Les Chambres d'agriculture cherchent des moyens pour booster les exploitations

Rendre les exploitations agricoles plus performantes, plus résilientes et plus respectueuses de l’environnement ? Chiche, répondent les Chambres d’agriculture, qui en appellent à l’Etat et aux régions pour débloquer des fonds.

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Les Chambres d'agriculture cherchent des moyens pour booster les exploitations

Une semaine avant la conclusion des Etats généraux de l’alimentation, les Chambres d’agriculture passent à l'offensive. Après avoir énuméré diverses propositions sur le devenir de l’agriculture à l’occasion des dernières élections, elles rejouent la carte du livre blanc en s’intéressant à la performance des exploitations agricoles. Parmi les thèmes à débattre : créer un fonds d’investissement dédié à l’innovation et à la transition, disposer de mesures d’accompagnement des nouveaux modèles agricoles et faire travailler de concert les différents organismes agricoles en matière d’innovation.

"L’enjeu du revenu des agriculteurs est au cœur de ce livre blanc. Il faut être capable, en même temps, de répondre aux enjeux économiques et environnementaux. Pousser des enjeux environnementaux sans y mettre un enjeu économique, ce n’est pas viable. Il faut reprendre le schéma actuel à l’envers en poussant les agriculteurs à aller vers un projet d’exploitation, au lieu de vouloir emmener l’agriculture vers un modèle donné", explique Sébastien Windsor, président de la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime et président de l’atelier 13 des Etats généraux de l’alimentation (Renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation).

Des moyens financiers à trouver

Pour accompagner les agriculteurs en matière d’investissements matériels et immatériels (outils d’aide à la décision, recours à de nouvelles compétences…), les Chambres d’agriculture proposent donc un fonds d’investissement doté par l'Etat de 500 millions d’euros puis cofinancé par les régions. L’objectif est de pousser les exploitants à innover. Comme l’idée de déployer des mesures d’aide à la conversion "à d’autres systèmes de transition" que le bio, à l’instar de l’adaptation au changement climatique, par exemple.

Les projets "multiperformants" (agroécologie, agroforesterie, réduction d’intrants…) seraient pour leur part dotés d’aides financières à des fins de benchmark et de mise en œuvre des bonnes idées. "Les aides du ministère de l’Agriculture sont là pour compenser les surcoûts liés aux changements environnementaux. Il faut aussi pouvoir soutenir la prise de risque de l’exploitant. Je suis producteur de betteraves, j’ai acheté une bineuse pour biner davantage. Mon nouveau matériel m’a coûté 37 000 euros. L’aide à l’investissement était nécessaire. J’ai réussi sur deux de mes trois parcelles, et j’ai perdu 30% de mon rendement sur ma troisième parcelle", témoigne Sébastien Windsor.

Enfin, les Chambres d’agriculture appellent l’Inra et les instituts techniques à les rejoindre pour créer une "cellule nationale de l’innovation" qui permettrait de définir des objectifs communs. Quatre millions d’euros seraient nécessaires au projet. "Nous avons diffusé une première version du livre blanc dans le réseau des Chambres d’agriculture. Ensuite, nous l’avons présenté aux différentes organisations agricoles. Pour nous, cela induit des changements dans le conseil apporté aux agriculteurs. Nous avons présenté notre idée de fonds aux Etats généraux, et la balle est dans le camp de l’Etat avant de passer aux régions", souligne Sébastien Windsor. Pour l’heure, les acteurs du secteur restent suspendus à la conclusion des Etats généraux de l’alimentation, prévue le 21 décembre, ainsi qu’aux arbitrages sur le cadre financier de la Politique agricole commune, qui seront débattus en mai, avec pour inconnue l’impact final du Brexit.

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