Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Les cibles des activistes, près des yeux, loin du coeur

Publié le

Les cibles des activistes, près des yeux, loin du coeur
 Anne-Sophie Bellaiche

Les ONG surveillent les entreprises. Avec l’objectif légitimed’identifier et dénoncer les mauvaises pratiques qui mettent en danger l’environnement, la santé des salariés ou celle des citoyens. C’est relativement efficace, car nombre d’études académiques ont démontré l’impact de ces actions pour faire évoluer la réglementation et le comportement des multinationales. Mais peu d’études existaient sur le choix des cibles des campagnes et la relation entre la nationalité de l’ONG, celles des entreprises et les terrains visés. En résumé : sur la géographie de l’activisme. Sophie Hatte et Pamina Koenig, affiliées à la Paris School of economics, se sont penchées sur ce sujet. La question de fond de l’étude est de savoir si les campagnes visent les entreprises ayant les pratiques les plus condamnables, raison d’être des ONG, ou si d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Le résultat montre d’abord qu’il existe un fort biais en fonction de la visibilité des entreprises auprès des consommateurs : la part des campagnes ciblant chaque secteur est proportionnelle à la part de marché des marques mondiales dudit secteur. L’étude illustre aussi que la géographie est un facteur important du choix des cibles. Une ONG mène ainsi plus de campagnes sur les sociétés de même nationalité qu’elle ou issues d’un pays présentant une proximité géographique. Ainsi, une augmentation de la distance du pays d’origine de l’ONG de 10 % fait baisser le nombre de campagnes de 2 %. Cela ne signifie pas que l’ONG délaisse les terrains très éloignés et les firmes inconnues dans son pays, mais les chercheuses notent un biais de voisinage : « Alors même que les activistes supervisent des modèles de production et de consommation très internationalisés, ils ont tendance à choisir des causes pour leurs campagnes qui partagent des éléments de proximité avec leur audience. » L’explication avancée est que les ONG poursuivent un autre but que celui de faire cesser les pratiques les plus néfastes. Elles doivent capter l’attention du public pour maximiser les retombées en termes de dons et de visibilité. Dans les médias, on appelle cela la « loi du mort-kilomètre ». Un mort dans la commune suscite plus d’émoi qu’une dizaine à l’autre bout du monde. 

Réagir à cet article

Usine Nouvelle N°3524-3525

Vous lisez un article de l’usine nouvelle N°3524-3525

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2017 de L’Usine Nouvelle

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle