Dans son contrat de filière, la construction se veut plus digitale et plus durable

Présenté ce mercredi 13 février, le contrat de filière Industries pour la construction vise à rassembler les acteurs autour du développement du BIM et de l’éco-responsabilité. Les Jeux olympiques y jouent le rôle de catalyseur pour passer au bâtiment déconstructible.

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Dans son contrat de filière, la construction se veut plus digitale et plus durable
La conception des bâtiments devra davantage intégrer les exigences liées à l'économie circulaire.

Les acteurs de la construction ne veulent pas rater l’essor du numérique et les enjeux liés au développement durable. Les attentes sociales énumérées par le président de la filière Industries pour la construction, Hervé de Maistre, président de l’Association française des industries des produits de construction (AIMCC) font résolument écho aux préoccupations actuelles : "lutte contre les passoires thermiques, défense de la biodiversité, préservation de nos ressources, défense de nos emplois face aux risques d’ubérisation".

Les six projets présentés ce mercredi 13 février dans le cadre du lancement du contrat de filière, sous la houlette de François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, de Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, et d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, tracent la voie de cette ambition.

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Mobilisation autour du BIM

Le plan BIM 2022, dédié à la maquette numérique du bâtiment, sera enrichi par un démonstrateur d’une plateforme baptisée BoostConstruction. Elle vise à héberger les dictionnaires des propriétés des ouvrages et des produits de la construction, ainsi qu’à faciliter la description numérique des projets de construction. Saint-Gobain pilotera un consortium d’industriels de la construction qui apportera des financements durant la phase d’amorçage. L’Etat sera pour sa part mobilisé sur la question des normes et sur la structuration du soutien financier à la plateforme.

Les JO, laboratoire du déconstructible

"Nous souhaitons que l’économie circulaire soit active et promue par les acteurs des matériaux", indiquait Hugues Vérité, délégué général de l’AIMCC, mi-janvier à L’Usine Nouvelle. Les Jeux olympiques de Paris 2024 feront office de test pour la conception de bâtiments réversibles, de deux à huit niveaux, au moyen d’une méthode validée par les acteurs de la filière. Des bâtiments démonstrateurs, certains étant "zéro déchets", sont aussi prévus en régions. "Les principes du réemploi, du recyclage et de la réutilisation sont encore à ce jour très peu mis en application dans la réalisation des bâtiments neufs, et encore moins dans le lot gros œuvre", expliquent les promoteurs du projet. Des travaux seront par ailleurs engagés sur l’évolution des infrastructures routières, la chaussée pouvant produire de l’électricité, stocker de l’énergie ou récupérer des eaux de pluie.

A moyen terme, une étude consacrée aux engagements des industriels de la construction et de la distribution en matière de recyclage de déchets est programmée pour avril 2019. Un projet de norme permettant d’intégrer l’économie circulaire dans la commande publique est prévu pour 2019-2020. Soprema et l’institut Carnot Matériaux et équipements pour la construction durable travailleront pour leur part sur la réduction du phénomène d’îlot de chaleur urbain, avant la conception du village olympique.

Des pistes pour la rénovation énergétique des logements et des universités

Parallèlement à la construction durable, l’accent sera mis sur la rénovation énergétique des bâtiments. "Cela fait trente ans que l’on n’arrive pas à faire décoller ce marché", regrettait Hugues Vérité le mois dernier. 1000 "passeports" efficacité énergétique seront déployés auprès des ménages intéressés, qui recevront la visite de professionnels. L’intelligence artificielle fait partie des pistes de réflexion pour améliorer la performance des solutions de rénovation. Un programme dédié à l’efficacité énergétique des campus universitaires, qui représentent un tiers du patrimoine de l’Etat (soit 18,6 millions de m2) et consomment en moyenne 300Kw par mètre carré et par an, sera lancé sur 3% du parc. Plusieurs fonds européens seront mobilisés.

Davantage d’apprentis dans la filière

Le plan Industries pour la construction s’attache aussi, à l’instar d’autres filières, à promouvoir les technologies françaises à l’export. En l’occurrence, celles des "smart, safe and sustainable cities". L’Etat accompagnera la filière dans la démarche de normalisation des produits à l’international. Une offre de logements "abordables" sera créée, notamment à destination de l’Afrique. Bpifrance financera pour sa part un accélérateur pour les PME et les PMI, qui représentent près de 60% des entreprises de la filière.

Un engagement de développement des emplois et des compétences pour l’ensemble de la filière aval des industries pour la construction sera cofinancé par l’Etat et les organismes de formation du secteur, afin d’accroître d’environ 2000 personnes par an le nombre d’apprentis entre 2018 et 2022. Le contrat d’étude prospective des travaux publics et l’engagement de développement des emplois et compétences de la filière bâtiment, déjà lancés, complèteront le dispositif. Pour Hervé de Maistre, la signature du contrat est l’aboutissement de "la reconnaissance d’une nouvelle filière industrielle résolument tournée vers les transitions". A charge, pour celle-ci, de le démontrer.

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