Economie

Les questions clés pour 2015 : la déflation peut-elle gripper la machine ?

Solène Davesne , ,

Publié le

Analyse Premier thème de notre série sur les sujets qui vont affecter la vie des entreprises françaises en 2015 : la déflation. La menace est là mais les rigidités salariales et l’action de la BCE peuvent contrer ce scénario noir.

Les questions clés pour 2015 : la déflation peut-elle gripper la machine ? © alles-schlumpf - Flickr - C.C.

Début décembre, la pression est encore montée d’un cran sur la Banque centrale européenne (BCE). Avec des prix des produits industriels en recul de 0,1 % sur douze mois et une inflation tombée à 0,3 % en octobre, la zone euro se rapproche de la déflation. La baisse des cours du pétrole pourrait même précipiter une inflation négative début 2015. Pour les économistes, le risque d’une récession à la japonaise n’est pas encore d’actualité. "Ce n’est pas le scénario central, mais cela reste une menace", souligne Alexandre Mirlicourtois, chef économiste chez Xerfi. Pour que la déflation s’installe, il faut que la baisse des prix des produits entraîne celle des salaires dans une spirale difficile à enrayer à partir du moment où elle est enclenchée. Ce n’est pas encore le cas. Pour une fois, la rigidité du marché du travail pourrait profiter à l’Europe, en limitant les ajustements des salaires, estime Goldman Sachs.

Mario Draghi, le président de la BCE, n’a pas encore épuisé toutes ses munitions. La banque a prévenu qu’elle pourrait utiliser, début 2015, son arme fatale, le rachat de dettes souveraines sur les marchés, pour injecter de nouvelles liquidités. Plus que la déflation, le risque réside davantage dans une longue période d’inflation faible et de croissance poussive. Pour les entreprises, les effets se font déjà sentir. "Leurs chiffres d’affaires sont à plat depuis deux ans et demi, car elles ne peuvent plus jouer sur l’effet prix", s’inquiète Ludovic Subran. Dans l’agroalimentaire, la baisse des prix met les industriels sous pression et contribue à l’envolée des défaillances. Autre répercussion, déjà palpable, de la stagnation des chiffres d’affaires : sans perspective de rentabiliser leurs investissements, les entreprises risquent de les reporter un peu plus.

Solène Davesne

 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

22/12/2014 - 23h06 -

La déflation est là car la bulle immobilière nous éclate à la figure; car les prix des aliments et des autres produits baissent aussi; les gens ne consomment plus car ils ont moins d'argent disponible; par contre les taxes et les impots directs et indirects eux ne vont pas baisser.
Par ailleurs, tout le monde constate que la tendance est à la baisse des salaires partout; dans le privé ont embauche à des salaires inférieurs qu'avant la crise, et dans la fonction publique les salaires sont bloqués, les primes sont supprimées, et le temps de travail effectif augmente...
On entre bien dans une spirale déflationniste pour dix ans.
Répondre au commentaire

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte