Economie

Mal en point, Areva suspend ses perspectives financières

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Face à de multiples difficultés, Areva décide de suspendre ses perspectives financières pour les années 2015 et 2016. Cette décision intervient alors que la direction du groupe est renouvelée avec l’arrivée de Philippe Varin, ex-pdg de PSA, à la tête du groupe nucléaire français.

Mal en point, Areva suspend ses perspectives financières © D.R.

Cela va mal chez Areva. Ce mardi 18 novembre, après la fermeture de la Bourse, le groupe a annoncé la suspension de ses perspectives financières pour 2015 et 2016. "Dans le cadre des travaux menés à échéance régulière par le directoire en matière de gestion prévisionnelle de l’entreprise, Areva suspend ses perspectives financières pour les exercices 2015 et 2016, en l’attente de leurs conclusions", annonce le groupe dans un communiqué.

Areva avance quatre raisons à cette décision : "les conséquences, sur le cash flow opérationnel libre de 2015 et au-delà, du nouveau planning d’achèvement du projet Olkiluoto 3 et de l’impossibilité à ce jour d’adapter le rythme des paiements avec le client", " le glissement du calendrier de redémarrage des réacteurs japonais, nonobstant les avancées récentes pour le redémarrage de deux premiers réacteurs", "la révision des hypothèses de calendrier de lancement de nouvelles constructions de réacteurs, de contrats export dans le recyclage et de projets internationaux, compte tenu de la visibilité commerciale actuelle", "l’atonie persistante du marché des services à la base installée, y compris en France".

Bref, aucun secteur ne va bien. Sans compter que le communiqué précise que certains encaissements prévus pour 2014 pourraient être reporté sur 2015. Avant cette annonce, Areva misait déjà sur un chiffre d’affaires en recul de 10 % pour cette année et sur cash-flow opérationnel libre à l’équilibre. La croissance du chiffre d’affaires devait revenir en 2015 et 2016 à raison de 4 à 5 % par an. L’ancien patron Luc Oursel, qui s’est mis en retrait pour cause de maladie, attendait un retour aux bénéfices pour 2016. Désormais l’avenir est plus qu’incertain.

Création d’une société de défaisance

C’est dans cette situation que Philippe Varin, ex-patron de PSA, va prendre la présidence d’Areva alors que le gouvernement a remercié l’actuel prédisent du conseil de surveillance Pierre Blayau. Il aura Philippe Knoche comme délégué général. Le nouveau patron aura pour charge de redresser la société en soldant les passifs qui tirent le groupe vers le bas depuis 2011. A commencer par le chantier de l’EPR finlandais, projet sur lequel le groupe a déjà provisionné 4 milliards d’euros pour ce projet.

Selon des informations de Challenges, le gouvernement, actionnaire à 85 %  d’Areva, ne va pas laisser seul le capitaine Varin à la tête du navire. Pour renouer avec la croissance, il envisage d’injecter 2 milliards d’euros dans l'entreprise, grâce à la vente d’actifs issus d’autres sociétés de la filière nucléaire. Ce qui permettrait de compenser enfin l’augmentation de capital manquée du groupe en 2010 dont le groupe ne s’est jamais vraiment remis. Areva attendait 3 milliards d’euros, mais n’avait obtenu que 900 millions en raison de décisions du gouvernement de l’époque.

L’autre mesure consisterait à mettre en place une société de défaisance qui accueillerait les activités déficitaires d’Areva, de manière à redonner de la latitude aux activités récurrentes qui continuent à engendrer des profits.  

Ludovic Dupin

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