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Les propositions de François Hollande sur l'emploi ne font pas l’unanimité chez les économistes

Solène Davesne , , ,

Publié le

Dévoilée par François Hollande lors des vœux présidentiels, la proposition de former 500 000 demandeurs d'emploi en un an doit être détaillée le 18 janvier prochain. Les économistes sont circonspects sur sa portée.


DR

François Hollande a prévu d’en détailler les contours le 18 janvier prochain. Lors des vœux présidentiels, le président de la République a annoncé une montée en puissance des dispositifs de formation des demandeurs d’emplois, avec la mise en place de 500 000 formations supplémentaires sur l’année.

La proposition est loin de faire l’unanimité parmi les économistes.  "S’intéresser à la question du chômage structurel est intéressant", reconnaît Eric Heyer, le directeur du département analyse de l’OFCE. Mais l’économiste doute de l’efficacité du dispositif choisi. "Former 500 000 personnes pendant une dizaine de semaines ne leur donnera pas un métier. Mieux aurait valu consacrer un milliard d’euros en créant 100 000 emplois d’avenir supplémentaires, qui assurent une formation à leurs bénéficiaires sur trois ans", estime l’économiste pour qui "le coût financier et l’effet sur les statistiques du chômage aurait été le même".

Un objectif multiplié par trois depuis octobre

Le plan annoncé par le gouvernement est pourtant conséquent. Selon les dernières statistiques disponibles de la Dares, 643 000 demandeurs d’emplois ont reçu une formation en 2013. En moyenne, celle-ci a duré 4,7 mois.

Selon la Dares, le nombre de formations de demandeurs d’emplois a progressé de 27 % entre 2009 et 2013. Depuis, les plans ciblant les chômeurs de longue durée pour aider leur reconversion vers les secteurs en tension se sont accélérés.  De 30 000 bénéficiaires visés en 2013, la mesure a été élargie en 2014 pour 100 000 personnes, autant en 2015.

Lors de la conférence sociale d'octobre dernier, le gouvernement avait fixé à 150 000 le nombre de formations prioritaires nouvelles à mettre en place pour l’année 2016. L’objectif est donc in fine multiplié par trois.

"Ce n’est pas un chiffre qui fait l’efficacité", nuance cependant Gilbert Cette, économiste à l’université de Marseille. "Chaque fois que les chiffres du chômage augmentent, on fait des plans d’urgence. Mais le problème est le manque d’efficacité de la formation professionnelle. Il faut la reformer et la loi de la formation professionnelle de mars 2014 n’est pas allée assez loin dans ce sens"

Au dela de la fOrmation, besoin de croissance Et de  MOBILITE 

Le gouvernement entend orienter en priorité les formés vers les métiers en tension où les entreprises peinent à recruter de la main d’oeuvre et les secteurs dont les besoins en forte augmentation comme le numérique. Mais les économistes doutent que la diminution du nombre d’emplois non pourvus soit significative sur la baisse du chômage.

"Dans les métiers qualifiés comme chaudronnier, les tensions dans certaines régions tiennent surtout au manque de mobilité des salariés", remarque Eric Heyer.

Pour ces économistes, réduire le chômage passe surtout par la reprise de la croissance. "Une grande partie du chômage s’explique par des raisons conjoncturelles. Ce n’est pas la formation ou la réforme du code du travail qui le résoudra ", estime Eric Heyer.

D’autant que les entreprises ont eu tendance à moins licencier pendant la crise. Mi 2015, elles avaient encore 80 000 salariés en sureffectif, selon les calculs de l’OFCE. Une situation moins critique que 2013 – et ses 230 000 salariés en sureffectif – mais qui diffère la reprise des embauches.

Les chefs d’entreprises sont du même avis. "Les entreprises ont besoin de compétences. Mais on veut traiter le chômage plutôt que l’emploi", s’inquiète Laurent Bataille, le PDG de Poclain Hydraulics, qui plaide davantage pour  "former les gens dans l’entreprise, ce qui permettra d’augmenter la valeur ajoutée et in fine d’embaucher ".

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1 commentaire

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06/01/2016 - 22h36 -

L'objectif ici n'est pas que les gens retrouvent du travail mais qu'ils quittent (momentanément) les effectifs du chômage de catégorie A.
C'est une façon de s'acheter une inversion de la courbe du chômage pour pouvoir se représenter.
Les entreprises ont besoins d'un carnet de commande rempli pour embaucher mais pour ça il faudrait que nos entreprises soient compétitives par rapport à la concurrence or la masse de charges qui pèsent sur elle, les écartes de plus en plus du marché.
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