Les acquisitions des fonds d'investissement grimpent à des prix records

Les firmes de capital investissement ont connu une activité encore très soutenue en 2015, avec des cessions d’entreprise à un niveau record. La concurrence sur le rachat des pépites de l’économie mondiale ont poussé les valorisations à des niveaux très élevés. Mais les perspectives incertaines de la croissance mondiale risquent de bouleverser le secteur.

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Les acquisitions des fonds d'investissement grimpent à des prix records
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Le capital investissement mondial continue de s’emballer. Selon l’étude réalisée par Bain & Company, l’activité des fonds d’investissement a encore été très dynamique en 2015, soutenue notamment par les Etats-Unis. Alors même que l’économie mondiale montrait des signes d’essoufflement…

Les firmes de private equity ont levé 175 milliards de dollars auprès des investisseurs institutionnels dans le monde, en léger retrait de 11 %. Un retrait non significatif selon Bain. Et pour cause : si les fonds ont investi en tout 282 milliards de dollars dans l’économie en 2015, ils conservent en réserve 460 milliards de dollars encore à investir. Un niveau presque inégalé.

Les ventes de sociétés ont été aussi particulièrement actives en 2015. Les fonds d’investissement ont encaissé 422 milliards de dollars suite à la cession de leurs participations, dont 233 milliards de dollars aux Etats-Unis et 143 milliards de dollars en Europe. Un niveau en légère baisse de 9,5 % par rapport à 2014, mais toujours largement supérieur aux années précédentes qui tournaient autour de 250 milliards de dollars au global.

Des valorisations Elevees

"Sur les sorties de fonds, beaucoup d’opérations avaient été conclues dans les années 2006-2007, avant la crise, dans des conditions de prix assez chères, constate Daphné Vattier, associée du pôle "private equity", chez Bain & Company. De vieilles opérations latentes ont pu sortir sur le marché."

Les bonnes conditions de marché ont en effet fait grimper la valorisation des sociétés. Le coût de la dette demeure très accessible et pousse aussi bien les fonds que les entreprises à faire des emplettes. "Les entreprises sont en phase d’acquisition, la dette n’est pas chère et elles sont très compétitives", souligne Jérôme Brunet, associé du pôle "private equity" de Bain & Company.

Poussés par cette concurrence exacerbée, les prix d’acquisitions ont dépassé les niveaux historiques. Aux Etats-Unis, les transactions en LBO ont atteint une moyenne de 10,1 fois l’Ebitda des sociétés, contre 9,7 fois en 2007, le précédent record. Même tendance en Europe, avec des multiples de 9,9 fois l’Ebitda, contre 9,7 fois en 2007.

Risque sur la croissance

Les fonds d’investissement se retrouvent donc aujourd’hui avec des sommes importantes à investir, des sociétés cibles avec des prix élevés et… des perspectives de croissance de l’économie incertaines. "Le premier risque, c’est la préoccupation sur la croissance américaine, estime Jean-Marc Le Roux, responsable du pôle "private equity" de Bain & Company. En cas de récession, les fonds auront du mal à retourner le cash aux investisseurs institutionnels."

L’autre risque interviendra quand le stock de sociétés à vendre, entrées dans les portefeuilles avant la crise, sera épuisé. Le nombre de cessions risque alors de baisser, engendrant moins de retours financiers pour les investisseurs qui réinvestiront sans doute moins d’argent dans l’économie.

Le revers ne devrait pas arriver trop vite. "L’année 2016 devrait rester à un bon niveau, estime Jérôme Brunet. Le début de l’année est en ligne avec 2015."
Arnaud Dumas

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