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Les deep tech montrent leurs muscles à Hello Tomorrow

Manuel Moragues ,

Publié le

Analyse La cinquième édition du sommet Hello Tomorrow, qui se tient à Paris les 14 et 15 mars, témoigne de l’essor des deep tech. Ces start-up développant des technologies issues des laboratoires de recherche deviennent des partenaires incontournables des grands groupes.

Les deep tech montrent leurs muscles à Hello Tomorrow
Avec ses métasurfaces permettant d'orienter les micro-ondes, Greenerwave fait partie des 80 finalistes du cinquième concours mondial d'Hello Tomorrow.
© Greenerwave

C’est un nombre record de 4500 start-up provenant de 119 pays et se revendiquant deep tech qui ont concouru à la cinquième édition du Global challenge d’Hello Tomorrow. 500 d’entre elles, issues d’une sélection intermédiaire, ont fait le déplacement à Paris les 14 et 15 mars à l’occasion du Hello Tomorrow Global Summit, qui s’impose en carrefour incontournable d’un mouvement mondial.

Pour rappel, les deep tech, ce sont "ces start-ups qui misent sur des technologies émergentes ayant encore besoin d’une R&D significative avant d’arriver sur le marché", résume Arnaud de la Tour, cofondateur et codirigeant de Hello Tomorrow.

Plus de 8500 start-up deep tech

Elles se sont multipliées ces dernières années. Une étude conjointe du BCG et de Hello Tomorrow publiée lors du sommet en recense plus de 8 500 dans le monde et chiffre à plus de 20% la croissance annuelle moyenne entre 2015 et 2018 des investissements privés qu’elles ont capté+.

Outre l’inflation du capital-risque, deux tendances de fond poussent les deep tech. D’une part, "la vague d’innovation digitale liée aux smartphones se tarit et l’innovation reprend sa source dans la technologie", analysait récemment Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance, qui a lancé fin janvier un ambitieux plan de soutien aux deep tech.

Barrières à l’entrée de la recherche abaissées

"Les start-up qui ont fleuri depuis 5 à 7 ans étaient surtout concentrés sur l’expérience client et les usages digitaux alors que les deep tech repensent en profondeur les façons de produire et de consommer, renchérit Philippe Soussan, directeur associé du BCG et coauteur de l’étude. Elles s’attaquent ainsi à des problématiques fondamentales comme la pollution, les smart city, l’agriculture..."

D’autre part, les barrières à l’entrée de la recherche de pointe se sont largement abaissées. La montée en puissance de l’open source et de l’open data met algorithmes, données et même, parfois, brevets à disposition de tous. Le cloud offre la puissance informatique à l’usage, les coûts des matériels, en particulier électroniques, ont chuté et l’impression 3D a révolutionné le prototypage.

"Déport de la R&D technologique vers les start-up"

Résultat, le monde de la R&D est en train de changer en profondeur. "Alors que les start-up étaient en quelque sorte cantonnées, hormis les biotechs, au numérique et que la R&D technologique restait l’apanage des grands groupes, on voit désormais des start-up se créer sur des technologies touchant aussi bien les matériaux que les robots, la photonique ou l’ordinateur quantique", pointe Philippe Soussan. Et de poursuivre : "Il y a en quelque sorte un déport de la R&D technologique vers les start-up. Les grands groupes, qui en sont conscients, doivent s’ouvrir à ces nouveaux acteurs."

Parallèlement, "les start-up deep tech ont besoin des grands groupes. Contrairement aux Uber et autres Arbnb, elles ne vont pas disrupter les grands groupes, qui restent incontournables car les deep tech sont souvent démunies face aux problématiques d’industrialisation et d’accès aux marchés B2B", relève Christophe Tallec, associé et co-directeur d’Hello Tomorrow.

Collaboration impérative avec les grands groupes

Voilà donc relancé avec les deep tech l’impératif de la collaboration entre grands groupes et start-up. Or ces mariages de la carpe et du lapin qu’a déjà imposé la révolution digitale ont été souvent décevants, avec pour seuls fruits une multitude de POC (proof of concept, ou démonstrateur) n’apportant pas grand-chose aux groupes tout en épuisant les start-up.

Avec les deep tech, leur temps long de développement technologique et leur besoin de financement élevé, des initiatives mal pensées n’auront aucune chance. Alignement avec la stratégie de l’entreprise, choix des types de partenariats et de financement, modes de transfert de technologies, implication des équipes métiers… Autant de questions-clés que doivent se poser les grands groupes pour être deep tech ready.

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