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L'Usine Auto

Les grands de demain

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Publié le

Elles s’internationalisent, elles digitalisent leurs métiers, elles recrutent, se développent et continuent de croître. Elles ont souvent dû faire le gros dos pendant la crise et ménager leurs forces pour repartir plus vaillamment. Des exemples pour les start-up, TPE et PME qui veulent emprunter le même chemin. Si le Mittelstandt allemand est, certes, plus fourni et plus puissant que le tissu d’ETI à la française, les modèles à suivre sont néanmoins nombreux de ce côté-ci du Rhin. Certaines sont déjà bien connues : Thuasne, spécialiste du textile technique pour le médical ; Daher, l’équipementier aéronautique devenu incontournable ; ou le groupe Lisi, entreprise multicentenaire qui développe des solutions d’assemblage notamment pour l’automobile et l’aéronautique. D’autres suivent leurs pas, prêtes à devenir les grandes entreprises de demain. « L’Usine Nouvelle » en a sélectionné huit, toutes fortement ancrées dans leur territoire, mais avec une stratégie de conquête bien affirmée.

Les grands de demain

Mecalac élargit sa gamme et sa couverture
 

  • Date de création 1974
  • Chiffres d’affaires 2017 240 millions d’euros
  • Effectif 800 personnes

Une croissance rythmée par d’importants rachats. Mecalac, fondé en 1974 à Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), a passé le cap des 250?salariés en 2002 après avoir racheté la société allemande Ahlmann, devenue depuis Mecalac Baumaschinen. L’enjeu pour le spécialiste français des pelles sur pneus et chenilles pour les chantiers urbains était de mettre les chargeuses dans son portefeuille de produits. « La taille critique n’a jamais été un vecteur de rachat pour nous, souligne Alexandre?Marchetta, le directeur général de la société. Notre croissance externe a toujours été pensée pour intégrer une gamme de produits complémentaires aux nôtres et pour agrandir notre couverture internationale. » L’an passé, ces deux orientations ont poussé Mecalac à acquérir Terex Construction Equipment UK. Cette société britannique fabrique notamment des chargeuses-pelleteuses, moto-basculeurs et compacteurs à rouleaux, autant de produits très usités aux États-Unis et en Amérique latine que Mecalac n’avait pas dans sa gamme. Un nouvel élan pour le groupe français sur ce continent. Pour autant, Mecalac soigne aussi sa croissance organique. Depuis 2010, il a créé une filiale de production en Turquie et deux filiales commerciales en Pologne et aux États-Unis. Sa politique d’innovation demeure soutenue. « Nous souhaitons que notre croissance soit la plus équilibrée possible, précise Alexandre Marchetta. Nous investissons 6 % de notre chiffre d’affaires en recherche et développement. Proposer des produits différenciés fait partie de notre ADN. » Mecalac travaille, par exemple, sur l’accessibilité à la machine ou le champ de vision depuis la cabine, alors que les chantiers urbains ont des contraintes particulières en matière de sécurité notamment. En 2017, la société a aussi présenté une première machine 100 % électrique sans perte de performance ni d’autonomie par rapport à son équivalent thermique, répondant ainsi à la volonté de plus en plus de villes d’interdire le diesel. Le groupe apprécierait d’ailleurs une politique fiscale de soutien aux véhicules propres dans le BTP. Actuellement porté par une conjoncture favorable, Mecalac devrait bénéficier du lancement du chantier du Grand Paris et de la clarification des dotations de l’État aux collectivités.

Marion Garreau


Ligier Group tient la bonne formule
 

  • Création 1968
  • Chiffre d’affaires 2017 131 millions d’euros
  • Effectifs 300 salariés

Singulière trajectoire que celle de Ligier. Fondée par un entrepreneur des travaux publics passionné d’automobiles, Guy Ligier, l’entreprise connaît son heure de gloire dans la Formule 1 durant les années 1980. Puis se reconvertit sur le segment des voitures sans permis, assemblées sur le site historique d’Abrest (Allier). Le fils du fondateur sauve l’entreprise qui connaît une mauvaise passe et procède au rachat de Microcar, son concurrent, en 2008. Depuis 2013, c’est le petit-fils du fondateur qui est aux commandes : il assure l’intégration des deux sociétés et mène tambour battant la modernisation de Ligier. Sur l’outil de production, en partie automatisé, mais pas seulement. « J’ai défini une stratégie de diversification en 2014 en ciblant les engins de mobilité en petite série », décrit François?Ligier, l’actuel patron du groupe qui emploie 300?salariés, à Abrest et sur l’ex-site de Microcar à Boufféré (Vendée). L’entreprise propose ainsi des utilitaires légers et électriques pour les espaces verts et des tricycles électriques pour la distribution de biens, comme c’est le cas avec La Poste. Une dynamique qui a permis de faire passer le chiffre d’affaires de 40?millions d’euros – avant le rachat de Microcar – à 131?millions d’euros en 2017, alors que l’export représente environ 50 % du chiffre d’affaires. « Nous devrions atteindre les 200?millions d’euros d’ici à cinq ans », rajoute François?Ligier. Le dirigeant lorgne une clientèle de particuliers, plus jeunes et urbains que les acheteurs historiques. Et si les Ligier redevenaient tendance ?

Olivier James
 

Scalian pousse les feux à l'international
 

  • Création 1989
  • Chiffre d’affaires 185 millions d’euros
  • Effectif 2400 personnes

Sa taille a triplé en trois ans. De 70?millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, Scalian est passé à 185?millions d’euros en 2017 et vise les 200?millions en 2018. Spectaculaire ! C’est l’arrivée d’Edmond de Rothschild Investment Partners au capital et d’Yvan?Chabanne aux manettes qui a joué le rôle d’aiguillon pour cette ETI toulousaine spécialisée dans le conseil en performance des organisations et dans l’ingénierie des systèmes numériques. « Nous étions trop français et trop axés sur l’aéronautique », confie Yvan?Chabanne. L’ex-Eurologiciel, rebaptisé Scalian début 2017, travaille désormais pour l’automobile, la défense, le spatial et les télécoms. Et a multiplié les opérations de croissance externe. « Nous voulions faire des acquisitions pour renforcer nos deux pôles d’activité, explique Yvan?Chabanne. Nous avons racheté Alyotech en 2016, pour notre activité numérique. Puis nous avons repris CMT+ pour compléter notre offre sur la performance des organisations. » En parallèle, Scalian se développe à l’international. « Nous sommes présents en Europe, en Amérique du Nord, en Inde et nous arrivons au Maroc se réjouit le président. On espère atteindre 250?millions d’euros de chiffre d’affaires dans les deux ans. »

Arnaud Dumas
 

Lauak s'envole vers de nouveaux horizons
 

  • Création 1975 
  • Chiffre d’affaires 150 millions d’euros
  • Effectif 1500 salariés

La consolidation du secteur aéronautique n’est pas le seul fait des poids lourds. À son échelle, l’entreprise familiale Lauak y contribue. Depuis une dizaine d’années, le sous-traitant basé à Ayherre (Pyrénées-Atlantiques) a multiplié les acquisitions : Equip’Aéro Industrie en 2010, Top Micron en 2012, Centrair en 2016 et AlisAéro en 2017. « Avant 2010, notre croissance était essentiellement organique, rappelle Mikel?Charritton, le directeur général de Lauak et fils du fondateur de l’entreprise. Outre la diversification, qui nous a fait passer de l’aviation d’affaire à l’aviation commerciale, générant davantage de volumes, nous avons cherché à maîtriser le plus grand nombre de métiers et de procédés. » On trouve parmi les clients de ce spécialiste de l’usinage, de l’assemblage et du traitement de surfaces des donneurs d’ordres tels que Dassault, Airbus, Daher, Safran et Embraer. Mais c’est la stratégie d’acquisition qui va permettre à Lauak de changer d’échelle : le chiffre d’affaires est passé de 32?millions d’euros en 2010 à 150?millions en 2017. Quant à l’effectif, il a bondi de 350 à 1 500?salariés. Le dirigeant entrevoit une nouvelle phase de croissance, cette fois-ci à l’international. « Nous avons une usine au Portugal depuis 2003, mais nous souhaitons désormais effectuer des opérations de croissance externe à l’étranger », précise Mikel?Charritton. De quoi hisser le chiffre d’affaires entre 300 et 500?millions d’euros d’ici à 2022. Et faire de la PME une ETI incontournable de l’aéronautique. 

Olivier James
 

Rians équilibre tradition, innovation et performances
 

  • Création 1901
  • Chiffre d’affaires 300 millions d’euros
  • Effectif 1 400 salariés

« Rechercher l’équilibre entre la performance du produit, le succès économique et la dimension sociétale. » Le président du groupe Rians, Hugues?Triballat, résume en quelques mots le succès de la fromagerie familiale, fondée en 1901 par sa grand-mère à Rians, dans le Cher. Le quatrième groupe laitier français, avec un chiffre d’affaires annuel de près de 300?millions d’euros, renaît au sortir de la guerre lorsqu’Hubert Triballat, son père, reprend l’affaire. En 1960, il s’associe aux grands crémiers parisiens pour vendre ses produits. Dans les années 1970, l’entreprise prend le virage de la grande distribution avant de s’implanter à l’étranger où elle vend désormais 30 % de ses produits. Et compte désormais plus de 1 400?salariés répartis dans quatorze ateliers, dont onze en France. « Ce maillage territorial nous permet notamment d’être implantés dans les régions AOC pour labelliser nos produits », explique Hugues?Triballat. Sa croissance, le groupe la doit à trois principaux leviers : le développement des produits historiques dont la fameuse faisselle, son produit phare ; l’innovation, notamment dans le secteur des desserts où l’entreprise a été la première à se lancer dans de nouveaux produits dès les années?1990 ; et la croissance externe. « L’ensemble des sites que nous possédons sont des entreprises que nous avons rachetées », précise le président de Rians. À l’heure du bio et du commerce digital, le groupe a intégré l’accélérateur ETI de Bpifrance pour l’aider à réfléchir au plan stratégique à mettre en place pour faire face aux mutations du marché.?

