sont issues de décisions européennes. Trop de responsables de droite comme de gauche ne le reconnaissent pas.  Nous demandons aux gouvernants de mettre l’accent sur la gravité du moment, de rappeler leur engagement à construire l’Europe et de négocier de façon loyale avec les Britanniques. Il faut appliquer le droit et ne pas sur-réagir de façon affective.  

Nos entreprises sont très attachées à nos collaborateurs, nos parties prenantes et nos consommateurs britanniques.

 

Qu’ont fait les entreprises pour construire l’Europe ?

Les fédérations sont très impliquées. Dans mon secteur, celui des cosmétiques, nous avons contribué à construire depuis 40 ans la règlementation la plus protectrice de l’environnement et du consommateur. C’est un outil de compétitivité pour accéder aux marchés émergents. Dans la fédération des cosmétiques, nous avons 26 nationalités et l’Europe, nous la faisons. Nous demandons aux politiques de ne pas la casser. On ne peut pas imaginer dans un monde en mutation, avec des géants de ne pas poursuivre le projet européen.

Ce matin, on a la gueule de bois. Nous les entreprises, nous ne survivons que parce que nous nous adaptons. Nous trouverons des solutions mais ce qui se passe ne nous fait pas plaisir.

 

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche

 

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