Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Les quotas de femmes ou la crise de l'homme médiocre

,

Publié le

Les quotas de femmes ou la crise de l'homme médiocre
Anne-sophie Bellaiche

Accorder une place équitable aux femmes dans la cité remet en cause un ordre millénaire. Et plutôt que d’attendre une longue évolution culturelle, la solution de quotas obligatoires de femmes s’est imposée tant dans les institutions politiques qu’économiques. Dès lors, une question parfaitement légitimese pose : ne va-t-on pas pour satisfaire des enjeux de parité se priver des meilleurs, quel que soit leur sexe ? La discrimination positive pourrait-elle entraver une compétition pure qui se jouerait sur le mérite individuel, sans lien avec les chromosomes X ou Y des unes ou des autres ? Quatre économistes – Timothy Besley, Olle Folke, Torsten Persson et Johanna Rickne – ont dénoué cette épineuse question en analysant l’impact de l’introduction de quotas dans les communes suédoises en 1993 dans un article publié dans « The American Economic Review ». Oui, les quotas de femmes éliminent des hommes, mais seulement les médiocres tandis qu’elles renforcent le poids des plus compétents. Et comme les compétences des promues ne varient pas, les compétences globales de l’équipe sont consolidées. Pour isoler cet effet, nos chercheurs ont repéré le nombre d’hommes compétents composant les conseils municipaux avant et après instauration de la loi qui imposait de panacher un homme, une femme lors d’un scrutin proportionnel de liste. Pour jauger un différentiel de compétences, les chercheurs se sont basés sur l’écart de revenus privés des élus à niveau d’éducation, de métiers, d’âges et de lieux de résidence similaires. Si la part de femmes compétentes n’a pas changé après l’instauration des quotas, en revanche, la part d’hommes compétents a, elle, progressé. Plus la loi avait un impact sur la composition du groupe élu (certaines municipalités étaient déjà proches de la parité d’autres très loin), plus le nombre d’hommes compétents augmentait. Dans celle ou la parité est passée de 25 à 50 %, la proportion d’hommes compétents s’est élevée de 8 % en moyenne. Ayant à faire un choix, les partis ont promu leurs meilleurs leaders quand les plus médiocres ont été éliminés ou ont démissionné. L’effet, visible essentiellement sur les têtes de listes dans la première élection, s’est élargi progressivement à l’ensemble des candidats dans les suivantes. La raison ? Selon les chercheurs, les leaders compétents, à l’inverse des médiocres, se sentent moins menacés par l’arrivée de candidats tout aussi, voire davantage capables qu’eux. Françoise Giroud aspirait à une égalité réelle qui se traduirait par la présence de femmes incompétentes à des postes élevés. Le chemin semble plutôt être celui de la disparition des hommes sans qualités ! 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle