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Le retard des ports français au menu des Assises de l’économie de la mer

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Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté sa stratégie portuaire devant les Assises de l’économie de la mer qui se déroulent au Havre (Seine-Maritime) mardi 21 et mercredi 22 novembre. Trois systèmes portuaires (Haropa, Marseille et Dunkerque) restent dans le giron de l’Etat quand Nantes, Bordeaux et La Rochelle passeraient sous pavillon régional.

Le retard des ports français au menu des Assises de l’économie de la mer
Edouard Philippe aux Assises de la mer
© CC Twitter @EPhilippePM

"Je ne m’habitue pas à l’idée qu’Anvers soit le port le plus important pour le trafic de marchandises de France !" En ouvrant les Assises de l’économie de la mer qui se tiennent au Havre mardi 21 et mercredi 22 novembre, le Premier ministre Edouard Philippe est allé droit au but : "La France n’a pas un trafic portuaire à la hauteur de sa façade maritime ni de sa place en Europe." Hervé Morin, le président de la région Normandie, y a, lui aussi, été de son couplet sur Anvers : "En 1990, le trafic de conteneurs du port d’Anvers était exactement le double de celui du Havre. Aujourd’hui, il pèse quatre fois plus alors que l’activité du port du Havre a été dans le même temps multipliée par trois."

Devant cet honneur fait à Anvers, Marc Delbeke, représentant du port flamand en France, a pris la parole devant les quelque 1 800 participants pour lancer une invitation : "Je vous invite tous à Anvers pour vous expliquer la réussite de notre port !"

Le Premier ministre, ancien maire du Havre, sera peut-être du voyage mais en attendant, il a quelques ambitions : "En cinq ans, on peut rattraper beaucoup de retard, lever pas mal de verrous, libérer pas mal d’énergies et pourquoi pas, prendre de l’avance." Il va mettre en musique une stratégie maritime qui passera par le maintien des exonérations de charges pour les armateurs français, et une "stratégie portuaire" qui va faire une distinction entre les actuels grands ports maritimes détenus par l’Etat. Il y aura, d’un côté, des "systèmes portuaires" ayant un intérêt européen et international : les ports de l’axe Seine Le Havre-Rouen-Paris (réunis dans  le GIE Haropa), Marseille et les ports méditerranéens et enfin, Dunkerque, tête de pont de l’axe Nord et de l’activité transmanche, de l’autre, des ports ayant une "vocation nationale mais ne se situant pas sur les grands axes mondiaux", à savoir Nantes, Bordeaux et La Rochelle. La première catégorie de ports resterait dans le giron de l’Etat, la seconde passerait dans le giron régional.

"Il faut un pilotage plus unifié des trois ports de l’axe Seine"

Le Premier ministre va engager des études pour améliorer le fonctionnement des trois premiers systèmes portuaires français à commencer par le GIE Haropa (Le Havre, Rouen, Paris) qu’il connait bien. "Sa gouvernance a atteint ses limites, il faut plus d’intégration. Il faut un pilotage beaucoup plus unifié entre les trois ports." Edouard Philippe a chargé François Philizot, délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine, d’un rapport sur le sujet pour février 2018. Il s’agit de passer d’une coopération molle à une direction unique. "Il s’agit de mettre en place un commandement unique. (…) Il y a un esprit commercial à créer. Nous avons pris du retard dans ce domaine", a expliqué François Philizot. Selon nos informations, ce commandement unique aux trois ports pourrait voir le jour début 2019.

Sur la façade sud-est, Edouard Philippe a chargé Jean-Christophe Baudouin, délégué interministériel au développement de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône, d’une mission sur une "nouvelle stratégie portuaire sur la façade et le long de l’axe Rhône". Le port de Marseille, a souligné Edouard Philippe doit "mieux s’articuler avec les autres ports de la façade méditerranéenne, et d’autre part pénétrer profondément dans les terres, vers le nord, le long du Rhône et de la Saône jusqu’à Lyon".

Au nord, c’est le préfet de région des Hauts-de-France Michel Lalande qui va conduire la réflexion sur l’axe Dunkerque-Calais.

Edouard Philippe a aussi évoqué le chantier de la convergence des systèmes logistiques. "Il y a actuellement deux systèmes concurrents, l’un sur l’axe Seine, l’autre sur l’axe Rhône. Je veux désormais un seul système." Il souhaite aussi une accélération de la digitalisation de la logistique maritime avec la mise en place d’une plateforme nationale des données portuaires. "Inspirons-nous des meilleurs ! Pas des Belges ou des Néerlandais dans ce cas, mais des Singapouriens." A terme, s’est enflammé Edouard Philippe, "je ne veux plus trois ports nationaux, mais un seul port français avec trois portes d’entrée".

"Simplification radicale des procédures d’instruction" dans l'éolien en mer

Balayant les différents univers de l’économie bleue, Edouard Philippe a évoqué le retard pris dans les énergies marines. Il a annoncé que les études préalables sur l’éolien flottant en Bretagne et Méditerranée seraient lancées en 2018. En parallèle vont être engagées les études environnementales et le débat public sur le projet éolien d’Oléron. Nicolas Hulot va se voir confier une mission de "simplification radicale des procédures d’instruction" pour l'éolien en mer qui ira droit au cœur des opérateurs, ces derniers répétant qu’il faut dix ans en France quand il faut trois ou quatre ans dans d’autres pays européens pour lancer un parc éolien.

Claire Garnier

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