Economie

Le suramortissement a soutenu le redémarrage de l’investissement

Solène Davesne

Publié le

Selon l'Insee, le dispositif de suramortissement adopté par le gouvernement pour un an aurait dopé de 0,2 à 0,4 point les investissements industriels 

Ce n’est pas le seul facteur bien sûr. Mais le dispositif de suramortissement mis en place pour un an par le gouvernement a contribué au redressement sensible de l’investissement des entreprises, selon les experts de l’Insee. L’institut de statistique souligne que les investissements en biens d’équipements des industriels ont enregistré leur plus forte progression depuis 2011 après l’entrée en vigueur de la mesure en avril.

"Parmi tous les achats en biens d’équipements, les plus concernés a priori par la mesure de suramortissements ont été plus dynamiques", souligne l’Insee en citant les ventes de machines-outils, en progression de 6,1 % au troisième trimestre 2015. Tout n’est cependant pas imputable au bonus fiscal qui expire le 14 avril 2016. Car l’Insee souligne que sur la même période, les ventes de poids lourds et d’utilitaires ont aussi été dynamiques, sans que pour autant, elles ne donnent lieu à un suramortissement.

Au final, l’institut table sur un petit impact de 0,4 point supplémentaire d’investissement en produits manufacturés au dernier trimestre 2015 et sur le premier trimestre 2016, avant 0,2 point au deuxième trimestre 2016. Seuls les industriels qui ont passé leur commande ferme et versé le premier acompte d’ici avril 2016 pourront en profiter. Les chefs d’entreprise voient dans celle-ci surtout un effet d’aubaine, qui les incite à avancer leurs projets sans forcément prévoir davantage de dépenses. L’Insee ne tranche pas mais estime de fait que si la mesure était prolongée, "l’effet serait alors plus diffus dans le temps".

L’Assemblée nationale a finalement repoussé sa prolongation jusqu’à la fin de l’année, défendu par le Sénat. La mesure aurait couté 380 millions d’euros, trop aux yeux du secrétaire d’Etat au budget. Depuis, le gouvernement hésite sur la marche à suivre. Devant les députés le 8 décembre, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a jugé que "sa limitation dans le temps devait servir à produire un effet d’entraînement, mais il est tout à fait envisageable de la proroger". Mais son cabinet préfère désormais temporiser. "La question ne se pose pas avant d’avoir pu évaluer l’effet de la mesure sur l’année entière", estime-t-on au cabinet. Ce qui veut dire que la décision ne devrait être prise qu’en avril au mieux.

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