Mais qui comprend quoi au concours mondial innovation 2030 de la France ?

Communication confidentielle et éclatée entre plusieurs interlocuteurs, timing à épisodes et annonces sans préparations ni suivies. Le concours mondial innovation 2030 mérite mieux. Surtout s’il veut rayonner à l’étranger. 

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François Hollande à Saclay le 17 septembre 2015 - FranckBernard CC Twitter

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A Saclay, sur le site de l’école Polytechnique le 17 septembre dernier, le Président de la République a dévoilé 13 nouveaux lauréats d’Innovation 2030, le concours mondial de la France. Parmi les heureux lauréats, Enerbee, un générateur basé sur le mouvement pour remplacer les piles dans les objets connectés ou Dreem, un bandeau connecté pour améliorer la qualité du sommeil la nuit et les performances cognitives la journée.

Mal au crâne : c'est normal

Mais d’où sortent ces lauréats ? Accrochez vous c’est très simple. Il s’agit de la deuxième vague de la deuxième phase de la première édition du concours animé par une commission présidée par Anne Lauvergeon et doté d’une enveloppe de 300 millions d’euros. Une deuxième édition a été lancée en septembre avec une première phase qui se clôturera en décembre. On ne sait pas s’il y aura une troisième vague de la deuxième phase de la première édition. Vous avez mal au crâne c’est normal.

Au départ tout commençait pourtant bien. Le principe, imaginé en avril 2013, était on le rappelle de repérer et de soutenir "des entreprises françaises ou étrangères dont le projet d’innovation présente un potentiel particulièrement fort pour l’économie française".

La commission avait pour cela identifié 7 priorités stratégiques (et non 40 …), une démarche louable pour une France qui a tendance à ne jamais choisir ses chevaux de bataille. Les priorités couvrent le "stockage de l’énergie", ou le "recyclage des matériaux" en passant par la" médecine individualisée" ou la "valorisation des big data". Chemin faisant, en avril dernier on a tout de même rajouté une 8 ème priorité très prioritaire, la "sécurité collective", le monde est si hostile… et les attentats de Charlie étaient passés par là.

Pour comprendre les phases, il faut se rappeler que le concours déploie ses financements lors d’une phase d’amorçage doté d’un maximum de 200 000 euros, d’une deuxième phase d’accompagnement jusqu’à 2 millions d’euros et d’une troisième phase de développement où de gros tickets jusqu’à 20 millions d’euros seront distribués.

Mais la deuxième phase se déploie au fil du temps en fonction de l’avancement des projets et donc avance elle-même par vagues. D’où l’annonce de septembre dernier.

Une communication qui laisse peu de chance à l'international

La commission est soucieuse des deniers publics et veut s’adapter au rythme des porteurs de projet. Mais l’architecture globale et son timing finit par être très compliqué et risque d’avoir du mal à faire émerger l'initiative à l’international, comme il en avait l’ambition. En l’occurrence, la vague de lauréats du 17 septembre ne comporte aucune entreprise d’origine étrangère. Et sur la précédente, on notait essentiellement la présence d’Epigenetix comme preuve que le concours rayonne au-delà des frontières.

La dernière vaque de lauréats : les nouveaux projets lauréats de phase 2 annoncés le 17 septembre :
Enerbee, Nanomakers (projet BAL2iO), Eco-techCeram ( projet Ecostock 1000), Morphosis ( projet Release), TND ( projet Remetox), Creocean (projet Melodi), Alg&you (projet plaisir), Soufflet (projet Drop2feed), MaaT (projet Maatrampup), Surgivisio (projet MIS3D), Cardiawave (projet Valvopuse), Air Liquide (projet Loxbox), Uromems (projet suava), Robosoft (projet Kepa), Precogs (projet Agatha), Dreem, Glose, Dataiku (projet Medata Lab), Traxens,
Ce timing complexe se double d’une communication qui n’est pas des plus efficace. C’est la Direction générale des entreprises (DGE) qui s’occupe de la communication et du site internet du concours. Deux semaines après l’annonce des nouveaux lauréats, il n’avait toujours pas été mis à jour.

Mais la DGE n’assure pas le suivi opérationnel du concours, c’est Bpifrance qui s’en charge. Le site de la DGE renvoie donc pour candidater, via un bandeau pas très visible, sur Bpifrance qui dispose aussi d’une page sur le sujet mais moins complète que celle de la DGE. L’action de Bpifrance s’arrête là.

Reste la communication que pourraient faire les membres de la commission mais comme ils travaillent bénévolement sur le sujet depuis deux ans, ils ont d’autres chats à fouetter. Anne Lauvergeon intervient lors des grands-messes avec le Président de la République. Le 28 avril dernier, ce dernier avait battu le rappel et un certains nombre d’entre eux s’était rendu à l’Elysée lors d’une réception des lauréats. On nous rétorquera peut-être que si le Président de la République s’implique, quoi de mieux pour donner un certain écho au sujet. C’est le cas si les annonces sont un minimum anticipées puis relayées ensuite, en particulier auprès de ceux qui suivent les sujets d’innovation… Ce qui n’était visiblement pas une priorité.

Alors que l’exécutif communique beaucoup sur des sujets qui n’en valent souvent pas la peine, on ne saurait trop, pour une fois, lui conseiller de communiquer un peu plus et un peu mieux sur ce qui était au départ une très bonne idée.

Anne-Sophie Bellaiche

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