Non, le smic n’est pas le premier responsable de la hausse des salaires en France

Quels sont les déterminants qui expliquent le plus la hausse des salaires en France ? C’est l’intéressante question que s’est posé l’Insee lors de son étude annuelle consacrée à l’emploi, au chômage et aux revenus. Son analyse démontre que la signature d’un accord collectif d’entreprise impacte beaucoup plus fortement la hausse des salaires individuels qu’une hausse de 1 % du Smic.

 

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Non, le smic n’est pas le premier responsable de la hausse des salaires en France
L’Insee a présenté son étude annuelle consacrée à l’emploi, au chômage et aux revenus.

Identifier les facteurs prépondérants des augmentations des salariés n’est pas une mince affaire. Car en France, la formation des salaires est régulée par plusieurs institutions : l’Etat qui détermine le niveau du SMIC, les branches et leurs négociations de minima conventionnels, et les entreprises elles-même avec leurs accords collectifs. Ces différents acteurs tiennent eux-mêmes éventuellement compte de l’évolution de la situation macroéconomique (l’inflation, le niveau du chômage, etc …) et microéconomique (la situation de l’entreprise).

On fait souvent le reproche au SMIC d’entraîner les salaires moyens dans une spirale inflationniste. En croisant des données de la Dares sur les salaires (enquête ACEMO) et celles sur la négociation de branches et d’entreprises, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) démontre qu’une hausse de 1% du Smic a un effet au global bien moindre sur la revalorisation des salaires qu’une hausse des minima conventionnels du même ordre ou qu’un accord d’entreprise.

Pour l’évaluer, l'institut a créé un modèle avec différents type de chocs pour hiérarchiser les variables explicatives. Il a aussi isolé l’effet immédiat (dans le trimestre) et l’effet de long terme (après 5 ou 6 trimestres). Cette deuxième mesure semble plus pertinente car les salaires ne sont pas revalorisés tous les trimestres mais plutôt sur une base annuelle.

Les accords d'entreprise prépondérants

Le verdict est clair : le choc qui contribue le plus à la hausse des salaires de base n’est ni le Smic, ni l’inflation, ni les minima conventionnels mais la signature d’un accord d’entreprise. Cet événement a un effet sur l’évolution des salaires individuels de +0,30% quand une hausse de 1% des prix la porte à +0,23%, une hausse des minima conventionnel à +0,14 %, une hausse de 1% du SMIC à 0,08%.

Ces mesures portent sur l’ensemble des salaires. Une analyse plus fine en fonction du niveau des salaires ou des secteurs d’activités conduit à des conclusions un peu différentes. Ainsi, sur les salaires du premier décile (le groupe de 10 % des salaires les plus bas), l’effet à long terme d’un relèvement du SMIC est, assez légitimement beaucoup plus élevé que sur le dernier décile. En revanche, le relèvement des salaires de branches se distribue de manière plus homogène sur l’ensemble des déciles.

La métallurgie peu impactée par le SMIC

Plus intéressant, les secteurs d’activités réagissent aussi très différemment. Sur les secteurs les moins dynamiques en termes de revalorisation salariale, dans lesquels on trouve des salaires assez faibles - comme le nettoyage, le commerce alimentaire, le bâtiment -, la revalorisation conjuguée du smic et des minima conventionnels a un fort impact (de l’ordre de +0,5%). Le secteur dans lequel ces l'impact de ces régulations étatiques ou collectives est le plus faible est la métallurgie (environ +0,1%).

Finalement cette étude montre que la responsabilité de la maîtrise des salaires est du ressort du dialogue social au sein même des entreprises. Et s’il n’y en a pas, ce sont effectivement les dispositifs collectifs qui prennent le relais. Plus timidement.

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