Les 26 propositions de Force ouvrière pour soutenir l'industrie française

La fédération FO de la métallurgie interpelle les candidats à l’élection présidentielle avec 26 propositions en faveur de l’industrie en France. Et dresse un bilan plutôt positif de la politique industrielle du quinquennat.

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Les 26 propositions de Force ouvrière pour soutenir l'industrie française
Jean-Claude Mailly de FO

FO Métaux, la fédération Force ouvrière des ouvriers, employés et cadres de la métallurgie, revendique un rôle de syndicat réformiste. "Attachée à la pratique contractuelle et conventionnelle dans l'intérêt des entreprises et des salariés", elle revendique la signature de nombreux accords dans les branches et les entreprises, et son rôle dans la mise en place de certaines politiques industrielles nationales. Toute à sa logique réformiste, elle interpelle les candidats à l’élection présidentielle avec 26 propositions pour relancer l’industrie, dans un Livre blanc "Pour la défense de l’industrie sur notre territoire" . C’est la quatrième fois que FO Métaux publie un livre blanc à l’occasion d’élections (présidentielles en 2007 et 2012, régionales en 2010). Le document de 96 pages est autrement plus riche que les trois pages présentées par la CGT lors de ses assises de l’industrie, fin février.

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, "l’industrie doit continuer à tenir une place économique majeure. Les pouvoirs publics ont, en la matière, un rôle essentiel : avoir une vision construite à moyen et long terme, conditionner et cibler les aides accordées, préserver des secteurs ou entreprises dont l’activité est considérée comme stratégique". Ses propositions s'articulent autour de trois axes.

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1/ Un Etat stratège doté d’une vision de long terme

Force ouvrière veut que l’Etat soit encore plus stratège en matière industrielle. L’organisation salue le travail des comités de filières au sein du Conseil national de l’industrie (CNI), même si elle regrette le peu d’assiduité des pouvoirs publics. Le syndicat applaudit également le travail du Commissariat général à l’investissement (CGI) et les plans industriels, mais déplore la disparition de certains plans lors du passage de 34 plans à 9 "ambitions". FO se réjouit également de la création de France Stratégie, qui correspond peu ou prou au Commissaire au plan qu’elle réclamait. Et se félicite du rôle de la Banque publique d’investissement, qu’elle aimerait doter d’un budget plus important et orienter plus massivement – voire uniquement – vers l’industrie.

Mais FO veut aller plus loin, et demande la création d’un "comité stratégique industriel France", qui réunirait élus et acteurs des territoires, capitaines d’industrie, CNI, organisations patronales et syndicales. Et centraliserait toutes les décisions, économiques, de recherche, sur l’emploi et les salaires, susceptibles de relancer l’industrie. La nouvelle politique industrielle de l’Etat passerait par une vision "durable" de l’industrie (quelles industries développer ou réintroduire en France, mise en place de réseaux territoriaux…), une lutte contre les délocalisations (incitations à maintenir la production en France, aides à la relocalisation…), un soutien aux démarches "Made in France"…

2/ Des aides publiques sous conditions

La critique principale adressée au CICE par Force ouvrière est son manque de conditionnalité et de fléchage. FO regrette qu’autant de fonds publics aient été donnés aux entreprises sans que cela ne profite à l’emploi ou à l’investissement. Logiquement, FO plaide pour maintenir le CICE, mais veut le réserver à l’industrie et le conditionner à une utilisation pour l’emploi, l’investissement ou les salaires. Enfin, pour qu’il soit encore plus profitable à l’industrie, FO demande que son assiette soit élargie, et ne concerne pas les seuls salaires inférieurs à 2,5 Smic, mais aussi ceux jusqu’à 3,5. Même type d’approche sur le crédit d’impôt recherche, qui doit lui aussi être conditionné, notamment au maintien en France des centres de décision, et des emplois.

3/ Un soutien aux secteurs d’avenir ou en difficultés

Filière ferroviaire à la peine avec les mésaventures d’Alstom, démantèlement d’Areva, fermeture des hauts fourneaux de Florange, aventure trop courte de l’éolien offshore… Les critiques les plus fortes de Force ouvrière à l’égard du quinquennat concernent "l'absence de vision industrielle des décideurs politiques" pour soutenir les entreprises en difficulté. Dans le secteur automobile, le syndicat estime que l'amélioration de la santé des constructeurs tient surtout aux accords sociaux signés entre autres par FO. Il se félicite par ailleurs du rapprochement, qu’il a soutenu, entre Aerolia et Sogerma, qui a débouché sur la naissance de Stelia Aerospace. Parmi ses propositions, FO plaide pour la mise en place de filières recyclage (récupération de métaux et matériaux rares) et démantèlement (de navires, trains, avions, voitures, matériels militaires…), qu’elle verrait bien réunies dans un 15e comité stratégique de filière.

Cécile Maillard

Retrouvez ici le document complet de FO Métaux :

Livre Blanc FO by L'Usine Nouvelle on Scribd

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