L'Usine Maroc

"Les dettes publiques et extérieures du Maroc sont soutenables", selon Nourreddine Lafhel de Standard & Poor's

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Standard & Poor's vient de confirmer le 9 octobre dernier la note BBB-, c'est à dire en catégorie investissement au Maroc et avec perspective stable. Interview express de Nourreddine Lafhel, analyste crédit chargé de la notation souveraine pour la région Afrique à l'agence de notation américaine Standard & Poor's.

Les dettes publiques et extérieures du Maroc sont soutenables, selon Nourreddine Lafhel de Standard & Poor's
Nourreddine Lafhel, analyste crédit chargé de la notation souveraine pour la région Afrique à l'agence de notation américaine Standard & Poor's.
© s&p

 

 

L'Usine Nouvelle : comment justifier les notations de Standard & Poor's à l'égard du Maroc ?

Noureddine Lafhel : la perspective stable que nous accordons au Maroc est très honorable en soi pour un pays africain. Cette note de crédit, en catégorie dite d’investissement (« investment grade rating »), je pense  ne changera pas dans les deux ans à venir.

Elle est en cohérence avec les résultats obtenus par le Maroc en termes de croissance que nous attendons à 4,6% en 2015 et qui pourrait atteindre 5% en 2018. C'est un raffermissement remarquable d'autant plus que je vous rappelle qu'en 2014, la croissance marocaine n'a été que de 2,6%.

 

Comment caractérisez vous l'économie marocaine ?

Elle a des points positifs et d'autres qui le sont un peu moins. Parmi les points à améliorer figure la dépendance du Maroc vis-à-vis de la performance de son agriculture. Quand la production agricole  est moyenne, le taux de croissance se situe autour de 3% alors qu'il peut être supérieur à 4% en cas de récolte exceptionnelle. Ce qui donne une évolution de la croissance économique en dents de scie à l'image de l'intermittence climatique.

Autre point négatif, le dynamisme de l'économie marocaine dépend de la demande de l'Europe.

 

Et parmi les points positifs ?

En tant qu'agence de notation, nous sommes sensibles au risque que comporte le pays en matière d'investissement. Et le Maroc, de ce côté est un pays relativement stable politiquement avec un gouvernement de coalition dirigé par un parti islamique modéré [PJD d'Abdelilah Benkirane NDR].

Dans les prochaines années, le Maroc pourrait renouer avec la croissance qu'il a connue avant le Printemps arabe qui a engendré notamment des dérapages au niveau de la fiscalité. Nous estimons que le déficit fiscal (différence négative entre les revenus et les charges publiques NDLR) qui est actuellement de 4,3% du PIB va s'alléger progressivement pour arriver à 3% en 2017 et probablement moins en 2018. Il faut pour cela que le Maroc persévère dans les réformes qu'il mène.

Notez également, sur un autre plan, la diversification des exportations où le secteur des exportations automobiles a dépassé le traditionnel secteur des phosphates. Tout un symbole.

 

Comment jugez-vous la soutenabilité de la dette extérieure marocaine alors que la balance commerciale reste dans le rouge ?

Le déficit du compte courant devrait continuer à se réduire pour atteindre 2% du PIB environ en 2018, selon nos projections. La couverture des réserves en devises s’est améliorée pour atteindre un peu plus que cinq mois de paiements courants. La dette publique et la dette extérieure du Maroc sont à notre avis soutenables.

 

Enfin, quel jugement portez-vous sur vous le projet de loi de finances 2016 qui vient d’être présenté et est en cours de discussion au parlement?

A notre avis, c'est un budget sans surprise qui devrait se situer dans la continuité. Nous aurons plus de détails lorsqu'il sera définitivement adopté.

Propos recueillis par Nasser Djama

 

 

 

Le 23 octobre, Fitch Ratings a également confirmé la note “BBB-” du Maroc pour ses émissions de long terme en devises étrangères et “BBB” pour ses émissions de longue maturité en monnaie locale, avec perspectives stables.  Et donc en catégorie « d’investissement ». Fitch prévoit une croissance de 4,6% en 2015, soit 0,3 point de plus que ses prévisions d'avril du fait d'une bonne récolte agricole notamment.

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1 commentaire

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03/11/2015 - 22h09 -

bojour

je me demande pourquoi nous avons des economistes qui ne prensentent pas des models economique reels qui peut donner des taux de croissance à deux chiffre comme les models asiatiques.

merci
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