Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

"Les chercheurs français risquent de devenir des spectateurs de la recherche mondiale", tance le patron du CNRS

Publié le

C’est la question de fond posée par Alain Fuchs, président du CNRS, à l’occasion de la présentation d’un livre blanc pour les sciences du vivant au 21ème siècle. Mais l’inquiétude ne se limite pas aux sciences du vivant – en pleine révolution. Car pour le patron du CNRS, c’est la recherche publique française, faute de moyens suffisants, qui risque de décrocher.

Les chercheurs français risquent de devenir des spectateurs de la recherche mondiale, tance le patron du CNRS
Alain Fuchs president du CNRS
© LUC PERENOM

A priori, l’exercice – la présentation d’un livre blanc sur les sciences de la vie destiné au grand public- ne se prêtait pas aux déclarations solennelles. Mais Alain Fuchs, président du CNRS, a saisi l’occasion pour manifester haut et fort son inquiétude : "Le vrai sujet, aujourd’hui, est de savoir si l’on va conserver un outil de recherche de qualité, ou bien si l’on va décrocher. Les chercheurs français vont-il devenir de simples spectateurs de la recherche mondiale ?", affirme-t-il d’emblée.

Autrement dit, ce livre blanc, qui montrera (sa parution est annoncée pour janvier 2017) la dynamique exceptionnelle des sciences du vivant depuis le tournant du siècle, et illustrera du même coup l’excellent niveau des laboratoires français, peut aussi sonner comme un signal d’alarme.

Dans tous ces domaines en pleine ébullition, si on ne s’en donne pas les moyens, les chercheurs français risquent de regarder passer les trains d'une recherche mondiale globalisée – sous forme notamment de coopérations internationales- qui ne passera plus par eux. Et le patron du CNRS de rappeler qu’en dix ans, le budget français de la recherche s’est plus ou moins maintenu… pendant que celui de l’état fédéral allemand progressait de 75% !

Signal d'alarme

Pourtant, les compétences existent et sont encore (pour combien de temps ?) reconnues. Comme en témoigne l'anecdote racontée par Yves Lévy, PDG de l'Inserm, organisme co-auteur avec le CNRS du livre blanc. "Mais comment est-ce que vous y arrivez ?". Cette question lui était posée récemment par des chercheurs américains.  Sous-entendu : comment faites-vous pour sortir des résultats au niveau mondial avec cette organisation et ces moyens ? Une remarque  admirative, somme toute… Mais inquiétante, tout de même : " On salue notre rapport qualité-prix… ", remarque  Catherine Jessus, directrice de l’Institut des sciences biologiques du CNRS et qui a piloté la réalisation du livre blanc, en impliquant plus d’une centaine de chercheurs dans sa rédaction.

Le CNRS et l’Inserm, en coopération avec le CEA et l’Inra, ont donc mobilisé leurs équipes pour  présenter les grands défis d’une science de la vie en pleine révolution en cinq chapitres pédagogiques: Qu’est-ce que le vivant ? L’histoire du vivant. La complexité du vivant. L’être vivant dans son environnement. La biologie source d’émerveillement pour la société.
A partir de cette mise à plat de l’état de l’art et des défis d’une science, serait-il possible de définir ce que serait un grand projet pour la France dans les sciences de la vie ? Eh bien, non, répond Yves Levy, "faute d’avoir une visibilité à long terme [sur les moyens mis en œuvre], qui dépend d’une volonté politique."

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle