Economie

Masques, tests de diagnostic innovants, tenues de protection... Ces entreprises françaises qui profitent de la crise du coronavirus

Rémi Amalvy , ,

Publié le

Vidéo Alors que l'épidémie de coronavirus tourne à la psychose, les produits de certaines entreprises françaises voient leurs ventes exploser à travers le monde.

Masques, tests de diagnostic innovants, tenues de protection... Ces entreprises françaises qui profitent de la crise du coronavirus
Les masques de protection s'arrachent... même si son efficacité n'est pas démontrée pour les non malades.
© Unsplash/Dimitri Karastelev

Si, partout dans le monde, un grand nombre d'entreprises subissent l'impact du coronavirus, toutes ne le sont pas forcément négativement. En France par exemple, les fabricants de masques de protection croulent sous les demandes et ont dû fortement augmenter leurs cadences de productions. Un spécialiste du diagnostic français a également mis au point le premier test de détection du virus.

On s'arrache les masques de Kolmi-Hopen

Filiale du groupe canadien Medicom, l’entreprise Kolmi-Hopen emploie 102 salarié à Saint-Barthélémy-d’Anjou (Maine-et-Loire) pour la fabrication de protections médicales. Et qui dit protections, dit masques. En moyenne, elle en produit environ 150 millions par an, principalement pour les professionnels de santé et les patients, rapporte Ouest-France qui a pu se rendre sur place.

À cause du coronavirus, les demandes pourraient atteindre les 350, voir 500 millions d’unités à produire. Pour en satisfaire une partie, l’entreprise a passé certains postes en 3x8 et attend l’accord de l’inspection du travail pour les 5x8 et le travail le week-end. Une trentaine d’intérimaires en production, logistique et maintenance devraient également être recrutés.

Principale productrice de masques, la Chine a décidé de stopper ses exportations et de conserver ses stocks pour sa population. Une décision pouvant expliquer les ruptures de stocks subies dans l'Hexagone, la demande en forte hausse s’étant heurtée à une offre en soudaine baisse. Pourtant, le ministère français de la Santé rappelle que le port du masque est uniquement recommandé pour "les personnes malades qui […] toussent ou éternuent pour éviter de diffuser la maladie par les postillons". Pour les non malades cherchant simplement à éviter d’attraper la maladie, son efficacité "n’est pas démontrée".

Des tenues de protection NRBC

Nettement plus utiles, les tenue de protection nucléaire, radiologique, biologique et chimique (ou NRBC) permettent de se prémunir de toute menace radioactive, bactérienne et des virus. Un outil idéal pour les équipes médicales. En France, plusieurs industriels se partagent le marché. Contacté par L'Usine Nouvelle, la société lyonnaise Ouvry constate "une hausse des demandes de la part de tous les publics", sans vouloir en dire plus pour l'instant. Les entreprises lyonnaises et toulousaines Matisec et Paul Boyé Technologies n'ont, pour l'instant, pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Un premier test de détection made in France

Le 31 janvier, le groupe français Novacyt, spécialisé dans le diagnostic clinique, a annoncé le lancement de son premier test moléculaire de détection du coronavirus nCoV. Il s’agirait du "premier test européen à être mis sur le marché", assurait dans un communiqué Graham Mullis, directeur général de la société.

Le test a été conçu pour fonctionner sur différentes plateformes de tests moléculaires, comme les instruments Genesig q16 et q32 de sa filiale britannique de biotechnologie PrimerDesign. Cela lui permet d’être utilisé dans des petits et grands laboratoires, à distance si besoin, et de générer des résultats en moins de deux heures. De quoi détecter nettement plus rapidement les porteurs du virus.

Le test est uniquement capable de détecter la souche 2019 du virus, ce qui le différencie des équivalents moins spécifiques, capables de réagir à d’autres espèces similaires et de donner lieu à des diagnostics faussés. Il fonctionne également à température ambiante, ce qui élimine la nécessité de recourir à la chaîne du froid et améliore son efficacité dans les pays tropicaux tout en réduisant les coûts de transport.

Le 7 février, PrimerDesign annonçait la réception de 33 000 commandes et 32 000 devis pour des tests, en provenance de plus de 30 pays et "avec un taux de conversion élevé des devis en commandes". Le nCoV devrait être lancé avec un marquage CE au cours de la semaine du 17 février, ce qui lui permettra d'être utilisé "pour des tests de diagnostic clinique, et pour étendre son utilisation aux laboratoires".

Novacyt a de plus demandé une approbation d'urgence de son test à l'Agence fédérale américaine des médicaments (FDA), pour qu'il puisse être utilisé par les laboratoires des États-Unis. Des discussions sont aussi en cours avec le Royaume-Uni, où "un nombre limité de tests" a déjà été vendu.

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