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L'Usine de l'Energie

Navigation à zéro émission sur l'Energy Observer

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Le premier bateau hybride à hydrogène, solaire et éolien, 100 % autonome en énergie, vient de larguer les amarres.

Navigation à zéro émission sur l'Energy Observer
Le périple de l’ambassadeur des énergies alternatives et françaises est prévu pour durer six?ans.

Pas même un petit moteur thermique pour entrer et sortir du port. Sur l’« Energy Observer », vous naviguerez à zéro émission de gaz à effet de serre et de particules fines. Mais avec tout le confort, l’agilité et la sécurité des navires de plaisance. « Et on est vraiment libre. On n’a jamais besoin de se ravitailler en carburant », s’enflamme Victorien Erussard, le capitaine, 38 ans, à l’origine de la construction de ce bateau. Cet ex-coureur au large sait ce que c’est que de se retrouver en panne d’énergie au milieu de l’Atlantique ! Parti le 27 juin de Saint-Malo pour un tour du monde de six ans, l’« Energy Observer » a été baptisé à Paris le 5 juillet par son parrain, Nicolas Hulot, ministre de l’Écologie, et sa marraine, Florence Lambert, directrice du CEA-Liten. Quatre laboratoires du CEA ont développé et installé les briques du système énergétique hybride du bateau. Car l’« Energy Observer » n’est pas seulement – même si c’est déjà unique – un catamaran solaire de 30,5 mètres de long et de 12,8 m de large avec un système de stockage d’électricité par hydrogène pour alimenter une pile à combustible.

Une combinaison de technologies

C’est aussi un navire capable de naviguer à une vitesse comprise entre huit et dix nœuds, tout en produisant son hydrogène directement à partir de l’eau de mer, via un système embarqué de dessalinisation, d’ionisation, d’électrolyse, de compression et de stockage de l’hydrogène à 150 bars. Cette chaîne hydrogène est alimentée notamment par l’électricité produite par 102 m2 de panneaux photovoltaïques provenant de trois technologies différentes du CEA, pour une puissance de crête de 21 kW, et par deux éoliennes verticales de 1 kW conçues par les étudiants et professeurs de l’Institut catholique d’arts et métiers. Un mécanisme d’hydrogénération de 2 x 2 kW produit aussi de l’électricité via deux moteurs électriques réversibles d’un rendement de 97 %. Le tout étant sécurisé, pour les périodes sans vent et sans soleil, par une aile de traction intelligente et un parc de batteries lithium-ion de 400 volts. « Ce sont huit briques technologiques combinées entre elles que nous avons adaptées pour les installer à bord », raconte Didier Bouix, le chef du projet zéro CO2 au CEA-Liten.

Ce laboratoire flottant a été imaginé par Victorien Erussard. « Il y a cinq ans, lorsque j’ai commencé à réfléchir à ce projet, je voulais construire un navire pour préfigurer les réseaux énergétiques de demain, et pas seulement en mer, mais aussi à terre pour les bâtiments, les écoles, ou dans les airs, pour les avions », explique le capitaine. Un rêve devenu réalité.

La métamorphose d’un ancien bateau de course

Ce premier bateau zéro émission, ambassadeur des techno­logies françaises, va montrer les systèmes énergétiques de demain à chacune de ses douze escales en France en 2017 et de ses 101 escales autour du monde d’ici à 2022. À chaque étape, il sera accompagné à terre d’animations autour d’un thème culturel ou environnemental en partenariat avec l’Unesco et sera le point de départ de tournages pour alimenter une série documentaire de huit films sur la transition écologique, « L’Odyssée pour le futur », que réalisera l’explorateur et réalisateur Jérôme Delafosse.

La construction de ce « Calypso » des temps modernes a commencé en 2015. Une soixantaine de personnes ont travaillé à métamorphoser un ancien bateau de course, vainqueur du trophée Jules Verne en 1994 avec sir Peter Blake, rallongé et augmenté, pour accroître la flottabilité, en catamaran à propulsion hybride. Le budget du bateau est de 5 millions d’euros. Celui de son périple, non encore totalement bouclé, de 4 millions d’euros par an. L’« Energy Observer » a bénéficié du soutien financier d’AccorHotels, de Thélem Assurances et de partenaires industriels comme Air liquide pour les équipements à hydrogène, Delta Dore pour la domotique et la gestion de l’énergie, Alexseal pour un anti-fouling respectueux de la faune sous-marine, Draka Fileca pour les câblages ultralégers et Armor Meca qui a travaillé sur l’usinage de pièces en titane. Ce n’est qu’un début. « Energy Observer sert à valider les technologies et à les améliorer, explique Victorien Erussard. À terre, des scientifiques continueront de travailler sur les équipements du bateau. À chaque chantier d’hiver de deux mois, on enlèvera des briques technologiques et on en rajoutera de nouvelles. » Le CEA voudrait ainsi tester la production de chaleur et de froid sur le bateau, en utilisant le potentiel de cogénération de leur pile à combustible, sur la base de la technologie embarquée dans une Kangoo de Renault. La navigation zéro émission ne fait que commencer. 

Capitaine Erussard à la barre

La France a son Bertrand Piccard, l’aventurier de Solar Impulse. Mais en mieux. Victorien Erussard, 38 ans, coureur au large, officier de la marine marchande, est le capitaine de l’« Energy Observer ». Il en est surtout le concepteur, le constructeur et le meilleur ambassadeur. C’est lui qui a persuadé Sébastien Bazin, le PDG d’AccorHotels, de financer son projet. Lui qui est allé à Grenoble, au CEA, exposer sa vision de l’énergie de demain. Lui encore qui va passer les six prochaines années autour du monde à la barre de son bateau-laboratoire. 

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Usine Nouvelle N°3526-3527

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