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Les entreprises européennes totalement privées d’Iran

Solène Davesne , , ,

Publié le

Les Etats-Unis appliquent depuis le 5 novembre leur dernière salve de sanctions contre l’Iran décidées après leur retrait de l’accord nucléaire. Les tentatives européennes pour maintenir leurs flux commerciaux ne sont pas encore opérationnelles.

Les entreprises européennes totalement privées d’Iran © PSA

Les portes du marché iranien se referment pour les entreprises européennes. Depuis le 5 novembre, les Etats-Unis ont mis en application la dernière salve de sanctions contre l’Iran annoncées en mai, après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire. Celles-ci ciblent principalement le secteur énergétique et financier. De facto, l’embargo va peser sur les importations de pétrole brut iranien, même si des dérogations temporaires ont été accordées in extremis à huit pays, dont la Turquie par l’administration américaine.

Autre mesure : les banques effectuant des transactions avec Téhéran se retrouvent de facto exclues de tout accès au système financier américain. L’administration américaine a aussi réaffirmé sa volonté d’interdire le raccordement des banques iraniennes à Swift, le système de communications entre banques par lequel transitent toutes les opérations bancaires, comme cela était le cas jusqu’en 2015.

Automobile et aéronautique déjà interdits depuis août

Une première salve de sanctions avait déjà été rétablie le 7 août. Elle visait les entreprises du secteur automobile et aéronautique, priées de suspendre leurs livraisons ou de se retirer du pays si elles souhaitaient poursuivre leurs activités aux Etats-Unis. Airbus a renoncé à sa méga commande de 100 appareils. PSA, qui avait noué des partenariats locaux pour relancer ses ventes sur ce marché de 80 millions d’habitants, a dû annoncer son retrait. Renault a réduit la voilure drastiquement, tandis que Total, qui était la première major occidentale à réaliser son retour en Iran, a cédé en août ses parts dans le gisement gazier de South Pars.

Théoriquement, les entreprises de la pharmacie ou de l’agroalimentaire notamment peuvent poursuivre leurs activités. Mais les sanctions sur les transactions financières rendent quasi impossible de se faire payer par leurs clients iraniens et de rapatrier les fonds. Résultat : alors que les entreprises européennes s’étaient précipitées à Téhéran depuis 2015, la grande majorité d’entre elles ont suspendu leurs activités dans la zone.

Pas de réponse européenne

Malgré sa volonté affichée d’instaurer un circuit financier parallèle pour poursuivre ses échanges avec l’Iran, l’Union européenne n’a pas réussi à mettre sur pied à temps son véhicule spécial pour contourner les sanctions américaines. Celui-ci devait permettre d’instaurer un système de troc entre livraisons de pétrole et gaz iraniens et biens manufacturiers européens. Dans une déclaration commune, les ministres allemands, français et britanniques de l’Economie ont rappelé le 4 novembre qu’ils continuaient à "travailler, notamment, à préserver et maintenir des circuits financiers opérationnels avec l’Iran " et à "protéger les acteurs économiques européens". "Ces efforts se sont intensifiés au cours des dernières semaines", reconnaissent-ils, mais "des travaux complémentaires doivent encore être réalisés pour aider et rassurer les acteurs économiques qui entretiennent des relations commerciales légitimes en conformité avec le droit européen". Trop tard pour la plupart des entreprises .
 

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