Loi Macron : pour le patron de Redex,"le refus d’adapter le pays profite aux extrêmes" 

Les réactions fusent après la décision du gouvernement d'avoir recours au 49-3 pour éviter un vote compliqué sur la loi Macron. Pour Bruno Grandjean, président du directoire de Redex, la fragilité de la majorité gouvernementale risque de mettre en danger d’autres réformes, à commencer par celles sur les seuils sociaux. 

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Loi Macron : pour le patron de Redex,

L’Usine Nouvelle - Le gouvernement a choisi le passage en force pour faire adopter la loi Macron. Est-ce que cela vous inquiète ?

Bruno Grandjean - Je suis déçu car c’était une loi qui dépassait le clivage partisan. Pour l’industrie, les implications étaient relativement mineures mais c’était un symbole du déblocage de l’économie et qu’il y avait enfin une majorité de réformateurs qui pouvaient s’opposer aux conservateurs. L’utilisation du 49.3 montre que le blocage français persiste. Pourtant, le libéralisme n’est ni de droite, ni de gauche.

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Est-ce que cette loi était suffisante selon vous ?

Bien sûr, il aurait fallu une loi Macron plus musclée. Mais refuser de voter une loi parce qu’elle ne va pas assez loin n’est pas un argument suffisant. Je ne comprends pas que l’UMP qui se veut un parti moderne soit contre. Plus de concurrence pour les notaires par exemple devrait représenter des économies pour les entreprises.

La France doit quand même pouvoir accepter la compétition entre le train et les autocars ! Le refus d’adapter le pays profite aux extrêmes. C’est dramatique pour les entreprises qui se sont adaptées à la mondialisation. Surtout, quand on voit les blocages, le scénario d’une sortie de la zone euro devient crédible.

Est-ce que cela peut jouer sur la confiance des chefs d’entreprises ?

Même si la loi Macron passe quand même, cela grippe la confiance. La baisse de l’euro face au dollar et le repli des prix du pétrole sont des éléments favorables. Mais l’absence de visibilité n’a jamais été aussi forte pour les chefs d’entreprise. Investir est difficile car les signaux sont contradictoires. La négociation entre partenaires sociaux sur les seuils a abouti à un blocage. Or après la loi Macron, même si je ne suis pas expert politique, cela me semble désormais difficile de réussir à avoir une loi sur les seuils sociaux.

C’est dommage car il est urgent de fluidifier notre système social. La fusion entre CE et CHSCT notamment était très attendue par les entreprises de taille intermédiaire.Il faut en France réussir à surmonter les blocages. Le politique devrait apprendre de la société civile. Dans les entreprises, quand cela va mal, on n’est plus ni de droite, ni de gauche. Chacun travaille ensemble, patrons et salariés.

Propos recueillis par Solène Davesne

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