Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Muriel Pénicaud détaille son "big bang" de la formation professionnelle

Cécile Maillard ,

Publié le

La future réforme de la formation professionnelle, présentée lundi 5 mars par la ministre du Travail, simplifie le système, pour que salariés et demandeurs d’emploi accèdent à la formation plus facilement et sans intermédiaires.

Muriel Pénicaud détaille son big bang de la formation professionnelle
La ministre du Travail Muriel Pénicaud (ci-contre aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe) présente la réforme de la formation professionnelle, le 5 mars 2018.
© Twitter/@EPhilippePM/CC

Multiplier par quatre ou cinq le nombre de salariés qui activent chaque année leur droit personnel à la formation, c’est l’objectif du gouvernement. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a présenté lundi 5 mars au matin la réforme envisagée par le gouvernement pour y parvenir. Son projet reprend l’essentiel du contenu de l’accord trouvé le 22 février par les syndicats et le patronat sur la création de droits nouveaux pour les individus, mais y ajoute un "big bang" - selon l'expression de la ministre - bouleversant le système actuel, jugé trop complexe et injuste.

Le compte personnel de formation, renforcé et libéré

Les droits versés au compte personnel de formation (CPF), détenu par tout salarié ou demandeur d’emploi, sont renforcés. Les partenaires sociaux avaient augmenté le nombre d’heures crédité chaque année sur le compte, de 24 à 35. Le gouvernement reprend cette revalorisation, mais tient à formuler ces droits en euros, et non en heures. Le compte de tout salarié sera donc crédité de 500 euros par an, le CPF atteindra son plafond de 5 000 euros au bout de dix ans. Pour les salariés non qualifiés, cette somme est portée à 800 euros par an, et le plafond à 8 000 euros. La ministre a expliqué que présenter le CPF en euros était non seulement plus lisible pour ses utilisateurs, mais permettait aussi de financer une formation en ligne, par définition non définie en heures, et était plus "juste" car l’heure de formation d’un cadre est plus coûteuse que l’heure de formation d’un employé ou ouvrier. Les partenaires sociaux, eux, craignent une inflation des coûts de formation, qui réduirait les droits des salariés. Les salariés à temps partiel bénéficieront exactement des mêmes droits, qui ne seront donc pas proratisés. Important pour l’égalité hommes-femmes, a insisté la ministre, 80 % des temps partiels étant occupés par des femmes, qui pourront donc se former pour éventuellement changer de métier.

Grande nouveauté: les individus n’auront plus besoin de demander d’autorisation pour utiliser leur compte. Une application mobile dédiée au CPF permettra à tout utilisateur de se connecter à son compte, de découvrir les formations proposées près de chez lui, et de s’inscrire directement, sans intermédiaire ni validation administrative. Son choix sera guidé par une évaluation, transparente, de l’efficacité de chaque formation (taux d’insertion dans l’emploi, commentaires de ceux qui l’ont suivie, comparaison des prix entre formations identiques…). Surtout, les salariés pourront bénéficier partout sur le territoire d’un conseil en évolution professionnelle (CEP) qui existe déjà mais est peu utilisé. Dans chaque région, un opérateur sera choisi et devra proposer ces conseils en formation au plus près du terrain, notamment dans les quartiers prioritaires.

Les OPCA transformés en "opérateurs de compétences"

Une seule cotisation, réunissant formation et apprentissage, sera due par les entreprises, à hauteur de ce qu’ont prévu les partenaires sociaux (1,68 % de la masse salariale pour celles de 11 salariés et plus, 1,23 % pour les moins de 11 salariés). Ces sommes seront collectées par les Urssaf, ce qui simplifiera la vie des entreprises. Et la Caisse des dépôts, gestionnaire de l’argent du CPF, payera directement les organismes de formation choisis par les utilisateurs du CPF. Les OPCA, organismes paritaires collecteurs agréés, qui assuraient jusque-là cette collecte, deviendront des "opérateurs de compétences", bâtis sur des logiques de filières plus que de branches.

Leurs missions changeront, puisqu’ils devront appuyer les branches dans la co-construction des diplômes ouverts à l’apprentissage, et financeront les centres de formation des apprentis (CFA). Dotés de services de proximité, ils financeront le plan de formation des TPE et PME – les moins de 50 salariés bénéficieront d’un fonds mutualisé alimenté notamment par les grandes entreprises, dans un esprit de "solidarité". Une "réforme systémique" que n'avaient pas abordée les partenaires sociaux, mais qui "relève de la responsabilité de l’Etat", justifie Muriel Pénicaud.

Autre simplification de la gouvernance : une seule agence nationale, appelée France Compétences, reprendra les missions de trois organismes actuels (FPSSPP, Cnefop, Copanef), veillera à la qualité et aux prix des formations et assurera la péréquation financière au profit des TPE et PME.

Le gouvernement va poursuivre ses discussions avec les régions et les partenaires sociaux tout au long du mois de mars. La ministre du Travail compte présenter en conseil des ministres son projet de loi sur l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance chômage durant la deuxième quinzaine d’avril. Son nom : projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel". Liberté et individualisation sont bien au cœur de ce "big bang".

Réagir à cet article

inscrivez-vous aux webinaires

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle