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Les entreprises françaises inquiètes mais discrètes 

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Le Brexit pourrait pénaliser les exportateurs. Les Français seraient les premiers touchés car le Royaume-Uni représente le plus gros excédent commercial hexagonal.

Les entreprises françaises inquiètes mais discrètes 
Les salariés britanniques de Rolls-Royce ont reçu une note les alertant sur les risques du Brexit.

Les entreprises citées

Que coûterait un divorce britannique au reste de l’Europe ? La question commence à agiter les milieux d’affaires. « Un Brexit serait une situation perdante-perdante pour les industriels britanniques et européens », met en garde l’organisation patronale européenne de la métallurgie (Ceemet). Une victoire du « out » le 23?juin risque de se traduire par un coup de frein sur les investissements et sur l’activité en Grande-Bretagne à court terme et pourrait ouvrir une longue période d’instabilité. Selon les traités, Londres disposerait de deux ans pour organiser sa sortie. La Société générale estime que le Brexit pourrait coûter 0,25 point de PIB à l’économie européenne pendant dix ans, même en cas d’accord de libre-échange.

L’Irlande serait de loin la plus touchée, mais la France pourrait y perdre 0,16 point de PIB. La fin de la contribution britannique au budget européen obligerait Paris à sortir le chéquier. Surtout, le Royaume-Uni est le cinquième et le plus gros client de l’économie hexagonale, et l’un de ses rares excédents commerciaux, avec 10,5?milliards d’euros. En dehors des achats d’hydrocarbures, tous les postes sont excédentaires. Le Royaume-Uni est, en valeur, le premier importateur mondial de vin français. Et les Britanniques dépensent 1,5?milliard d’euros de plus pour des voitures « made in France » qu’ils n’exportent dans l’Hexagone de Jaguar, de Mini Cooper ou de Nissan.

Un Brexit risque donc de pénaliser les exportateurs. A contrario, Paris peut espérer tirer parti de la sortie de Londres du marché unique en attirant certains sièges sociaux ou centres de recherche. Les gains sont hypothétiques et probablement limités. La banque HSBC a annoncé qu’elle pourrait délocaliser 1 000 de ses cadres à Paris, sans pour autant transférer son siège mondial qui resterait à Londres.
 

« Don’t leave »

L’industrie allemande a été la première à monter au créneau. « Don’t leave » (« ne partez pas »), appelle le German industry UK depuis l’été 2015. Pas étonnant alors que l’excédent commercial allemand avec le Royaume-Uni dépasse les 40?milliards d’euros pour les seuls biens manufacturés. Siemens et BASF ont rejoint les 200 signataires de la tribune contre le Brexit, tandis que BMW a fait circuler parmi les employés de Rolls-Royce, sa filiale, une note sur les risques d’une sortie de l’Europe pour les sites britanniques. Au risque de donner du grain à moudre aux eurosceptiques déjà remontés contre une Europe qu’ils jugent trop allemande. Les entreprises américaines, Goldman Sachs, IBM et Ford en tête, ne sont pas en reste.
 

Mise en garde des Français

Dans un pays où le french bashing est un sport très disputé, les industriels français préfèrent pour l’instant jouer profil bas. La chambre de commerce française en Grande-Bretagne a lancé début mars une consultation de ses membres pour prendre ou non position dans le débat. Des grands groupes sont cependant sortis de leur réserve. « Notre préférence, en tant qu’entreprise, est bien sûr que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne », a rappelé Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan, qui emploie 8 000 salariés dans l’usine Nissan de Sunderland. « Nos décisions d’investissements dépendent de la compétitivité », assure le constructeur automobile. Airbus est plus direct. « Si la Grande-Bretagne décidait de quitter l’Union européenne, personne ne pourrait en prévoir les conséquences », a prévenu Tom ­Enders, le PDG d’Airbus Group. Pour lever les derniers doutes, Paul Kahn, le président d’Airbus Group UK, assure que, « en cas de Brexit, il y aurait une incidence sur nos opérations ». 

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