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Les entreprises veulent sécuriser leurs approvisionnements... en misant sur le Made in France

Arnaud Dumas ,

Publié le

Made in France Les départements achats des entreprises vont renforcer leurs politiques de sécurisation de leur supply chain. Dans une économie mondiale incertaine et un contexte de risque de guerre commerciale, les acheteurs veulent s’assurer que leur supply chain ne sera pas interrompue. Selon l’étude annuelle d’AgileBuyer et du Conseil national des achats, ils se tournent notamment de plus en plus vers le Made in France.  

Les entreprises veulent sécuriser leurs approvisionnements... en misant sur le Made in France
Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer.

Les acheteurs se focalisent de plus en plus sur la sécurisation de leur chaîne d’approvisionnement. Selon l’enquête annuelle réalisée par le cabinet AgileBuyer et le Conseil national des achats (CNA), 64 % des entreprises interrogées prévoient de mettre en place des actions de sécurisation de leur supply chain en 2019. "Aujourd’hui, le deuxième objectif des fonctions achats derrière la réduction des coûts, c’est de réduire leurs risques, explique Olivier Wajnsztok, le directeur associé d’AgileBuyer. Les risques sont certes mieux gérés, mais ils sont aussi beaucoup plus présents du fait de la mondialisation de la supply chain et de la réduction du nombre des fournisseurs."

Pour 36 % des acheteurs, la continuité et la sécurisation des approvisionnements constitue une préoccupation encore plus forte qu’en 2018, tandis que 60 % estiment qu’elle est au même niveau. Cette volonté de sécuriser les achats est encore plus prégnante dans l’industrie, notamment dans l’aéronautique-défense. Quelques 53 % des acheteurs de ce secteur considèrent que la sécurisation de leur supply chain sera encore plus importante en 2019.

Une fonction stratégique

La loi sur le devoir de vigilance votée en 2017, qui impose aux grands groupes de surveiller le respect des droits fondamentaux sur toute leur chaîne d’approvisionnement, oblige également les acheteurs à mieux gérer leurs fournisseurs. "Ces réglementations ont rendu la fonction achats de plus en plus stratégique, estime Olivier Wajnsztok. Elles doivent travailler sur la réduction des coûts, sur les risques et doivent aider à augmenter le chiffre d’affaires en apportant de l’innovation."

Ce besoin de sécurité entraîne des effets secondaires sur la localisation de la supply chain. Selon l’étude, le Made in France devient pour la première fois un véritable critère d’attribution de business pour plus de 50 % des entreprises (31 % en 2017, 54 % en 2019). "Le Made in France répond à une logique complexe, nuance Olivier Wajnsztok. Il s’agit d’une somme de faisceaux qui poussent à acheter plus local." Parmi ces faisceaux, le consultant cite notamment l’augmentation des coûts de production en Asie, ou encore la volonté du consommateur d’acheter français. Mais il pointe également les problèmes de capacités de production dans plusieurs zones du monde ou encore la guerre commerciale initiée par les Etats-Unis, qui incitent à acheter en France pour plus de sécurité.

Certains secteurs industriels sont plus particulièrement sensibles au Made in France. L’agroalimentaire en tête, 78 % des industriels prenant en considération ce critères dans leurs achats, suivi du secteur de la mode et du luxe (64 %), de l’aéronautique-défense (59 %), de l’industrie lourde (56 %), de la mécanique et du secteur des meubles et du textile (53 %). Surprise, ils ne sont que 10 % à estimer que l’achat Made in France coûte plus cher, tandis que la grande majorité (68 % des acheteurs) considère qu’acheter français ne leur impose pas de contraintes particulières.

Nouvelles méthodes de réduction des coûts

Quelques industriels envisagent même de relocaliser leur production par crainte d’un environnement géopolitique trop instable. Ils ne sont pas très nombreux, seuls 12 % des répondants. "Mais quand ils le font, c’est en France ou en Europe", remarque Olivier Wajnsztok. Interrogées sur leur zone de relocalisation, 73 % des entreprises envisagent l’Europe hors France et 54 % la France. Les 12 % de candidats à la relocalisation citent comme première raison la sécurisation de leurs approvisionnements (80 % des interrogés) et d’une amélioration de la mise sur le marché de leurs produits (50 %).

La réduction des coûts demeure malgré tout le premier objectif des acheteurs. Mais ils emploient désormais d’autres méthodes que la simple mise sous pression de leurs fournisseurs. D’abord parce que le rapport de force a changé. Celui-ci est défavorable aux acheteurs dans 54 % des cas, selon l’étude.

La tendance concerne plutôt le secteur des services, l’industrie étant mieux armée pour faire face aux risques de supply chain. Pour autant, cette tendance est particulièrement forte dans les achats de matières premières hors acier et chimie (47 % estiment la relation déséquilibrée), dans les achats de logiciels (35 %) et dans les achats d’acier (24 %). Dans ces secteurs, les acheteurs ont dû faire face à des augmentations de prix, de délais, voire à des interruptions de fourniture. L’étude cite notamment un doublement des durées de livraison et des prix dans le secteur de l’acier, subi par les acheteurs.

Pour réduire les coûts, les acheteurs doivent donc entrer dans une relation plus collaborative avec leurs fournisseurs. "Il s’agit d’une réduction des coûts intelligente, qui se fait ensemble à l’image du design to cost dans l’industrie automobile", explique Olivier Wajnstok. Selon le consultant, les fonctions achats deviennent par conséquent de plus en plus importantes dans les entreprises. Les directeurs achats accèdent ainsi plus souvent au comité de direction (dans 57 % des cas).

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