Economie

Maroc : la banque centrale abaisse son taux directeur pour la deuxième fois en trois mois

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Bank al-Maghrib, la banque centrale du Maroc a annoncé ce 16 décembre avoir abaissé son principal taux directeur de 0,25 point de base pour le porter à  2,5%. La précédente baisse remontait à mi-septembre seulement. Objectif de cet assouplissement monétaire surprise : soutenir la reprise de la croissance, attendue en 2015 à 4,4%, sur fond d'inflation faible.

Maroc : la banque centrale abaisse son taux directeur pour la deuxième fois en trois mois
Le taux directeur passe de 2,75% à 2,5%
© BKAM

Baisse surprise ! A l'issue de son conseil du mardi 16 décembre, Bank al-Maghrib (BAM), la banque centrale du Maroc a annoncé sa décision d'abaisser son taux directeur de 0,25 point de base. Celui-ci passe ainsi de 2,75% à 2.5%. Un taux historiquement bas.

Objectif, précisé dans son communiqué [voir texte complet à la fin de cet article] "soutenir davantage encore la reprise de l’activité économique" alors que les autres facteurs macro-économiques, déficit budgétaire et inflation notamment restent maitrisés selon l'institution.

La précédente baisse du taux directeur marocain ne remonte qu'au 23 septembre (-0,25 point de base déjà à 2,75%). De nombreux observateurs s'attendaient à ce que l'institution d'émission en reste là lors de sa réunion du 16 décembre, en attendant de percevoir les effets du dernier assouplissement. Abdelatif Jouahri, le wali (gouverneur) de BAM a donc préféré prendre les devants par cette action surprise.

Pourtant les perspectives de l'économie marocaine sont plutôt encourageantes. L'activité en 2014 aura certes été très décevante avec une croissance qui ne devrait pas dépasser 2,5% en raison notamment d'une mauvaise année agricole (ce secteur avait affiché 20% de croissance en 2013). Mais selon BAM en 2015, la croissance du PIB serait bien meilleure. Elle "se situerait, au vu des données actuellement disponibles, à 4,4% (...) traduisant la poursuite de la reprise des activités non agricoles et l’amélioration de la valeur ajoutée agricole".

Le communiqué de la BAM pointe parmi les points négatifs pouvant affecter le Maroc, la faiblesse de la croissance en Europe, principal partenaire économique du royaume, ou encore la hausse du chômage.

Mais la banque souligne aussi des points positifs comme la baisse du prix du pétrole qui allège fortement les dépenses publiques de "compensation" (subventions aux produits de base, pétroliers surtout) et donc joue favorablement sur l'équilibre des comptes publics.

Alors que la loi de finance 2015 est en phase finale d'examen au Parlement, selon BAM, "l’objectif d’un déficit de 4,9% du PIB pour 2014 devrait être atteint avec la perspective de le ramener à 4,3% du PIB conformément aux chiffres du projet de la loi de finances 2015.

Concernant l'inflation, BAM considère que celle-ci "continue d’évoluer à des niveaux bas, s’établissant à 0,3% sur les dix premiers mois de l’année, contre 2,1% pour la même période de 2013" en raison de la baisse des prix alimentaires dit "volatils" (-6.6%). La banque centrale relève par ailleurs que les prix à la production industrielle ont chuté de 2,7% en octobre après 2,5% de recul en moyenne sur les neuf premiers mois de l’année 2014.

L'inflation devrait s’établir à 0,4% pour l’ensemble de l’année 2014, à 1,2% en moyenne en 2015 "et à 1,3% au terme de l’horizon de prévision, soit le premier trimestre 2016". Un niveau très bas donc pour ce pays dont la balance commerciale est lourdement déficitaire.

Lors d'une visite de travail, en novembre les experts du Fonds monétaire international avaient porté un jugement positif sur la maîtrise du cadre macro-économique du royaume appelant toutefois à une plus grande flexibilité du régime des changes (le dirham est fortement relié à l'euro). Mais ce n'est pas cette arme que vient de dégainer la banque centrale.

Pierre-Olivier Rouaud

Pas de panne de crédit
Alors que le secteur immobilier ou celui du ciment sont en phase de net repli au Maroc, beaucoup d'observateurs accusent les banques de trop serrer la vis aux emprunteurs et de restreindre l'offre de crédit, carburant essentiel du marché immobilier. Ce n'est pas le constat de Bank al-Maghrib. Selon elle, le rythme de croissance du crédit "s’est amélioré à 4,6% après 3,8% en moyenne au troisième trimestre. Il avoisinerait 4,5% à fin 2014 et près de 5% en 2015. Sur le marché interbancaire, la mise en œuvre de la décision du Conseil de Bank Al-Maghrib du 23 septembre d’abaisser le taux directeur de 3% à 2,75% s’est traduite par une baisse du TMP (taux moyen pondéré ndr ) à 2,76% au cours des mois d’octobre et de novembre, après 2,99% en moyenne au troisième trimestre". Bref, sa politique monétaire est la bonne.

Communiqué de BAM du 16 décembre 2014

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