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L'Usine Aéro

Les 5 raisons qui expliquent pourquoi le Rafale se vend enfin

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Publié le , mis à jour le 03/05/2015 À 08H40

La passe de trois ! Dassault a réussi à convaincre trois pays de lui acheter son avion de combat, le Rafale. Une percée innatendue voire inespérée qui ne doit rien au hasard.

Au football, on appelle cela le "hat-trick"  ou le coup du chapeau en bon français. Marquer trois buts coup sur coup dans un même match, c'est suffisamment rare dans la carrière d'un footballeur pour être souligné et célébré dignement. Toute proportion gardée, cette prouesse technique vient d'être réalisée par l'avion de chasse de Dassault Aviation. Le Rafale, produit depuis 2001 et jamais vendu à l'export, a réussi à séduire trois clients en l'espace de deux mois. L'Egypte puis l'Inde et enfin le Qatar, ce jeudi 30 avril, ont signé pour acquérir 80 exemplaires de cet aéronef.

La question que tout le monde se pose désormais, c'est : "pourquoi ?". Pourquoi l'avion de chasse made in France réussit aujourd'hui à séduire autant de clients après des années de disette ? Qu'est-ce qui fait que ce produit est devenu désirable aux yeux de nombreux prospects alors que le Rafale s'était plutôt illustré jusque-là comme le grande perdant des appels d'offres des avions de combat ? Plusieurs raisons explique ce revirement.

1. Des pays en ont (vraiment) besoin. Les trois pays, qui ont acquis l'avion de Dassault, doivent faire face à des menaces proches et avérées. L'Egypte doit composer avec son voisin lybien contrôlé en partie par Daesh. La situtation en Inde reste à couteau tiré avec le Pakistan. Et le Qatar a besoin de ces avions si l'émirat veut s'imposer comme une puissance qui compte dans le Golfe. Comme le souligne Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères dans l'entretien accordé à L'Usine Nouvelle, "n'achètent cet avion que les pays qui en ont un réel besoin compte tenu de leur voisinage et de la réalité stratégique. Pour certains prospects dont on a pu parler dans le passé, le Rafale ne correspondait sans doute pas tout à fait aux attentes des pays concernés." Ce n'est pas le cas désormais.

2. Le Rafale a prouvé sa performance. La guerre, menée au Mali par la France contre les terroristes, a permis de démontrer la polyvalence et l'efficacité de l'avion de chasse de Dassault Aviation. C'était finalement l'une des premières fois que le chasseur made in France se trouvait engagé seul sur un théâtre d'opération. L'offensive éclair de la France a donc prouvé sa capacité à affronter des menaces très variées tout en assurant des missions d'observation.

3. La France a joué collectif. Comme au football, on ne réussit pas à vendre de tel produit à l'export sans jouer groupé. Si un des membres du collectif joue "perso" (comme ce fut le cas lors de grands contrats nucléaires par exemple), il n'y a aucune chance de vendre. Laurent Fabius l'a souligné : "c'est une victoire de l'équipe de France de l'export". Comprendre : de l'industriel, du ministère de la Défense et de la diplomatie française qu'il dirige.

4. La politique étrangère de la France est appréciée... en regard de ce que font les Américains. Le froid actuel dans les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et les pays du Golfe a clairement ouvert une fenêtre d'opportunité pour l'avion français. Couplé à l'omniprésence de Jean-Yves Le Drian, qui a multiplié les voyages dans les pays potentielllement acheteurs, cette évolution géopolitique a permis au Rafale de s'imposer.

5. La France a (vraiment) besoin de le vendre. Une dernière raison pourrait aussi expliquer le fait que le Rafale se vende mieux : l'Etat français ne peut plus à lui seul assurer les cadences de production et la viabilité du programme Rafale. Cette pression, notamment liée aux efforts de réduction des coûts inscrites dans la loi de programmation militaire, a sans aucun doute poussé tous les acteurs du dossier à tout faire pour trouver des solutions permettant de vendre enfin l'avion de combat hors de nos frontières. Que ce soit sur le volet financier ou le volet des transferts de technologie, chacun a été plus enclin à faire des concessions pour permettre au Rafale de voler au-delà de l'Hexagone. Avec succès.

