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L'usine Agro

Les robots agricoles de Naïo Technologies lèvent 2 millions d'euros

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Publié le , mis à jour le 26/12/2017 À 14H47

Infos Reuters TOULOUSE (Reuters) - La société toulousaine Naïo Technologies, pionnière dans la conception de robots agricoles, a achevé de boucler un nouveau tour de table de deux millions d'euros pour financer la commercialisation de ses trois modèles à l'international.  

Les robots agricoles de Naïo Technologies lèvent 2 millions d'euros © cRéDIT PHOTO

Créée en novembre à 2011 à Escalquens, dans l'agglomération toulousaine, par Gaëtan Séverac et Aymeric Barthès, deux ingénieurs en robotique, la jeune pousse Naïo Technologies compte actuellement 80 appareils autonomes en exploitation dans le monde, flotte qui la place « parmi les leaders mondiaux de la robotique agricole ».

Depuis la vente en 2013 de son premier robot OZ, destiné au désherbage mécanique pour les petits maraîchers, Naïo Technologies double chaque année son chiffre d'affaires et a franchi en 2017 la barre des 1,5 million d'euros.

Portée par une croissance exponentielle, la société a développé en 2016 un deuxième robot (Dino) pour le maraîchage industriel et en 2017, le modèle Ted, réservé à la vigne, dont le premier exemplaire a été acheté par le château Clerc Milon, l'un des domaines Baron Philippe de Rothschild. Pour financer recherche et développement, Naïo Technologies, qui emploie 26 salariés, a procédé depuis sa création à quatre levées de fonds et récolté au total près de cinq millions d'euros.

Le dernier tour de table de deux millions d'euros a été effectué auprès de ses investisseurs historiques, la plate-forme de financement participatif toulousaine Wiseed (200.000 euros) et les sociétés de capital-risque Capagro et Demeter Ventures, à hauteur de 800.000 euros chacune.

Deux nouveaux actionnaires les ont rejoints à hauteur de 100.000 euros chacun, le groupe vitivinicole Oeneo, détenu en partie par la famille Hériard-Dubreuil, et la société américaine Pro Drones Investments. Leurs dirigeants, Nicolas Hériard-Dubreuil, DG d'Oeno, et son cousin, Vivien Hériard-Dubreuil, président de Pro Drones Investments, siègent tous deux au conseil de surveillance de Naïo Technologies.

TECHNOLOGIE DE RUPTURE

"Le partenariat avec Pro Drones Investments qui détient la société Microdrones est stratégique pour nous. Nous allons pouvoir opérer des survols au-dessus des cultures pour élaborer des cartes GPS que nous intégrerons dans les robots et lever ainsi un frein à la vente", explique à Reuters Aymeric Barthès, président de Naïo Technologies.

Cette quatrième levée de fonds doit permettre à la start-up de financer son développement industriel et commercial avec un objectif de 70 robots vendus en 2018 pour un chiffre d'affaires doublé de 3 millions d'euros. La société qui réalise 80% de son activité en France, vient de trouver un distributeur au Japon pour couvrir l'ensemble du pays. Elle est en quête d'un partenaire en Californie.

"Nous sommes sur une technologie de rupture, aussi nous devons trouver des personnes pour vraiment pousser nos produits. Tout comme les voitures autonomes, la robotique agricole n'est pas encore entrée dans les mœurs. Notre enjeu, c'est d'être prêt le jour où elle se démocratisera et de conserver notre position de leader mondial", explique Aymeric Barthès.

Naïo Techonologies, qui conçoit et assemble ses robots à Toulouse, sous-traite la réalisation des pièces métalliques à l'entreprise de tôlerie industrielle Goubier, dans le Tarn-et-Garonne, et des cartes électroniques à deux sociétés du Tarn et de Loire-Atlantique. Ses appareils sont vendus entre 25.000 euros pour le petit robot OZ et 80.000 à 100.000 euros pour les modèles Ted et Dino.

Pour les deux fondateurs de la société, qui conservent chacun 10% du capital, ces robots répondent à un enjeu environnemental et sociétal en aidant à assurer « une souveraineté alimentaire locale ».

"Face à la crise agricole, nos robots de désherbage mécanique, sans herbicide, permettent aux agriculteurs de baisser leurs coûts pour continuer à produire localement. Et au final, on s'aperçoit que la main d'oeuvre n'est pas remplacée mais utilisée pour des tâches 'plus nobles' comme valoriser les cultures et améliorer la commercialisation", souligne Aymeric Barthes.

par Johanna Decorse, Edité par Sophie Louet

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