Economie

Loi Macron : pourquoi elle ne relancera ni la croissance ni l'activité de la France

, , , ,

Publié le , mis à jour le 11/12/2014 À 09H11

Made in France Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, présente ce mercredi 10 décembre la loi "croissance et activite". Pensé sous l'ère Montebourg, ce texte a l'ambition de relancer l'économie de notre pays en s'attaquant à une série de professions, secteurs et activités réglementés. Si elle rassemble contre elle ce que la France fait de mieux en matière de lobby corporatiste, elle ne sera pas en mesure de réveiller la croissance française. Tout simplement parce qu'elle ne s'attaque pas aux vrais sujets qui freinent l'agilité de nos entreprises.

Loi Macron : pourquoi elle ne relancera ni la croissance ni l'activité de la France
La loi Macron s'attaque aux professions réglementées... En espérant libérer la croissance française. Mais sa portée reste symbolique.
© Pascal Guittet

La loi croissance et activite d'Emmanuel Macron ne relancera pas l'économie. C'est clair, précis et sans bavure pour les économistes interrogés par le journal Le Monde, la loi Macron porte un bien grand nom pour un texte rassemblant une série de petites mesures. Au mieux, cette loi (qui rassemble contre elle en un seul texte ce que la France fait de mieux en matière de lobby) aura une portée symbolique : elle prouvera (si les députés socialistes ne mettent pas à mal la ligne Macron très contesté dans leurs rangs) que l'on peut s'attaquer aux rentes en France. Mais... en aucun cas, elle ne parviendra à réveiller la croissance. Ce n'est pas le fait de mettre en concurrence les notaires qui nous fera passer à 2 ou 3% de croissance par an. Pas plus que la libéralisation du marché de transport de voyageurs par autocar.
La croissance française est bridée par le dépense publique, le droit du travail et la complexité
Une "vraie" loi activité et croissance devrait s'attaquer à tout autre chose pour atteindre cet objectif :
1. A la dépense publique d'abord car c'est bien elle qui leste l'agilité des entreprises. En la matière, tant que l'on votera des budgets en déséquilibre le sujet semble très mal engagé.
2. A la simplification du corpus de lois et réglements français ensuite qui brident toutes les entreprises (et pas seulement quelques secteurs réglementés). Ce chantier est en cours du côté de Matignon sous la conduite de Thierry Mandon. Elle avance à petit pas mais elle avance en embarquant dans l'aventure des chefs d'entreprise. 
3. Au droit du travail français enfin. Il est devenu au fil des ans un carcan beaucoup plus qu'une protection pour les salariés. Un carcan qui accorde beaucoup de droits théoriques sans se soucier de savoir si l'exercice de ces droits est réel et encore moins si les dispositions prises sont efficaces, et ce dans tous les domaines du temps de travail aux structures de dialogue social en passant par les contrat de travail.
Lorsque l'on liste ainsi les "vrais" freins à la croissance française, une "vraie" loi activité et croissance ne saurait être unique et portée seulement par Bercy. Il faudrait tout le poids politique du Premier ministre et du président de la République pour produire ces mesures. La question étant : avec quelle majorité ? Elle ne saurait et ne pourrait être uniquement socialiste. Une telle loi devrait mobiliser au-delà du camp présidentiel, le centre et une bonne partie des députés UMP. Oui, la "vraie" loi activité et croissance ne pourrait être qu'une loi d'union nationale. Pas sûr que les députés y soient prêts des deux côtés de l'hémicycle. 
Thibaut De Jaegher

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

13/12/2014 - 06h50 -

Les 2 mots qui concluent votre édito, « Union Nationale » ne fonctionne vraiment bien chez nous que pour gérer La Riflette, et les célébrations de cette année 14 qui se termine sont là pour nous le rappeler magistralement.
C’est regrettable mais c’est ainsi, le chômage ce gros mistigri dont tout le monde dit se préoccuper se prélassera encore longtemps sans craindre cette menace.
Cet automne un nom a été mis en lumière, celui de Jean Tirole, côté économiste, il me semble qu’un autre mériterait de l’être côté sociologie-philosophie, celui de Dominique Méda, ces deux là pourraient peut-être tracer le sentier vers votre juste souhait.
Répondre au commentaire
Nom profil

10/12/2014 - 18h19 -

On attend toujours d'avoir des exemples concrets et représentatifs sur le droit du travail qui serait devenu "un carcan beaucoup plus qu'une protection pour les salariés"
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte