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LVMH présente ses métiers du luxe aux jeunes de Clichy-sous-bois

Cécile Maillard , , , ,

Publié le

Le groupe LVMH forme chaque année 170 alternants à ses métiers de l’artisanat ou de la vente. Séance recrutement à Clichy-sous-Bois, auprès de jeunes qui changent de regard sur le CAP.

LVMH présente ses métiers du luxe aux jeunes de Clichy-sous-bois
L'Institut des métiers d'excellence de LVMH recrute des apprentis à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) le 16 janvier 2018.
© C. Maillard

"Ah ouais ! Quand même… " La jeune lycéenne de première, en spécialisation commerce, semble découragée quand Kenza, cils démesurément allongés et paillettes sous les yeux, lui annonce qu’elle a d’abord décroché un BTS esthétique/cosmétique avant d’intégrer la formation à la vente de LVMH. "Surtout, surtout, travaillez bien votre anglais, c’est primordial !" conseille la jeune femme, tout en maquillant des lycéennes aux longues tresses soignées. Actuellement vendeuse dans le magasin Séphora des Champs Elysées, elle espère devenir "ambassadeur" de la marque Make Up For ever, ou "coach", à la fin de sa formation.

A quelques mètres de son atelier poudres et pinceaux, dans la salle des fêtes de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) transformée en forum des métiers, Nolwenn, une vingtaine d’années, confectionne un porte-carte en cuir. Elle prépare, après un BTS design graphique, un CAP de maroquinerie, en un an et en alternance. "J’ai réalisé que j’avais envie d’un métier plus manuel", explique-t-elle. Elle suit des cours à Pantin (Seine-Saint-Denis), dans les ateliers des Compagnons du devoir, et travaille en entreprise chez SIS, un maroquinier sous-traitant de LVMH, près de Besançon. Sur le stand en face, Anne-Cyrille reproduit à la gouache des pierres taillées. Après deux années de classes préparatoires en art et design, elle s’est engagée pour deux ans de CAP Art et techniques de la bijouterie-joaillerie, en alternance. "Ce sont les métiers de la création qui m’intéressent, mais je pense que, avant, il faut maîtriser le travail manuel", explique la jeune fille, qui entend poursuivre ses études. Les métiers de la couture, à deux pas, intéressent autant les mères de famille venues accompagner leurs ados, que ces derniers !

Transmission des savoir-faire

Mardi 16 janvier, l’Institut des métiers d’excellence (IME) de LVMH présentait, pour la troisième année consécutive, ses formations en alternance aux collégiens et lycéens de Seine-Saint-Denis. Créé en 2014, l’IME "a pour objectif de transmettre nos savoir-faire aux jeunes, dans un contexte où de nombreux collaborateurs partent à la retraite, et où certains métiers sont en danger", explique sa directrice, Florence Rambaud. Le gros des besoins porte sur la maroquinerie, mais LVMH a aussi besoin de sertisseurs et polisseurs pour la bijouterie et joaillerie, et de vendeurs.

Depuis l’origine, 325 jeunes - mais aussi parfois des adultes en reconversion - ont intégré l’IME, dont 65% ont été embauchés par LVMH. Ils sont recrutés par une des douze écoles partenaires, Haute école de joaillerie de Paris, Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne, Ecole des arts appliqués Duperré, etc, puis passent un entretien avec les RH des entreprises. Ils peuvent accéder à ces formations à partir de la 3e pour certaines (joaillerie), à partir d’un bac+2 ou d’un bac+4 pour les métiers de la vente, après un Master 1 pour le diplôme en design et création… L’IME propose 18 formations en alternance, prend en charge tous les coûts de scolarité et place les alternants dans les ateliers, magasins ou sous-traitants de LVMH. Certains cursus se déroulent en Suisse (horlogerie) ou en Italie (maroquinerie, bijouterie).

Modifier le regard

"En venant à Clichy-sous-Bois, nous poursuivons un objectif de long terme, analyse Florence Rambaud. Il s’agit de donner des idées à ces jeunes sur les débouchés de ces formations et de leur faire connaître nos maisons, vers lesquelles ils n’osent pas venir." Parmi les 170 nouveaux alternants de l’an dernier, "très peu", reconnaît la directrice, venaient suite à ce forum de Seine-Saint-Denis. L’opération vise surtout à modifier le regard de ces jeunes, à les convaincre que les métiers du luxe sont aussi faits pour eux. Stéphane Cortes, principal du collège Romand Rolland, de Clichy-sous-Bois, accompagne un groupe de 18 élèves de 3e. Dans une heure, un autre groupe de 18 arrivera, puis encore un autre. "Nous souhaitons que ces entreprises connaissent nos jeunes, et que nos jeunes se projettent dans un univers, le luxe, qu’ils ne connaissent pas, et où ils ne s’imaginent pas travailler. Ici, ils découvrent des entreprises qui sélectionnent sur les seules compétences et le CAP reprend de la valeur à leurs yeux." Le principal a aussi convaincu les garçons d’aller se renseigner sur le métier de tailleur, au stand "mode" et couture. Un jeune apprenti est là pour casser leurs représentations hommes/femmes.

L’après-midi avance, un gamin de 3e attend, écroulé sur un siège. Un prof approche. "Monsieur, monsieur, j’ai trouvé ce que je voulais faire plus tard : électrotechnicien !" Ce n’est pas un métier proposé par LVMH, mais par les Compagnons du devoir. Sur leur stand, ils présentent toutes leurs formations, pas uniquement celles qu’ils assurent avec l’IME. Briser l’autocensure ne se fait pas en un jour.

 

 

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