Les sociétés technologiques se financent de plus en plus dans le privé

Les sociétés technologiques européennes se sont beaucoup plus facilement financées dans des opérations privées que par la Bourse en 2016. Le capital investissement européen, et notamment français, s’est organisé pour permettre de grosses opérations de levées de fonds.

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Les sociétés technologiques se financent de plus en plus dans le privé
Les sociétés technologiques européennes ont levé près de 8,3 milliards d'euros en 2016 selon Bryan, Garnier & Co.

De nouveaux géants technologiques européens seraient-ils en passe d’émerger ? Selon la banque d’affaires Bryan, Garnier & Co., les opérations de levée de fonds des sociétés de la "tech" non cotées ont explosé les compteurs en 2016. La banque recense 255 opérations de plus de 7,5 millions d’euros, pour un total de près de 8,3 milliards d’euros, contre 3,1 milliards d’euros levés par 122 sociétés en 2012.

Bonne nouvelle, en 2016, quatre des dix plus grosses opérations de financement en capital européennes étaient françaises. OVH a levé 250 millions d’euros, Sigfox 150 millions d’euros, Devialet et Deezer 100 millions d’euros chacun. La palme de la plus grosse levée de fonds a été remportée par l’allemand Global Fashion Group, avec 300 millions d’euros.

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Pour la banque d’affaires, c’est l’émergence des fonds de "growth capital", ces fonds de capital-innovation capables de mettre des tickets d’investissement à plusieurs dizaines de millions d’euros, qui rend ces financements possibles. "Ce marché est vraiment en train d’émerger, remarque Greg Revenu, le directeur général de la banque d’affaires Bryan, Garnier & Co. En France, le choix de Bpifrance de soutenir quelques fonds de capital-risque avec un bon historique d’investissement, comme Partech Ventures ou Idinvest, a permis de le mettre en place."

La Bourse active pour les grandes opérations

Reste à savoir si elles pourront financer l’étape suivante sans devoir aller se coter au Nasdaq. Les Bourses européennes offrent encore peu d’opportunités pour les sociétés technologiques. Avec 6,4 milliards d’euros levés sur les Bourse européennes en 2016 en baisse de 37 % par rapport à l’année précédente, la tech fait moins recette. "Pour la première année, les montants levés dans le privé sont supérieurs à ceux levés en Bourse", s’étonne Greg Revenu.

La Bourse n’est pas pour autant insensible à ces valeurs, mais avec des conditions. "Les marchés publics européens sont toujours actifs, mais plutôt sur les grosses opérations, reprend le banquier. Il est plus difficile de financer des sociétés de taille intermédiaire." C’est donc une course à la taille qui s’engage pour pouvoir intéresser les investisseurs en Bourse européens.

En 2016, quatre sociétés technologiques ont ainsi réussi à lever plus d’un milliard d’euros en Bourse en Europe, le danois Nets (2,1 milliards d’euros à Copenhague), les britanniques AutoTrader (1,2 milliard d’euros) et Micro Focus (1,1 milliard d’euros) au London Stock Exchange, et l’allemand Scout 24 (1 milliard d’euros à Francfort).

Pour la banque d’affaires, quelques sociétés françaises pourraient suivre. "Les acteurs qui ont levé des grosses sommes auprès d’investisseurs privés et qui ont suscité de grosses attentes de leurs actionnaires sont susceptibles d’aller se financer à terme sur les marchés boursiers", confie Greg Revenu, en citant Blablacar, Devialet ou Sigfox.

A moins qu’elles ne se fassent racheter par un industriel avant cela… "Il faut compter avec l’ambition des dirigeants de ces sociétés, reprend Greg Revenu. S’ils sont très ambitieux, la Bourse est le moyen de s’assurer une certaine indépendance par rapport aux échéances d’entrée et de sortie du capital de leurs actionnaires."

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