Economie

Maroc : le FMI appelle à poursuivre les réformes face à des "risques extérieurs considérables"

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Dans le cadre de l'examen de la ligne de précaution accordée par le FMI au Maroc, l'institution de Bretton Woods encourage le royaume à exécuter les réformes de manière soutenue pour consolider sa stabilité macroéconomique. En ligne de mire : les retraites du public ou l'amélioration de la compétitivité et même une plus grande flexibilité du régime de change. Tout en pointant les "progrès", par exemple dans la réforme des subventions à l'énergie, le déficit budgétaire ou encore les échanges extérieurs.

Maroc : le FMI appelle à poursuivre les réformes face à des risques extérieurs considérables
Christine Lagarde, directrice générale du FMI
© DR

Le Fonds monéaire international (FMI) a livré dans un communiqué le vendredi 6 février son jugement, plutôt bon selon lui, sur l'état actuel des équilibres de l'économie marocaine. Mais appelle fermement à la poursuite des réformes.

Selon le FMI par la voix de Naoyuki Shinohara, son directeur général adjoint, « en dépit des vents contraires en provenance de l’environnement extérieur, l’action résolue des autorités a contribué à rééquilibrer l’économie marocaine et à réduire la vulnérabilité budgétaire et extérieure. Néanmoins, il subsiste des risques extérieurs considérables, et il est essentiel d’exécuter les réformes de manière soutenue pour consolider la stabilité macroéconomique, ainsi qu’accélérer la croissance et mieux en partager les bienfaits".

Cette analyse s'inscrit dans l'examen régulier des fondamentaux du Maroc qui bénéficie de la part du FMI d'une Ligne de précaution et de liquidité (LPL ou ou PLL en anglais). Celle-ci qui s'élève à environ 5 milliards de dollars est une sorte d'assurance en cas de difficultés imprévues dans l'équilibre macro-économique du royaume.

Renouvellée en juillet 2014 pour 24 mois, la LPL n'a pour l'instant jamais été utilisée, le royaume parvenant à couvrir son besoin de financement extérieur par différents canaux (IDE, prêts des grands bailleurs de fonds, dons des pays du Golfe...). Ce 6 février, le conseil d’administration du Fonds monétaire international a donc achevé la première revue des résultats économiques du Maroc dans le cadre du renouvellement de ce programme.

Pour l'institution de Bretton Woods, "l’accord au titre de la LPL, que les autorités considèrent comme un accord de précaution, a contribué aux efforts déployés par les autorités en offrant une assurance contre ces risques".

Selon le FMI, "le déficit budgétaire a diminué en 2014, pour atteindre 4,9 % du PIB, soit l’objectif fixé par les autorités. Des progrès louables ont été réalisés dans la réforme des subventions, avec l’élimination des subventions à tous les produits pétroliers liquides, tandis que l’aide accordée aux populations les plus vulnérables a été accrue. La nouvelle loi organique relative à la loi de finances devrait renforcer le cadre budgétaire lorsque les commentaires du Conseil constitutionnel auront été pris en compte".

"il reste beaucoup à faire pour améliorer la transparence et la gouvernancE"

Mais selon le fonds, cela ne suffit pas. Il indique qu'il "est urgent d’opérer la réforme paramétrique du régime de retraite public pour en assurer la viabilité. Il est important aussi de poursuivre la réforme fiscale pour accroître la contribution du secteur budgétaire à la croissance".

Selon l'institution dirigée par Christine Lagadre, "le déficit des transactions extérieures courantes s’est contracté sensiblement en 2014, tandis que les réserves de change ont augmenté, profitant principalement de l’expansion des secteurs exportateurs développés récemment et d’une évolution favorable des termes de l’échange après la baisse des prix internationaux du pétrole.

Mais, indique le FMI "pour pérenniser ces gains, il reste prioritaire d’exécuter des réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité. Un assouplissement du régime de change serait utile aussi".

"Le climat des affaires s’est amélioré", poursuit le FMI dans son communiqué, "mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la transparence et la gouvernance. La nouvelle loi bancaire vient à point nommé pour pérenniser la solidité du secteur bancaire. Il convient de continuer de réformer le marché du travail pour faire reculer le chômage. »

Après une année 2014 parmi les plus mauvaise en terme de croissance depuis une décennie, autour de 2,5%, le Maroc devrait voir son économie rebondir de l'ordre de 4,5% cette année.

Ce sous l'effet, notamment, d'une bonne récolte agricole et d'une amélioration de la santé économique de la zone euro, principal partenaire du royaume jouant favorablement sur les exportations pour ce pays qui affiche structurellement un lourd déficit commercial de l'ordre de 20% du PIB

Fait sans précédent, la banque centrale, Bank al-Maghrib a aussi abaissé à deux reprises au second semestre 2014 (23 septembre et 16 décembre) son principal taux directeur de 0,25 point de base pour atteindre 2,5%, un plus bas historique.

Le FMI, dans ses dernières prévisions mondiales datant d'octobre dernier, anticipe 4,7% de croissance au Maroc en 2015 avec 2% d'inflation.

UM

 

 

 

 

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