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Les conséquences du contrat Rafale : emplois, exportations d'équipements, loi de programmation militaire...

Le 4 mai, Dassault Aviation et le Qatar vont signer à Doha un contrat pour la fourniture de 24 appareils. Les livraisons vont démarrer mi-2018 au rythme d’un Rafale par mois. Ce contrat va imposer de doubler au moins les cadences de production de l’avion tricolore et positionner la France comme l’un des tout premier exportateurs d’armes au niveau mondial, derrière les Etats-Unis.

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Les conséquences du contrat Rafale : emplois, exportations d'équipements, loi de programmation militaire...

Le 21 avril dernier, Jean-Yves Le Drian rencontrait à Doha, en secret, les dirigeants qatariens. Le déplacement ne figurait pas à l’agenda du ministre de la Défense. Et pour cause : les deux parties souhaitaient un maximum de discrétion pour conclure leurs négociations pour l’achat de 24 Rafale. Au total, depuis sa première visite à Doha en février 2013, il aura fallu au ministre une dizaine de déplacements pour décrocher ce troisième contrat après l’Egypte (24 appareils) et l’Inde (36 appareils). C’est beaucoup plus de temps que pour le contrat égyptien signé en quelques semaines.

"Cela faisait environ trente ans que le Qatar n’avait pas signé un contrat aussi significatif dans le domaine de la défense (douze Mirage 5 de Dassault Aviation à l'époque, ndlr). Il ne disposait donc pas de toutes les habitudes nécessaires à la signature rapide d’un tel contrat", explique-t-on dans l’entourage des négociateurs français. Jean-Yves Le Drian n’a négligé aucun renfort dans cette opération : en janvier dernier, il s’était entouré du délégué général à l’armement, Laurent Collet-Billon, et du chef d’état-major de l’armée de l’air Denis Mercier pour finir de convaincre ses homologues qataris.

La France a donc officialisé ce jeudi 30 avril la signature, qui devrait se dérouler le 4 mai prochain à Doha, entre Dassault Aviation et le Qatar, d’un contrat pour l’achat de 24 Rafale dont six versions biplaces, et seize monoplaces. Le montant est de l’ordre de 6,3 milliards d’euros, armement compris. L’avion tricolore sera vendu avec sa panoplie complète de missiles fabriqués par Safran et MBDA : Scalp (missile de croisière), 2ASM (missile de précision pour les attaques au sol), Mica (défense aérienne)... L’armée française formera également sur sa base de Mont-de Marsan (Landes) quelque 36 pilotes et plus d’une centaine de mécaniciens.

Les conséquences d’un tel contrat sont multiples aussi bien pour l’avionneur et sa supply chain que pour le ministère français de la Défense.

Sûrement plus de 2000 créations d’emplois

A partir de mi-2018, le contrat prévoit de livrer un Rafale par mois aux forces armées qatariennes. C’est la cadence à laquelle la France reçoit ses appareils actuellement. Il faudra aussi compter sur cette cadence à partir de 2017 pour les 24 engins pour l'Egypte. Les négociations pour les 36 appareils indiens sont encore en cours. Sur cette base, et même avec le prélèvement directement sur chaine de 40 appareils destinés à l’armée française au profit des clients export sur la période 2016-2019, il faudra au minimum doubler les cadences de production de la ligne d’assemblage de Mérignac (Gironde) de Dassault Aviation. Les 500 sous-traitants du Rafale totalisant environ 7000 emplois devront suivre et donc embaucher. Ainsi Thales a déjà testé sa supply-chain à une cadence de 2,5 appareils par mois. Avant l’annonce du contrat qatarien, L’Usine Nouvelle avait estimé le potentiel de création d’emplois à 2000 postes. Ce chiffre est désormais sans doute en deçà de la réalité.

La France devant la Russie en terme d’exportations ?

Le contrat qatari s’ajoute à beaucoup d’autres : ventes de frégates et de Rafale à l’Egypte, négociations bien engagées avec l’Inde pour 36 Rafale, ventes d’hélicoptères prévues à la Pologne d’ici la fin de l’année... La cuvée 2015 pour les exportations d’équipements militaires promet d’être exceptionnelle. Au ministère de la Défense, on estime qu’elle pourrait atteindre un total de 12 à 15 milliards d’euros. "Pour la première fois les exportations pourraient dépasser le montant des commandes pour notre armée", explique-t-on à l’Hôtel de Brienne. C’est encore loin des Etats-Unis (entre 60 et 80 milliards de dollars par an). Toutefois, au ministère de la Défense, on caresse l’espoir de passer devant la Russie !

Il n’y pas que l’ego des industriels qui en sera gonflé. Les conséquences économiques sont directes. En 2013, des ventes militaires à l’exportation de 6,8 milliards d’euros avaient permis de conforter l’équivalent de 40 000 emplois et de contribuer pour 8% à la balance commerciale du pays.

Au tour de Nexter, DCNS, et d’Airbus Helicopters ?

Le secret espoir des industriels français de l’armement est que ce contrat fasse des petits. A l’occasion d’une visite à Doha de Jean Yves Le Drian en février 2013, la France et le Qatar avait organisé des exercices militaires conjoints auxquels une centaine de militaires français avaient participé. Nexter avait pu ainsi faire la démonstration de ses véhicules blindés (VBCI). Par ailleurs, le Qatar a confirmé récemment son intérêt pour les hélicoptères militaires du groupe Airbus. Le fabricant de navire DCNS ne serait pas en reste. "Ils ont également des projets dans le domaine naval qui progressent bien", assure-t-on du côté français.

La loi de programmation militaire (LPM) respectée

Dans un cadre tendu pour le budget de la Défense, le contrat qatari permet à Jean-Yves Le Drian de respecter le cadre fixé par la Loi de programmation militaire (LPM) votée en 2013, qui prévoyait la vente de 40 exemplaires du Rafale afin de pouvoire diminuer les commandes de l’Etat. Techniquement et même s’il est bien engagé, le contrat indien n’est pas concrêtement signé. Mais les contrats égyptien et qatari (48 Rafale au total) permettent déjà de remplir cet objectif.

Hassan Meddah

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