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Les industriels s'emparent du mouvement fablabs

Marine Protais , ,

Publié le

Les entreprises s’invitent dans les fablabs et s’inspirent de leur culture pour créer leurs propres makerspaces. Entre modernisation de leur R & D et fabwashing.

Les industriels s'emparent du mouvement fablabs
Renault a ouvert son premier creative lab en 2013.

Les fablabs ne sont pas uniquement peuplés d’indépendants et de bricoleurs. Les entreprises sont aussi friandes de ces lieux. Elles y emmènent leurs équipes pour élaborer des prototypes, tester de nouvelles méthodes de fabrication et d’innovation, ou simplement organiser des séances de team building. Certaines en profitent pour redorer leur blason. "Un dirigeant nous a dit ”Dans le pire des cas, on aura amélioré notre image, dans le meilleur des cas, on aura appris quelque chose”, rapportent les fondateurs de La Machinerie, à Amiens (Somme).

La culture des fablabs commence réellement à infuser l’industrie. Le fabricant de pièces forgées NTN, à Crézancy (Aisne), développe au fablab de Château-Thierry (Aisne) des capteurs open source pour connecter son usine "afin de ne pas être dépendant des fournisseurs de matériel, précise Antoine Selosse, le directeur de l’usine. Le but est de partager nos capteurs avec d’autres sites NTN, voire avec d’autres industriels."

De manière plus classique, les entreprises s’inspirent de l’organisation des fablabs pour créer leurs propres makerspaces. Renault a été l’un des précurseurs avec le Creative lab du Technocentre de Guyancourt (Yvelines), ouvert en 2013. Le modèle a été dupliqué dans dix autres sites. L’objectif ? "Développer une culture de l’ouverture, rendre nos processus de développement plus agiles et reconnecter les ingénieurs avec la fabrication", explique Mickaël Desmoulins, le responsable des creative labs de Renault. Même logique chez SEB, qui a installé un atelier pour ses ingénieurs, designers et équipes marketing depuis 2014.

Création de nouveaux usages ou "fabwashing" ?

Les entreprises voient dans le développement du "do it yourself" un moyen de connaître leurs clients et d’attirer de nouveaux talents. Oui Are Makers, une plate-forme de tutoriels en ligne, organise des concours pour de grandes enseignes. Decathlon a demandé aux utilisateurs de cette plate-forme d’imaginer un objet "pour réinventer le camping". Les dix meilleurs candidats seront invités à développer un démonstrateur dans le fablab de l’entreprise. "C’est un moyen d’engager leur communauté et de détecter de nouveaux usages", explique Hortense Sauvard, la fondatrice de Oui Are Makers.

Cette appropriation par les entreprises irrite certains acteurs de l’écosystème. Le hacker­space francilien /tmp/lab remet des "Bullshit bingo awards" pour ridiculiser la marchandisation de l’esprit maker. Le Réseau français des fablabs, lui, publiera fin octobre une note pour dénoncer le fabwashing.

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