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Les nouveaux défis de Bpifrance

Arnaud Dumas

Publié le

Bpifrance ne connaît plus la croissance. La banque publique stabilise certaines de ses activités, comme le cofinancement bancaire, mais veut se renforcer sur de nouvelles.

Les nouveaux défis de Bpifrance
Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance.
© Pascal Guittet

"C’est une année stable à haut niveau", lance Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance. Après plusieurs années de croissance forte de ses résultats, la banque publique met la pédale douce sur une partie de ses métiers. Notamment son activité de prêts bancaires. Le cofinancement des TPE et PME recule de 4,3 %, les prêts à l’innovation de 5,8 %.

"Le marché bancaire est très dynamique et notre stratégie ne consiste pas à gagner des parts de marché, assure Nicolas Dufourcq. Cela ne nous pose aucun problème d’avoir un budget stable et nous le serons encore en 2019."

Financer les TPE en direct

La banque publique repositionne toutefois en partie son métier bancaire, en l’orientant vers le financement en direct des TPE. Les prêts croissance TPE, mis en place en partenariat avec les régions pour des montants inférieurs à 50 000 euros, commencent timidement leur montée en puissance, avec 18 millions d’euros prêtés à 415 entreprises. La banque publique ouvre aussi ses autres produits aux TPE. L’activité globale de cofinancement a baissé en valeur par rapport au premier semestre 2017, mais servi plus d’entreprises (3 165 entreprises au premier semestre 2018, contre 3 000 l’année précédente).

Les activités d’investissement en capital s’affichent également en recul, notamment pour le segment des "mid et large cap". La banque publique a investi 141 millions d’euros dans 17 entreprises sur le premier semestre, contre 2,6 milliards d’euros dans 26 sociétés sur le début 2017. La différence s’explique par la reprise des participations de PSA détenues jusque là par l'agence des participations de l'Etat au premier semestre 2017, pour 1,9 milliard d’euros.

Même chose pour l’activité fonds de fonds, qui finance de manière indirecte les entreprises. Celle-ci recule de 9,7 % sur le premier semestre, avec 440 millions d’euros injectés dans 26 fonds d’investissement. "L’année 2017 a été un grand millésime, nous avons déployé 1,150 milliard d’euros, explique Nicolas Dufourcq. Nous ferons moins cette année, autour de 800 millions d’euros."

Développer l’investissement en "growth"

La banque publique veut concentrer ses efforts sur un segment encore trop faible du capital investissement, celui du "growth". Il s’agit de l’investissement en fonds propres dans les start-up en phase d’accélération, lorsqu’elles ont besoin de plusieurs dizaines de millions d’euros pour installer leur business model. L’activité d’investissement en capital-risque de Bpifrance a ainsi fortement augmenté sur le premier semestre, avec 162 millions d’euros investis (+37,3 %). "Nous avons beaucoup investi en growth dans un marché encore insuffisamment équipé", explique Nicolas Dufourcq.

La banque publique a lancé son propre fonds, le fonds Large Venture, pour combler ce manque. Il a participé aux levées de fonds des pépites de la French Tech comme LaunchMetrics (150 millions de dollars), Doctolib (35 millions d’euros) ou ManoMano (60 millions d’euros). Selon le patron de Bpifrance, dans 80 % des tours de table de ce segment Bpifrance a co-investi avec des fonds américains. "Le problème, ce ne sont pas les investisseurs institutionnels mais les équipes d’investissement, il n’y en a pas assez en France", explique le dirigeant de Bpifrance. Des sociétés de gestion commencent toutefois à se positionner sur ce marché, comme Eurazeo, Keensight ou encore le fonds de Tikehau et Total qui prévoit de lever 1 milliard d’euros pour financer des entreprises de la transition énergétique.

Défendre les fleurons français

La banque publique se renforce par ailleurs sur ses nouvelles activités. L’internationalisation des PME fait partie des ambitions de Bpifrance, qui a créé une direction dédié à cette thématique cet été. Le dirigeant du bras armé financier de l’Etat veut en parallèle pouvoir mieux protéger les grandes entreprises françaises des raids d’investisseurs étrangers. "S’il y a une marée d’attaque sur les entreprises françaises, notre enveloppe ne suffira pas, prévient Nicolas Dufourcq. Devant le Sénat, j’avais évoqué une enveloppe de 3 milliards d’euros. On travaille sur ce sujet."

L’accompagnement des entreprises vers la croissance demeure un axe fort de la banque publique, qu’elle entend encore renforcer. Une direction dédiée a été créée dans le courant de l’été, avec à sa tête Guillaume Mortelier. Il doit atteindre l’objectif fixé par Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, d’accompagner 4 000 entreprises d’ici 2021. Fin 2018, 500 entreprises l'auront déjà été au travers des différents accélérateurs pilotés par la banque publique, l’objectif étant d’arriver à 900 en 2019.

L’un des axes de croissance se trouve du côté des accélérateurs montés en partenariat avec une filière industrielle. L’aéronautique, le textile, la plasturgie, la chimie et l’automobile sont déjà servis. Mais le Conseil national de l’industrie (CNI), qui réunit les 16 filières industrielles, a demandé à Bpifrance d’en ouvrir un pour chaque.

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