Adeline Haverland
 

Addev Materials, le fabricant multi-local
 

  • Création 1947
  • Chiffre d’affaires 100 millions d’euros
  • Effectif 430 personnes

Pas le choix. Addev Materials devait racheter des entreprises pour croître. L’ETI lyonnaise spécialisée dans la transformation de matériaux (colles et adhésifs, isolants et films techniques) pour l’industrie, fournit à ses clients des services de conseil, de sourcing de produits et de codéveloppement. « Cette différenciation par le service nous condamne à être multi-local, confie Pascal?Nadobny, son président. Et nous a amené à acquérir des entreprises plus vite que d’autres. Cela nous a aussi permis de grandir, car nous y avons également trouvé de nouvelles compétences. » Après s’être développé en Europe pour suivre ses clients grands comptes, Pascal?Nadobny se pose la question du grand international en 2010. Les Brics – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – sont alors à la mode. « Nous étions une jeune ETI, ces zones étaient trop difficiles d’accès pour les entreprises de notre taille », se rappelle-t-il. Il se tourne vers l’Amérique du Nord, plus stable, et y dispose aujourd’hui de trois implantations. Son appétit n’est pas encore rassasié. Il a intégré l’accélérateur ETI de Bpifrance en 2016. « Une chance formidable !, s’enthousiasme-t-il. Cela déplace le champ des possibles. »

Arnaud Dumas
 

Desjoyaux, Les Piscines repartent de plus belle
 

  • Création 1969
  • Chiffre d’affaires 89,7 millions d’euros
  • Effectif 269 personnes

La crise n’est jamais bonne pour les vendeurs de loisirs. Les piscines Desjoyaux, qui fêtent leurs 50 ans cette année, ont connu une période difficile après 2008. L’entreprise familiale, située à La?Fouillouse (Loire), conçoit et fabrique des piscines complètes, des moules de coffrages pour couler le béton, jusqu’aux équipements du bassin, comme les systèmes de filtration. La forte baisse de la demande aurait pu être fatale. L’ETI est passée d’un chiffre d’affaires de 99?millions d’euros en 2007 à 68?millions en 2013. « Nous avons courbé l’échine et laisser passer l’orage, soupire Jean-Louis?Desjoyaux, son PDG. Nous avons continué à investir dans notre usine, environ 50?millions d’euros au cours des cinq dernières années, et réduit notre coût de revient de 30 %. » L’automatisation des process de production s’est faite sans réduire les effectifs, se réjouit le fils du fondateur de l’entreprise. Aujourd’hui, l’équipe managériale s’emploie à structurer son réseau international. « Nous réalisons 35 % de notre chiffre d’affaires à l’export, nous voulons atteindre 50 % d’ici quatre ou cinq ans », confie le PDG. L’ETI a créé des filiales dans les plus gros marchés mondiaux, aux États-Unis, en Espagne, en Allemagne, en Italie, au Brésil et en Chine. « Et nous prévoyons de nous ouvrir à de nouveaux pays, comme Israël et la Turquie, avec des distributeurs », annonce Jean-Louis?Desjoyaux.?

Arnaud Dumas

 

Ventana, la techno comme moteur
 

  • Création 2003 
  • Chiffre d’affaires 55 millions d’euros
  • Effectif 500 salariés

Il y a cinq ans, alors que l’industrie doutait encore de l’intérêt de l’impression 3D, Ventana achetait sa première machine de fabrication additive à sable sur son site d’Arudy (Pyrénées- Atlantiques). Le spécialiste de la fonderie ne s’est pas arrêté là : il y a un an, il a investi dans une nouvelle machine 3D. Une culture de l’innovation qui permet à l’ETI de se démarquer. « E n réalisant certaines parties des moules de nos pièces en impression 3D, nous avons divisé nos temps de développement par quatre et nos coûts d’industrialisation par deux », se félicite Gérard Russo, le président de Ventana. Outre l’impression 3D, Ventana a numérisé l’ensemble de ses données de production, de la maquette aux contrôles des pièces. L’ETI a aussi introduit la simulation, et prévoit l’acquisition d’exosquelettes. Des investissements qui lui ont permis d’obtenir de nouveaux marchés, entre autres dans le sport automobile. « N ous sommes maintenant capables de répondre à leur cycle de développement », note le président. Une diversification nécessaire pour le sous-traitant qui reste très dépendant de l’aéronautique, et notamment d’un marché de l’hélicoptère atone. « S ur ce marché, notre chiffre d’affaires a été divisé par deux en trois ans », admet Gérard Russo. En plus de ses investissements technologiques, l’ETI, qui compte sept filiales, mise aussi sur une stratégie d’acquisitions pour élargir son savoir-faire. Ventana réalise 25 % de son chiffre d’affaires à l’export. Cette part pourrait grossir au cours des prochains mois. Un contrat est sur le point de se conclure avec un acteur aéronautique important aux États-Unis.

Marine Protais

 

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