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Non monsieur le Premier ministre, un jeune sur quatre n’est pas au chômage

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Publié le

A force de formulations imprécises, l’idée qu’un quart des jeunes sont au chômage s’installe dans les esprits. Même le Premier ministre participe de cette confusion. En réalité la très grande majorité des jeunes de 15 à 24 ans n'est pas en train de chômer mais d’étudier ou de travailler.


Manuel Valls CNNum / CC / Flickr

Une partie de la jeunesse se sent mal. Depuis le 31 mars, des jeunes ont investi la place de la République à Paris pour discuter de leur malaise, contester la place que leur fait notre société, inventer un autre monde. Et c’est vrai que le poids de la dette laissée par les générations précédentes, les difficultés d’insertion, le rafistolage sans fin mais sans transformation réelle de notre système de protection sociale a de quoi énerver.

Mais, il est des raccourcis qui ne peuvent qu’aggraver le "sentiment de malaise" comme on parle de "sentiment d’insécurité" pour des populations qui ne sont pas confrontés à l’insécurité mais en entendent parler dans les médias.

Parmi ces raccourcis, le lancinant "un jeune sur quatre est au chômage".  L’expression a été utilisée jusqu’au Premier ministre, Manuel Valls, dans une tribune publiée sur Facebook pour tenter de convaincre la jeunesse du bien-fondé de la loi El Khomri.

Dans ce texte intitulé "Sortir d'une société de précarité", il écrit : "Les premières victimes, ce sont, bien sûr, les jeunes. Parmi eux, les moins diplômés sont les plus durement atteints par l’hyper-précarité. Et pour tous, même pour ceux qui ont fait des études, l’entrée sur le marché du travail est un parcours semé d’embûches : un jeune de moins de 25 ans sur quatre est au chômage."

La réalité est que, selon l’Insee, au dernier trimestre 2015, c’est le taux de chômage des actifs de 15 à 24 ans qui était de 24 %. Le taux de chômage de la classe d’âge de 15 à 24 ans est lui de 8,9 %, c'est-à-dire un peu moins d’un jeune sur dix. "Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde", disait Camus.

A ne pas confondre

Et si nous ne faisons pas au Premier ministre le procès de confondre le taux de chômage d’une classe d’âge et celui de sa population active, sa formulation porte à confusion. Elle a de quoi alarmer les jeunes comme leurs parents. En réalité, seul 37,1 % des jeunes de 15 à 24 ans appartiennent à la population active pour la bonne raison que la plupart d’entre eux sont encore en train de se former.

En 2013, (dernière statistique disponible) 97,8 % des jeunes de 15 ans étaient scolarisés, dans la tranche des 21 ans, ils sont 43 %, et à 23 ans, ils sont encore plus d’un quart à faire des études. Et c’est une bonne nouvelle pour la suite. Car plus le diplôme est élevé, plus l’accès à l’emploi est facilité. Cela ne change pas la réalité d’un taux de chômage des jeunes actifs bien supérieur à la moyenne, mais place de la République ce ne sont pas des bataillons de chômeurs qui tentent d’imaginer un monde plus accueillant mais bien des bataillons de lycéens et d’étudiants.

Anne-Sophie Bellaiche

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