Thibaut De Jaegher

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7 commentaires

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08/05/2015 - 23h34 -

Il manque une raison essentielle: tout le monde semble enfin avoir un regard critique sur le JSF F35 (dernier exemple le canada), programme américain soi disant "too big too fail" et qui devait tuer l'aviation Européenne.
Avec le Rafale, le Typhoon et le Grypen, elle ne s'est jamais aussi bien porté, alors que la montagne F35 va accoucher d'une souris qui aura engloutit la majorité des finances de USAF depuis 20 ans.
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06/05/2015 - 11h55 -

bravo
mais pourquoi ne pas avouer que c'est plutôt la récompense d'une trahison aux valeurs de la république et de la démocratie. La France soutient les dictateurs et les putschistes, en contre partie, ils lui achètent son navet au prix fort.ça c'est du commerce, pognon contre principes!!! sauf que là ça fait des victimes et des destructions
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05/05/2015 - 22h43 -

Bonjour, je trouve qu'il qu'il y a trop peu de réactions aux magnifiques succès commerciaux de la France en matière d'armement. Alors je souhaite apporter ma contribution à l'enthousiasme de cette industrie. ------------------- Super, nous vendons à tire-larigot des engins porteurs de mort avec tout leur arsenal. Nous pouvons être fiers de nous, il y a vraiment de quoi s'enorgueillir d'être Français. France, la patrie des droits de l'homme, qui retrouve sa place parmi les premiers pourvoyeurs d'armes au monde. Bien sûr ces bombes ne tomberont exclusivement et sélectivement que sur des méchants. Bien sûr tous ceux qui les construisent ne sont pas responsables de leur usage. Nous, Français, ne sommes bien entendu pas responsables des dégâts collatéraux causés par les bavures, quand une bombe ou un missile tombe sur une école. C'est vraiment super de consacrer à la destruction toutes les capacités que nous donne la vie, notre intelligence, et des milliards d'€, alors que toute cette énergie pourrait être consacrée au bien de l'humanité. Je ne peux conclure que par un tonitruant COCORICO ! --------------- Philippe
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04/05/2015 - 18h42 -

Bonjour à tous. Il me semble avoir vu voler le Rafale au Salon du Bourget de 1986. Les clients du Golfe voulaient un bimoteur, ce que n'était pas le Mirage 2000. Après avoir auto-financé le Mirage 4000, lui aussi "gros" bimoteur, Dassault s'est également lancé, seul, dans le développement du Rafale, les négociations avec les membres de l'EFA (European Fighter Aircraft), dont les Britanniques qui voulaient tirer la couverture à eux alors que Dassault avait la meilleure technologie, ayant échouées. Le problème était que ce Rafale (un bel avion est un bon avion disait Marcel Dassault), n'était qu'un vecteur... Certes, il était beau, volait vite, mais ne disposait d'aucun armement ni système opérationnel. Il aura fallu attendre des années et des années pour que les équipementiers fabriquent les équipements dignes de cet avion. La France a ensuite tergiversé pour le vendre puisqu'elle ne pouvait vendre à des pays tiers ce qu'elle pouvait difficilement se financer... Pour maintenir Dassault et le programme hors de l'eau, elle a commandé quelques appareils, maintenant Dassault sous perfusion autour de ce programme. Il a donc fallu attendre "l'alignement des planètes", dont un dollars à presque parité et le contexte géopolitique que nous connaissons, pour qu'il soit permis à Dassault d"enfin" vendre son superbe appareil. Gageons pour nos équipementiers et industriels français que ces 3 contrats seront suivis par d'autres contrats, permettant ainsi à Dassault d'asseoir son avance technologique et de développer, sur fonds propres ;), son futur Rafale...
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03/05/2015 - 17h12 -

Le Rafale est un appareil performant dans sa fiabilité (bimoteur à l'encontre de son concurrent suédois moins cher auquel je souhaite tous ses décollages réussis) et dans sa définition de système d'armes qui l'empêche de voler très vite mais le rend redoutable sur le champ de bataille grâce à sa manoeuvrabilité. Nos pilotes l'ont prouvé au combat.
Enfin et pas le moindre, nos pilotes d'essais et de démonstration, qui sont souvent les mêmes, lui rendent bien.
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03/05/2015 - 12h14 -

L'article donne 5 raisons un peu bidons. Il manque l'essentiel : la baisse de l'euro vis à vis du dollar qui rend l'appareil plus compétitif vis à vis de ses concurrents américains et le fait qu'il apparait au fil des années comme un avion unique, le seul réellement polyvalent et moderne sur le marché.
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03/05/2015 - 09h31 -

Ainsi que la parité euro dollars
Les avions s achetent en dollars
Vu qu il est faible en ce moment, il est de fait moins cher
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