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Monsieur le Président, la bataille de l'investissement productif n'est pas gagnée !

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Alors que l'industrie française accuse un retard de 15 années dans la modernisation de son outil de production, l'équivalent de 42 milliards d'euros d'investissements, et que les voyants passent à peine du rouge à l'orange foncé, la bataille de l'investissement productif ne fait que débuter. Pour Jean-­Camille Uring, le président du Syndicat des Machines et Technologies de Production (Symop), ne pas reconduire en 2016 le suramortissement, la principale mesure incitative adoptée par l'Etat, serait une erreur aux conséquences majeures pour notre industrie. L'Italie, elle, n'a pas attendue, nous explique-t-il dans une tribune écrite pour L'Usine Nouvelle.

Monsieur le Président, la bataille de l'investissement productif n'est pas gagnée ! © faustfoundation - MorgueFile - C.C.

"Oui, il faut reconduire en 2016 le suramortissement en faveur des investissements productifs ". Voilà le cri de soutien lancé par Louis Gallois. L'ancien commissaire général à l'investissement sait mieux que quiconque les effets positifs suscités par la mesure.

Pensé par le Symop fin 2014, le principe de ce dispositif a convaincu le Président de la République et le gouvernement. Ce dernier a mis les bouchées doubles, le faisant voter le 16 avril 2015 et publiant une instruction fiscale le 21 avril. Il s'agit d'encourager l’investissement productif des entreprises en leur permettant de pratiquer un suramortissement de 40%. Les industries amortissent donc les biens à hauteur de 140% de leur valeur. Elles y ont un avantage de trésorerie et de rendement. Pour un investissement de 100 000 euros, l’économie d’impôt s'ajoutant à l’amortissement classique, est de 13 000 euros (avec un taux de 33,3 d'Impôt sur les Sociétés).

Alors que notre outil de production s'était fossilisé à cause de la dégradation sans précédent des marges, cette mesure est arrivée à point nommé. Nous avions accumulé 15 ans de retard dans le renouvellement de nos technologies de production et que 42 Mds d'euros d'investissements ont fait défaut !

Face à cette situation, une année de suramortissement sera insuffisante pour relever l'outil de production d'un maximum de nos PMI et ETI, et pour être à niveau de leurs concurrents européens et partir à la reconquête des marchés internationaux.

C'est une première raison. Il y en a deux autres importantes. Evalué à 500 millions, le coût pour l'Etat s'avérera plus faible en année une ; entreprises et experts comptables n'ayant pris la mesure de ce dispositif que tardivement. Même si elle s'avérait aussi importante, le cout a été compensé par le report des allégements des charges salariales de janvier à avril 2016...

La troisième raison n'est pas la moindre. Le 17 septembre dernier, lors du colloque de la Fabrique de l'Industrie consacré au CICE, le Directeur de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) évoquait la sortie d'une étude inédite sur l'utilisation du Crédit d'Impôt. Avec beaucoup de prudence, il annonçait que selon les premiers résultats, le crédit d'impôt a servi pour moitié à la progression des salaires, pour moitié à la création emplois, laissant à la traîne et l'investissement productif, et l'amélioration des marges. Validées, ces données confirmeront la nécessité de maintenir un dispositif dédié à la modernisation de l'outil de production de nos PMI et ETI. Voilà pourquoi, retirer cette mesure incitative au moment où l'investissement des PMI commence à frémir mais reste fragile, reviendrait à casser la reprise de notre modernisation industrielle.

Ce modèle de sur amortissement est si attractif que l'Italie vient de le copier en allant plus loin : le dispositif durera 3 ans a annoncé la sous-­secrétaire italienne à l’industrie ! Il serait paradoxal que la France baisse la garde alors que nos voisins transalpins dopent leur outil de production industriel.

Parce que la bataille de l'investissement productif ne fait que commencer, il faut, Monsieur le Président, donner à l'Industrie toutes les chances de la gagner.

Tribune de Jean-­Camille Uring,

président du Syndicat des Machines et Technologies de Production (Symop)

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2 commentaires

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30/10/2015 - 11h11 -

Les grands industriels sont gonflés de demander encore des allègements supplémentaires, cette fois sous le prétexte d'investir, alors qu'ils ont arbitré durant ces 15 dernières années en faveur des dividendes et du revenu des actionnaires au détriment de l'investissement dans l'outil productif. L'erreur vient de là, elle vient de la financiarisation de l'industrie, de la recherche du profit à deux chiffres, et pas des politiques gouvernementales d'ailleurs très variables par définition. Alors ne vous trompez pas de porte. ça n'est pas au contribuable de payer pour que l'industrie enrichisse indéfiniment la finance.
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23/10/2015 - 17h26 -

encore un lobby qui invente des chiffres, comme le BTP et ses 500 000 logements.
les dispositifs dérogatoires fiscaux/sociaux (niches...) en faveur des entreprises coûtaient 172 milliards en 2010 (conseil des prélèvements obligatoires, octobre 2010).
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