[Muses industrielles] Artistes & Robots, jouer avec la technologie pour faire de l'art

La Grand Palais propose l'exposition Artistes & Robots jusqu'au 9 juillet 2018. Une quarantaine d'artistes interrogent la relation entre l'art et la technique et la place de l'homme dans une société aux avancées scientifiques fulgurantes. 

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[Muses industrielles] Artistes & Robots, jouer avec la technologie pour faire de l'art
Nicolas Schöffer a créé CYSP 1 en 1956. L'oeuvre est considérée comme la première sculpture cybernétique de l'histoire de l'art.

Automates, vidéos, musique lunaire... visiter l’exposition Artistes & Robots au Grand Palais n’est pas de tout repos. Loin des expositions banales où les visiteurs piétinent devant des œuvres à la chaine, Artistes & Robots sollicite nos sens. A peine arrivé, un film sur Jean Tinguely, puis la première-œuvre robot, puis des voitures qui tournent frénétiquement sur du papier blanc, un stylo accroché à leur carrosserie... l’œil est constamment en éveil, l’œuvre interpelle le spectateur.

Une manière de nous interroger sur un sujet phare de notre ère contemporaine : la technique. Automatisation, réalité virtuelle, programmation... toutes ces avancées scientifiques sont entremêlées à l’art, sont l’outil de l’art, et apportent des clefs pour interroger notre société. 41 artistes nous poussent à la réflexion : que peut bien faire un robot que ne peut pas faire un artiste ? Faut-il avoir peur des robots ? Des artistes ? Les questions sont posées dès l'entame de l’exposition.

De l'outil aux robots humains

Entre vidéos, interviews et œuvres robotisées, le parcours se déroule en trois temps. "La machine a créer" nous replonge dans l’histoire de l’art et de la robotique de Marie Shelley (Frankenstein) à Jean Tinguely en passant par Capek. Le robot fait l’objet de fascination voire d'effroi. Mais il permet aussi d'ouvrir des nouvelles possibilités à l’art en créant des espaces de liberté à conquérir. "Rien de vraiment nouveau sous le soleil, sinon que l’outil a changé", explique Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition. Il fait remarquer que les artistes s’emparent depuis les années 1950 des technologies robotiques et ajoute que 1956 est la date de la création du concept de l’intelligence artificielle.

L’exposition nous mène vers une technologie plus subtile qu’est la programmation. "L’’œuvre programmée" rythme le second temps où les écrans sont le principal support. "On sait comment l’œuvre commence mais pas quand elle finira", expliquent les cartels. On y voit l’œuvre Les Pissenlits d’Edmond Couchot et Michel Bret (1990-2017). Les pissenlits projetés sur un écran réagissent au souffle du visiteur. En s’approchant d’un détecteur, les akènes s’envolent : le visiteur ne maîtrise que son souffle et perd rapidement le contrôle sur la plante volatile.

Les escaliers du Grand Palais s’entourent d’œuvres monumentales comme celle d’Elias Crespin. Grand HexaNet (2018) se meut de manière autonome dans la cage d’escalier. Les formes se modifient, toujours dans une grande harmonie, d’une façon lente et intrigante. L’esthétisme est dicté par un programme. Quand s’arrêtera-t-il ? La troisième phase apeure ou émerveille : "le robot s’émancipe". On y croise des robots humanoïdes, des films aux acteurs robots, etc.L’artiste ORLAN a même créé son double électronique : l’ORLANOÏDE. Cette proximité avec l’être humain est angoissante mais met en avant le champ des possibles infini qui s’offre à nous grâce à la technologie. "Le robot devient donc co-auteur. Nous rendra-t-il plus humain, plus artiste, ou plus robot ?" L’exposition s’arrête sur cette question et nous confronte à notre propre jugement.

Artistes et robots, du 5 avril au 9 juillet 2018 au Grand Palais

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