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Le redémarrage de la Côte d’Ivoire attire les industriels français

Solène Davesne , ,

Publié le

Le président du Medef Pierre Gattaz conduit une délégation d'une centaine d'entreprises en Côte d'Ivoire. Avec une croissance annuelle de près de 8 %, le pays est en plein boom. 

Le redémarrage de la Côte d’Ivoire attire les industriels français
Abidjan
© CC Flickr abdallahh

Almamy Toungara vient ici presque tous les jours pour faire ses courses."Ce qui est bien, c’est qu’on peut trouver de tout et le pain est meilleur qu’ailleurs", assure ce fonctionnaire, en montrant son sac Carrefour.

A Abidjan, le centre commercial dernier cri Carrefour ouvert par CFAO fin 2015 est devenu le nouveau temple shopping de la classe moyenne ivoirienne. D’ici cinq ans, CFAO qui y a investi 55 millions d’euros compte en ouvrir cinq autres dans la capitale économique. A lui seul, le centre commercial résume le boom économique de la Côte d’Ivoire. Depuis la fin de la guerre civile en 2011, la "locomotive de l’Afrique de l’Ouest" a retrouvé des couleurs. Pour la quatrième année consécutive, le pays a connu près de  8 % de croissance l’an dernier et devrait conserver le même rythme cette année.

Le marché explose

La performance n’est pas passée inaperçue. depuis plusieurs mois, les entreprises françaises opèrent leur grand retour. Le fromager Bel a implanté une nouvelle usine dans le pays. A côté de l’installation de Carrefour, le groupe Decathlon a démarré la vente en ligne de ses produits en partenariat avec Jumia et réfléchit à une ouverture de magasin.

Depuis le 25 avril, le président du Medef Pierre Gattaz a conduit une importante délégation d’une centaine d’entreprises à Abidjan, la capitale économique. A côté des grands groupes comme Thales, CMA CGM ou la SNCF, le Medef a surtout réussi à mobiliser des PME, pas toujours familiarisées avec le pays. Un forum d’affaires, auquel participe aussi le secrétaire d’Etat au commerce extérieur Matthias Fekl, doit regrouper le 27 et 28 avril des entreprises ivoiriennes et françaises pour essayer de conclure des partenariats.

"Le marché explose ici. La dynamique est plus forte qu’ailleurs dans la région", s’enthousiasme Sam Bahsoun, le directeur général de France Kitchen, qui équipe les cuisines des grands hôtels mais aussi des cantines scolaires ou du futur siège d’Orange en construction. Pour suivre la hausse de la demande en Afrique, la PME de 350 salariés, répartis sur deux sites industriels en France, vient de recruter au sein de son bureau d’étude. La croissance démographique et l’urbanisation grandissante accentue aussi la demande de biens de consommation. "La Côte d’Ivoire peut être un hub de production pour la sous-région", plaide aussi Jean-Marie Ackah, le pdg de Sipra, numéro un de la volaille ivoirien.

Quatrième investisseur en 2015

Pour en profiter, la concurrence est rude. Face aux entreprises marocaines et chinoises, la part de marché des entreprises françaises a fondu en quinze ans de moitié, pour atteindre 10 %. "Vous avez un avantage concurrentiel par rapport aux plus autres. Mais on ne voit pas encore assez les PME françaises", remarque Jean Kacou Diagou, le président de la confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire.

En 2015, la France n’était plus que le quatrième investisseur étranger l’an dernier, derrière Maurice, l’Inde et le Maroc, qui mène depuis plusieurs années une stratégie ambitieuse d’implantation. Elle reste première en stock, avec 1,3 milliard d’euros.

Les industriels français ont pourtant une carte à jouer. Notamment dans la filière de l'agro-industrie. "Tous les fabricants de la filière sont déjà actifs ici", note le représentant de l'Adepta, qui structure la filière à l'export. Pour accélerer le développement, le président Alassane Ouattara a accéléré les réformes pour développer la production industrielle, en particulier dans l’agroalimentaire, qui représente les trois quarts du secteur manufacturier et 800 000 emplois. Le gouvernement a mis en place un code des investissements, avec des exonérations fiscales à la clef pour les entreprises investissant dans la transformation locale. Objectif : faire passer de 20 à 40 % la part de l’industrie dans son PIB.

Renforcer la transformation locale

Alors que le pays est le premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, "actuellement, nous ne transformons pas plus que 10 % de notre production. Nous n’allons pas continuer à développer l’économie asiatique à nos dépens. Nous voulons être le premier transformateur mondial", se désespère Massogbè Touré Diabaté, la présidente de SITA, le principal producteur de noix de cajou du pays, qui espère conclure des partenariats industriels.

Dans la filière du cacao, le gouvernement espère atteindre au moins 50 % de transformation locale contre 33 % actuellement. Certains industriels français ont déjà sauté le pas. Depuis l’an dernier, le groupe Cémoi a ouvert une chocolaterie, juste à côté de son usine de première transformation du cacao dans la zone industrielle de Yopougon, à la sortie d’Abidjan.

L'industriel est le premier à produire de la pâte à tartiner et des tablettes de chocolat dans le pays. Objectif : alimenter le marché ouest-africain. Pour s’adapter aux besoins des échoppes traditionnelles, le chocolatier a conditionné la pâte de chocolat dans des petits sachets en plastique. "La consommation ne dépasse pas 30 à 50 grammes par habitants par an", souligne le directeur général de Cémoi pour la Côte d’Ivoire. En comparaison, la consommation moyenne est de 500 grammes en Chine et 8 kg en Europe. La marge de progression est encore importante.


 

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