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Myriam El Khomri, nouvelle ministre du travail, pour une ultime réforme avant la fin du quinquennat

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Publié le , mis à jour le 02/09/2015 À 13H02

Après la démission de François Rebsamen, c'est Myriam El Khomri qui occupera le poste de ministre du Travail. L'actuelle secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, comme ses prédécesseurs, devra se battre encore quelque temps avec un taux de chômage élevé et comme eux, elle travaillera sans doute sur une nouvelle loi pour organiser les relations sociales. Son enjeu sera de donner plus de place à la négociation collective et celle d’entreprise.

 

Édité le 2 septembre 2015 à 13h00 suite à la nomination de Myriam El Khomri. La secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville, Myriam El-Khomri, vient d’être nommée ministre du Travail en remplacement de François Rebsamen, redevenu maire de Dijon (Côte-d’Or).

Et de 3. Après la démission de François Rebsamen, le ministre du travail qui va être nommé sera le troisième de la mandature de François Hollande. Un poste délicat marqué par une succession d’objectifs manqués sur le chômage.  Après Michel Sapin qui soutenait, la promesse du Président de "l’inversion de la courbe" pour la fin de l’année 2013, François Rebsamen s’était lui avancé sur  une stabilisation du taux de chômage en dessous de 10 % en 2014.

Actant cet échec, puisqu’en juin 2015 le taux de chômage (Insee) dépassait les 10,3 % de la population active française, François Rebsamen promettait désormais une baisse pour la fin 2015. Il l'avait toutefois prudemment conditionné à l’évolution  du PIB.  "Si, comme les économistes le prédisent, la croissance est de 1,5 % à la fin de l'année, alors oui, nous allons assister à une stabilisation du nombre de demandeurs d'emploi et à une baisse du chômage à la fin 2015." a-t-il déclaré le 6 juillet 2015 dans une interview à Direct Matin. La nouvelle ministre devra faire avec ce nouvel objectif.

Et il lui faudra en attendant se livrer au pénible exercice de style de la fonction : le commentaire des chiffres mensuels de Pôle emploi et trimestriels de l’Insee. Avec peut-être une perspective meilleure sur ce front que celle de ses prédécesseurs.

Une prochaine réforme

Mais jouer les oracles (souvent déçus) n’est pas la seule fonction des ministres du Travail, Michel Sapin comme François Rebsamen ont porté chacun de timides mais réelles réformes du marché du travail et des relations sociales. La loi de sécurisation de l’emploi pour l’un en juin 2013 et la loi de simplification du dialogue social pour l’autre promulgué opportunément la veille de sa démission. Malheureusement pour eux ce type de dispositions ne porte leur fruit qu’à moyen terme. Myriam El Khomri aura-t-elle le temps et l’énergie politique pour pousser plus loin. Emmanuel Macron, le bouillonnant ministre de l’économie a préempté ce terrain en intégrant des sujets de relations sociales à sa loi sur "la croissance et l’activité", preuve que le sujet ne préoccupe pas seulement la rue de Grenelle.  Manuel Valls et François Hollande soutiennent qu’ils réformeront jusqu’au bout de leur mandat. Quel sera le chantier du futur ministre ?

En avril dernier, Manuel Valls a confié à  Jean-François Combrexelle, ex-éminent directeur général du Travail  et actuel conseiller d’Etat, une mission sur l’élargissement de la place de la négociation collective et d’entreprise dans les relations sociales. La nouvelle ministre devrait trouver le rapport sur son bureau en septembre. Les principes tracés pourraient servir de base à une nouvelle loi. Dans sa lettre de mission à Jean-Denis Combrexelle, Manuel Valls écrivait : "Je souhaite que vos propositions ne se limitent pas à des aménagements du cadre législatif actuel mais ouvrent -pour les partenaires sociaux comme pour le gouvernement- des perspectives nouvelles et audacieuses capable de moderniser en profondeur notre système de relations sociales et sa pratique". Dont acte. S’il veut agir, le successeur de François Rebsamen devra faire avec la gronde de certains syndicats et d’un groupe de parlementaires de la majorité qui voit toute volonté de réforme comme une attaque de la protection des salariés. Mais la charge de deux grandes voix de gauche, Robert Badinter et le professeur de droit Antoine Lyon-Caen,  contre la complexité du droit du travail dans un ouvrage paru en juin "Le travail et la loi" sonne comme une préparation des esprits… et du terrain. Restera à trouver une place dans un calendrier parlementaire chargé.

Anne-Sophie Bellaiche 

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