Les labos de recherche, tremplin pour start-up : Deeptechs avant l'heure

Si depuis quelques années, le terme deeptech a émergé pour désigner les start-up développant des technologies de rupture issues des laboratoires, les liens entre la recherche, l’entrepreneuriat et les PME ne sont pas nouveaux. La preuve en cinq témoignages.

Partager
Les labos de recherche, tremplin pour start-up : Deeptechs avant l'heure
Ancien chercheur à l'Inserm, Fabien Guillemot a fondé Poietis en 2014, une entreprise spécialisée dans la bio-impression 3D par laser de tissus vivants.

Depuis 1999, date de l’entrée en vigueur de la loi Allègre sur l’innovation et la recherche, de nombreux chercheurs ont tenté l’aventure en créant leur entreprise. Les transferts de technologie ont également vu le jour au travers de partenariats entre des PME et des laboratoires porteurs d’une innovation, à l’image de CSI et de son résiscope. Souvent, ces entreprises ont pu voir le jour grâce à la conviction de leur fondateur, alors que l’intérêt économique n’était pas toujours évident à court ou moyen terme. Aujourd’hui, la deeptech s’organise en un écosystème qui rassemble organismes d’accompagnement et moyens de financement d’une R & D souvent au long cours. Une évolution perçue favorablement par les pionniers du transfert de technologie. Cinq d’entre eux livrent leur témoignage.

Jean-François Morizur, fondateur de Cailabs :

« Lorsque nous avons lancé notre activité en 2013, il n’était pas encore question de deeptech. L’écosystème actuel nous aurait probablement facilité les choses. La deeptech est avant tout un label qui montre qu’il y a une logique de création de valeur associée aux technologies sorties des laboratoires. Cela a permis de mettre en place de nouveaux modèles de financement, adaptés à une approche à long terme de ces technologies. »

Johann Foucher, fondateur Pollen Metrology :

« Lorsque j’ai eu l’idée, en 2014, de proposer une plate-forme reposant sur l’intelligence artificielle, le terme n’était pas encore à la mode. J’ai rencontré pas mal d’interrogations. Il y a sept ans, on me disait que cette technologie mettrait trop de temps à trouver son marché. Depuis, la notion de deeptech est apparue et un écosystème a émergé pour favoriser des technologies comme la nôtre. Les grands groupes y voient un réservoir d’innovations, ce qui facilite les financements. »

Fabien Guillemot, fondateur Poietis :

« L’environnement national facilite la création d’entreprises issues des travaux de recherche. À partir de 2012, nous avons été lauréat de plusieurs concours visant la valorisation de technologies, dont un organisé par le ministère de la Recherche. Cependant, en 2014, le financement de Poietis était difficile. Les fonds d’amorçage hésitaient à accompagner les start-up dont les technologies nécessitaient encore de nombreuses années de développement. »

Louis Pacheco, cofondateur de Concept Scientifique Instruments :

« À partir des années 2010, nous avons constaté qu’à cause du manque de moyens de la recherche en France, les chercheurs étaient obligés de mettre au point eux-mêmes leurs instruments. Ce sont de véritables Géo Trouvetou ! En industrialisant des technologies que nous avons fait sortir des labos, nous voulions leur offrir une bulle d’air pour leur permettre de se concentrer sur leurs travaux et favoriser d’autres innovations. »

Jean-Luc Gach, cofondateur de First Light Imaging :

« Lorsque nous avons fondé First Light Imaging en 2011, nous avons pu profiter du dispositif mis en place par la loi Allègre de 1999 pour favoriser la recherche et l’innovation. Il permet aux chercheurs de se mettre en disponibilité pour créer leur entreprise. Pour nous, le risque n’était pas énorme. Nos caméras scientifiques ont très rapidement trouvé leur marché. Nous avons ainsi pu réinvestir rapidement dans la société. »

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER Innovation

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

La renaissance des montres Kelton

La renaissance des montres Kelton

Le designer Vincent Bergerat donne une nouvelle vie aux montres Kelton. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il explique au micro de Christophe Bys comment il innove et recrée l'identité...

Écouter cet épisode

Connecter start-up et grands groupes

Connecter start-up et grands groupes

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Thomas Ollivier, fondateur du Maif Start-up Club, répond aux questions de Christophe Bys. 

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Auditeur QSE (F-H-X)

BUREAU VERITAS - 23/06/2022 - CDI - Aix en Provence

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

28 - LE COUDRAY

Mise en conformité de 2 salles de césarienne au bâtiment Pôle Femme Enfant du Centre Hospitalier de Chartres.

DATE DE REPONSE 09/09/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS