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Les profits, mais pas seulement...

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Publié le

Des entreprises s’essaient à faire rimer croissance rentable et intérêt général. Elles ont toutes choisi une mission.

La Camif, meuble responsable

En reprenant la Camif en 2009, Emery Jacquillat, le fondateur de Matelsom, découvre une coopérative en pleine crise, mais toujours empreinte des valeurs humaines de ses instituteurs fondateurs. La première urgence est d’intégrer la révolution internet dans cette entreprise de vente par correspondance. Mais très vite, le fondateur se décide à repositionner le modèle économique en reconnectant l’entreprise avec le territoire et ses fournisseurs pour proposer des produits responsables. Désormais, la mission de l’entreprise niortaise de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires est de « proposer des produits et services pour la maison au bénéfice de l’Homme et de la planète. Mobiliser notre écosystème, collaborer et agir pour inventer de nouveaux modèles de consommation, de production et d’organisation ». Cela commence par éviter de transporter des produits fabriqués à l’autre bout du monde. Aujourd’hui, 73 % du chiffre d’affaires est issu de fabrications françaises. Pour mobiliser son écosystème, la Camif organise chaque année chez ses fournisseurs, des ateliers réunissant collaborateurs, clients finaux et experts de l’éco-conception. « À la suite de l’un d’eux, le fabricant Parisot a conçu un bureau connecté, devenu l’un de nos best-sellers. » Un an et demi plus tard, le fabricant en réalise une version un peu allégée pour But. « Certains collaborateurs le vivaient mal, je leur ai dit ”Réjouissez-vous ! S’ils vendent aussi chez But, cela veut dire qu’ils innovent et que demain, ils continueront à fabriquer en France pour nous” », décrypte Emery Jacquillat. L’enseigne est devenue la première entreprise française à obtenir le label B-corp en 2015. L’activité connaît une croissance rentable depuis 2013. Le patron en est persuadé : « Si nous résistons à la concurrence d’Amazon et d’un gros acteur suédois, c’est que nous avons une proposition de valeur intéressante. » 

Anne-Sophie Bellaiche


Nutriset, pionnière française de la mission

« Apporter des propositions efficaces aux problématiques de nutrition et malnutrition. » En 2015, Nutriset, à l’origine du Plumpy’nut, une pâte révolutionnaire pour lutter contre la malnutrition à base d’arachide, décide d’inscrire dans ses statuts cet objet social étendu. L’objectif : pérenniser la raison d’être de l’entreprise créée en 1986 par Michel Lescanne. « Nous souhaitions nous assurer que l’alliance entre recherche de profit et respect de critères sociaux et environnementaux sur laquelle nous avons construit le groupe nous survivrait », justifie sa femme, Isabelle Lescanne, aujourd’hui présidente du holding familial. Un objet social étendu qui s’accompagne de neuf engagements sur la conduite au quotidien de l’entreprise. Thomas Couaillet, le directeur général de l’entreprise de 200 salariés, explique d’ailleurs ne pas hésiter à s’y référer pour arbitrer ses décisions. « Un partenaire m’a proposé de meilleurs prix si je m’engageais en exclusivité avec lui. Or, dans les engagements, il est indiqué que je ne peux pas prendre de décisions qui mettent en péril la continuité de l’activité. L’exclusivité est donc impossible. » Bien que financièrement intéressante, le dirigeant a décliné cette proposition. « Les stratégies suivies par Nutriset visent directement à répondre au mandat qu’elle s’est donné », analyse Kevin Levillain, chercheur à l’école des Mines et auteur d’une thèse sur les entreprises à mission. Chaque année, l’action de la direction est décortiquée par une commission composée d’experts indépendants qui rendent un rapport sur le respect de l’objet social étendu directement aux actionnaires. « Cette commission s’attache uniquement à analyser le respect des engagements. Une fois en possession du rapport, les actionnaires peuvent questionner la direction sur les décisions prises », explique Isabelle Lescanne. L’entreprise, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 150 millions d’euros en écoulant plus de 60 000 tonnes de produits alimentaires auprès des agences de l’ONU, est souvent considérée comme précurseuse des entreprises à mission. Un statut qui lui permet d’attirer de nombreux jeunes talents. « Beaucoup de professionnels nous rejoignent parce qu’ils trouvent une réponse à une quête de sens », confirme Thomas Couaillet. Mais si jusqu’alors, avoir un objet social étendu suffisait à l’entreprise pour se démarquer, la direction générale voit les exigences des nouvelles recrues augmenter. « Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’ils nous questionnent également sur le respect de nos engagements », assure le dirigeant. 

Adeline Haverland


D-orbit, Cette start-up qui nettoie l'espace

Avec la multiplication des satellites, l’espace au-dessus de notre planète est-il condamné à devenir une poubelle de débris ? Non, estime la start-up italienne D-Orbit spécialisée dans les dispositifs de démantèlement de satellites. En attaquant le problème à la source, elle s’est engagée dans une mission d’intérêt général qui promeut une utilisation durable de l’espace orbital. L’entreprise, fondée il y a sept ans, a obtenu la certification B-corp en 2014. Et lorsque l’Italie crée en 2016 un statut spécial pour les entreprises de mission, son dirigeant l’adopte. L’objectif ? « Lancer un message fort à l’écosystème de nos parties prenantes et protéger la mission de D-Orbit sur le long terme », selon Lucas Rossettini, son dirigeant. Concrètement, le responsable de l’impact de l’entreprise (l’une des obligations du statut est de publier un rapport d’impact) est aussi le responsable de la qualité, ce qui met la mission au cœur du business. L’entreprise de 1,5 million d’euros de chiffres d’affaires estime qu’elle a aussi réduit ses coûts grâce à de meilleures relations avec ses fournisseurs. Et elle reçoit désormais des CV ultraqualifiés du monde entier. 

A.-S. B.

 

DanoneWave, test gra ndeur nature pour le laitier fra nçais

En avril 2017, quelques jours après le rachat, pour 12,5 milliards de dollars, du géant américain du lait bio et végétal WhiteWave, Danone annonçait le passage de sa nouvelle filiale, renommée DanoneWave, en Public benefit corporation. Ce statut de droit américain permet aux entreprises de se donner un objectif plus large que la simple réalisation de profits financiers. La compagnie ne peut plus être poursuivie par des actionnaires si elle privilégie des choix plus éthiques mais moins avantageux financièrement issus par exemple, d’un sourcing sans OGM ou de process économes en eau. DanoneWave est la plus grande entreprise américaine à avoir opté pour ce statut. « C’est un véritable atout pour attirer les talents et garantir un fort niveau d’engagement de nos collaborateurs », explique Mariano Lozano, le PDG de la filiale. Ce statut devrait être renforcé par l’obtention du label international B-corp. Cette certification, basée sur 200 critères allant de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes à l’utilisation de produits bio en passant par la part d’actionnariat salarié, évalue la performance RSE de l’entreprise. DanoneWave espère réunir dès l’an prochain les 80 points minimum nécessaires pour décrocher la certification. De quoi servir de test avant que l’ensemble du groupe ne tente lui-même d’obtenir le label.

A. H.

 

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