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Les partenaires sociaux d’accord entre eux sur la formation professionnelle mais pas avec la ministre

Cécile Maillard , ,

Publié le

Patronat et syndicats ont trouvé un accord sur la réforme de la formation professionnelle, mais Muriel Pénicaud a déjà estimé qu’il ne répondait pas aux attentes du gouvernement. Elle devrait s’en affranchir en présentant la réforme, mardi 27 février.

Les partenaires sociaux d’accord entre eux sur la formation professionnelle mais pas avec la ministre
Patronat et syndicats s'apprêtent à signer un accord interprofessionnel sur la réforme de la formation professionnelle qui ne va pas suffisamment loin selon Muriel Pénicaud (à gauche).
© DR

La ministre du Travail aura au moins réussi à mettre d’accord les partenaires sociaux. Contre elle. Patronat et syndicats s’apprêtent à signer le premier accord national interprofessionnel (ANI) de l’ère Macron, sur la réforme de la formation professionnelle. Mais les organisations syndicales et patronales sont sorties de leur ultime réunion, particulièrement remontées contre Muriel Pénicaud. Ce jeudi matin, sur CNews, la ministre a regretté que le projet d’accord ne s’attaque pas suffisamment à "la complexité du système". Et annoncé qu’elle présenterait la réforme voulue par le gouvernement, un "big bang" de la formation, mardi 27 février.

Les organisations patronales et syndicales, elles, estiment "avoir coché toutes les cases" de la lettre de cadrage gouvernemental. Florence Poivey, représentante du Medef, conteste la vision de la ministre : "je ne vois pas en quoi notre accord complexifie". Pour la CGT, qui ne devrait pas signer l’accord, "le gouvernement nous méprise".

Des droits renforcés pour les salariés

Le texte que s’apprêtent à signer les partenaires sociaux répond aux attentes du gouvernement sur les points – 15 selon la CDFT - qui renforcent les droits des salariés : passage de 24 à 35 heures du nombre d’heures crédité chaque année sur le compte personnel de formation (CPF), dont le plafond grimperait de 150 à 400 heures (avec des droits accrus pour les plus éloignés de l’emploi) ; suppression des listes de formation éligibles au CPF ; renforcement financier du conseil en évolution professionnelle (CEP)… En revanche, aucune trace d’un CPF exprimé en euros - et non plus en heures - qui permettrait à un individu d'utiliser beaucoup plus facilement ses droits. Et se passer de l’intermédiaire des OPCA, organismes collecteurs gérés paritairement. Or le gouvernement s'attendait à ces deux simplifications. Il ne voit pas non plus de simplification dans le renforcement des pouvoirs du Copanef, un organisme paritaire chargé de veiller aux contenus de la formation. Le gouvernement regrette également de ne pas voir de mesures ciblées sur les PME, pour qu’elles investissent plus qu’aujourd’hui sur la formation.

Aucune trace de "big bang"

Les partenaires sociaux sont restés, il est vrai, dans l’existant, pour le réformer. Aucune trace de "big bang", les circuits restent complexes. Mais, selon syndicats et patronat, le gouvernement ne le leur avait pas explicitement demandé. Logiquement, ils défendent les outils qu’ils connaissent et auxquels ils sont attachés, notamment les OPCA, organismes de branche. En réalité, le fossé se creuse entre ceux qui font confiance aux partenaires sociaux pour s’occuper de formation et ceux qui souhaitent, avant tout, qu’elle leur échappe enfin.

Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait prévenu qu’il n’était pas grand fan de la démocratie sociale, se présentant comme le partisan d’"un changement profond de la répartition des rôles entre l’Etat et les partenaires sociaux, qui font beaucoup plus de politique que de dialogue social". S’il a accepté l’idée d’une négociation sur la formation professionnelle, réclamée par les syndicats et le patronat, il ne s’est jamais engagé à reprendre le contenu de leur accord dans une loi. Les annonces de la ministre Muriel Pénicaud, mardi, montreront à quel point il s’affranchit de leur travail.

 

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