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Les chiffres d'Attac sur le CAC 40 sont un "trompe-l'oeil" pour le vice-président du Medef

Simon Chodorge , ,

Publié le

Entretien Samedi 19 janvier, l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac) a publié un nouveau rapport intitulé “Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète !”. Publié avant le sommet Choose France et du Forum économique mondial de Davos, le document pointe les inégalités et l’enrichissement des groupes du CAC 40. Interrogé par L’Usine Nouvelle, Fabrice Le Saché, porte-parole et vice-président du Medef, remet en perspective les conclusions de l’association altermondialiste.

Les chiffres d'Attac sur le CAC 40 sont un trompe-l'oeil pour le vice-président du Medef
Fabrice Le Saché, porte-parole et vice-président du Medef remet en perspective les conclusions du nouveau rapport d'Attac.
© Fabrice Le Saché / Twitter

L'Usine Nouvelle - Dans son nouveau rapport, Attac dénonce une baisse des effectifs des entreprises du CAC 40 de 20 % en France entre 2010 et 2017. Sur la même période, leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3% et les dividendes versés aux actionnaires ont progressé de 44%. Comment expliquer ce décalage ?

Fabrice Le Saché - Si nous ne prenons pas de recul, ces chiffres constituent un trompe-l’oeil. La part des dividendes dans la valeur ajoutée des entreprises du CAC 40 est proche de sa moyenne depuis 70 ans. Et elle est bien en-dessous des niveaux des années 2000. Nous revenons actuellement au niveau d’avant-crise de 2007-2008. Comme les dividendes ont chuté du fait de la crise, il est normal qu’ils remontent étant donné que la situation économique se rétablit. Nous avons l’impression que les dividendes explosent alors qu’ils reviennent au niveau d’il y a 10 ans.

Dans la valeur ajoutée générée par les entreprises, un peu plus de 1100 milliards d’euros par an, les intérêts et dividendes ne représentent que 2,7%. 22%, c’est de l’auto-financement. Les impôts et taxes représentent un peu plus de 8% Le reste, près de 66%, ce sont les salaires, les primes et l’intéressement.

Ces rapports se gardent bien aussi d’expliquer que les entreprises les plus importantes en France sont celles qui sont les plus internationalisées et que leur base de revenu est quasiment générée à 75% ou 80% dans des pays tiers. Ils ne font que parler du CAC 40 alors qu’il y a des millions d’entreprises en France et qu’une PME sur six distribue des dividendes.

Attac pointe aussi du doigt les salaires des dirigeants des groupes du CAC 40 : ils auraient augmenté de 32% entre 2010 et 2017 contre 22 % pour les salaires moyens. Comment l’expliquer ?

Les salaires des patrons du CAC 40 sont moins élevés en France que ceux de leurs homologues italiens, allemands, hollandais, belges, luxembourgeois, espagnols, anglais… États-Unis, je n’en parle même pas. Il n’y a que dans les pays nordiques où les montants sont moins élevés.

Encore une fois, ils ne parlent pas de l’ensemble des chefs d’entreprise. La rémunération moyenne d’un patron de TPE-PME est 4500 euros net par mois. Le salaire moyen d’un dirigeant d’entreprise de 250 salariés est de 10 000 euros nets par mois. Nous sommes très loin de sommes extravagantes.

Nous sommes un pays redistributif : 10% de la population génère 70% de l’impôt sur le revenu. Le rapport entre les 20% de salaires les plus élevés et les 20% de salaires les plus faibles est de 1 à 4 après redistribution et de 1 à 27 avant redistribution.

Au même moment, Oxfam a publié un communiqué pour dénoncer le renforcement des inégalités : 26 milliardaires possèdent autant d’argent que les 3,8 milliards de personnes les plus pauvres à travers le monde. Quel constat faites-vous sur les inégalités en France ?

Les inégalités tendent à diminuer en France. C’est lié au caractère redistributif de notre système fiscal. Le niveau des prélèvements obligatoires en France est le plus élevé des pays européens et de l’OCDE. Et notre dépense publique est la première au monde. La question n’est pas de savoir comment nous pouvons dépenser plus : nous sommes déjà au plus haut niveau. La vraie question serait plutôt de savoir comment nous pouvons faire pour rationaliser et mieux dépenser. Nous ne pouvons pas avoir cette situation ubuesque où nous avons d’un côté des dépenses sociales et publiques aussi élevées et de l’autre côté des citoyens qui se plaignent de certains services publics.

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