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Les entreprises françaises veulent monter à bord des grands projets d'infrastructures chinois

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Des entreprises françaises se positionnent pour profiter des gigantesques projets d’infrastructures financés par la Chine.

Les entreprises françaises veulent monter à bord des grands projets d'infrastructures chinois
Alstom a ouvert deux sites de production de locomotives au Kazakhstan, qui rénove son réseau ferroviaire grâce aux investissements chinois.

Des milliards de dollars de projets dans les routes, les lignes ferroviaires, les réseaux électriques… Les grandes entreprises françaises regardent de près la stratégie chinoise des routes de la soie. "Leurs filiales locales baignent dedans. Cela fait partie de leur environnement d’affaires. Leurs partenaires chinois cherchent à faire émerger des projets ", souligne Sybille Dubois-Fontaine Turner, la directrice générale du comité France-Chine. "Elles sont très intéressées sur le principe, mais restent pour la plupart encore sur la réserve", tempère Paul Clerc-Renaud, conseiller du commerce extérieur installé à Hongkong.

Car ces marchés restent difficiles d’accès pour les entreprises étrangères. La majorité des projets d’infrastructure sont attribués à des sociétés chinoises. Selon un think tank américain, seuls 14 % d’entre eux sont affectés directement à d’autres entreprises. Dans son dernier rapport annuel, la chambre de commerce européenne en Chine s’inquiète de "règles d’appels d’offres souvent opaques " et relève une "part des projets et des contrats revenant à des entreprises chinoises trop élevée pour refléter un système équitable ". Il n’existe pas non plus de liste exhaustive des projets financés dans le cadre des routes de la soie. "Tout se fait par rencontre et au cas par cas. Il faut savoir être pragmatique et faire attention de s’engager sur des projets viables ", prévient Sybille Dubois-Fontaine Turner. Pour les entreprises européennes, la solution passe souvent par la mise en place de collaborations avec des partenaires chinois sur les marchés tiers. Une façon de profiter des financements chinois, mais aussi de limiter les risques dans des pays parfois politiquement instables. Les entreprises chinoises, elles, y gagnent une internationalisation accélérée.

Des contrats difficiles à obtenir sans partenaire chinois

Implanté de longue date en Chine, Suez est l’un des plus avancé. Depuis cinq ans, le groupe français a déjà remporté plus d’une demi-douzaine de contrats en partenariat avec des groupes chinois le long des routes de la soie. Une dizaine d’autres projets sont en cours. "Cela devient significatif. Un projet réussi avec un partenaire permet d’en envisager d’autres ", explique Bertrand Camus, le directeur général adjoint de Suez chargé de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Asie. En 2016, Suez a remporté en partenariat avec Beijing Woteer Water Technology la construction d’une usine de traitement des eaux à Dacca, au Bangladesh, labellisée "route de la soie ", et obtenu au Sri Lanka celle de la station d’eau potable de Colombo avec un autre partenaire. La stratégie s’étend jusqu’en Afrique. Au Cameroun, le groupe a décroché pour 43 millions d’euros la fourniture, comme simple sous-traitant, de la station de traitement des eaux de Yaoundé, remporté par Sinomach et financé à 85 % sur fonds chinois.

"Les besoins d’accès à l’eau potable et à l’assainissement sont considérables dans la plupart des pays émergents. Il reste beaucoup de pays à équiper ", rappelle Bertrand Camus, qui voit d’un bon œil la hausse des financements chinois. Il n’est pas le seul. En juin, Siemens a ouvert un bureau à Pékin pour suivre les projets d’infrastructures qui l’intéressent dans les pays tiers. "L’initiative chinoise crée des opportunités de marché en Chine et ailleurs", constate lui aussi Hervé Amossé, le directeur de la division transports, télécoms et réseaux électriques de Saft.

Saft a renforcé son site d'assemblage de Zhuai en Chine

 

Pour répondre à ce marché, le fabricant de batteries a entrepris de renforcer son site d’assemblage de Zhuhai, dans le sud-est du pays. Depuis cinq ans, "la demande progresse de façon plus soutenue", assure-t-il, alors que l’Asie pèse 20 % des ventes de Saft, qui équipe aussi l’industrie pétrolière et les compteurs d’eau. Le groupe vend ses batteries au fabricant de trains CRRC pour ses rames des métros de Shanghai, Hongkong et Chengdu. Et il fournit aussi le mastodonte chinois pour ses contrats remportés à l’étranger, notamment pour le métro d’Ankara, en Turquie, et pour celui de Bangkok, en Thaïlande. Ce qui lui permet de s’ouvrir de nouveaux marchés, alors que certains en Chine, comme le TGV, restent fermés aux entreprises étrangères.

D’importants marchés, mais une concurrence féroce

Alstom, lui, n’en attend pas de retombées directes. Mais il est aux premières loges en Asie centrale, pour observer l’avancée des investissements ferroviaires chinois. Depuis que le fabricant français a décroché en 2010 le mégacontrat du renouvellement des locomotives, pour la plupart construites sous l’ère soviétique, du Kazakhstan, il a ouvert deux sites à Astana. Sur les nouvelles routes vers l’Europe, le Kazakhstan a vu passer 250 000 conteneurs dans des convois ferroviaires aux cours des dix premiers mois de l’année, contre 200 000 en 2017 et 100 000 en 2016. "En 2010, le Kazakhstan n’avait pas prévu que le fret ferroviaire de conteneurs exploserait. Cela nous rend plus optimistes sur la réalisation de notre contrat jusqu’à son terme ", estime Bernard Peille, le responsable d’Alstom pour l’Asie centrale, qui a déjà livré 70 des 295 locomotives – plus 126 optionnelles – commandées. En Azerbaïdjan, plus loin sur la route, le fabricant vient de se voir attribuer un contrat de 50 locomotives. Comme toutes les entreprises, le groupe n’est pas dupe. L’appel d’air sur les infrastructures généré par les financements chinois va de pair avec une concurrence devenue "assez féroce ", glisse Bernard Peille. Pas question de nouer des partenariats. Dans ce domaine, les entreprises chinoises y vont seules. Et entendent bien rafler la mise.

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Usine Nouvelle N°3587-3588

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