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Election présidentielle 2017

Le programme économique de Marine Le Pen, anti-européen et pro PME

Cécile Maillard , ,

Publié le

Marine Le Pen a présenté les grandes lignes de son programme présidentiel à Lyon, les 4 et 5 février. En économie, tout repose sur l’abandon de l’euro et de l’Europe, et sur des mesures favorables aux PME, parfois difficilement conciliables avec les intérêts des salariés que le Front national prétend par ailleurs  défendre.

Le programme économique de Marine Le Pen, anti-européen et pro PME

Le Front national avait prévenu : il ne présenterait pas de programme précis et chiffré, mais des principes généraux et des grandes lignes. Promesse tenue. Les 144 propositions dévoilées par Marine Le Pen à Lyon, le week-end des 4 et 5 février, tiennent chacune en quelques lignes dans le document de 24 pages qui les reprend. "L’élection ne se jouera pas à la virgule, a justifié Jean Messiha, coordinateur du programme du parti d’extrême-droite, mais sur la vision."

En économie, pas de surprise. La candidate du Front national pour l’élection présidentielle de 2017 déroule des mesures motivées par deux grands objectifs : retrouver une indépendance vis-à-vis de l’Union européenne, et flatter les petites entreprises là où elles rencontrent des difficultés. Quitte à faire preuve d’un numéro d’équilibriste pour promettre plus de protections aux salariés et bas revenus.

Repli à l’intérieur des frontières

La proposition numéro 1 du parti d’extrême-droite reste très générale : retrouver "une souveraineté monétaire, législative, territoriale, économique" en négociant avec les partenaires européens de la France. Puis, organiser un référendum sur le maintien ou non dans l’Union européenne et rétablir "une monnaie nationale". Pour ne pas trop effrayer les électeurs inquiets de la dévaluation de la monnaie qui suivrait, l’expression "sortie de l’euro" n’est pas utilisée. Début janvier, le Front national avait précisé sa position, en proposant de recréer le franc pour les citoyens, et de maintenir une monnaie "commune", et non plus unique, un "écu" au lieu de l’euro, pour l’Etat et les grandes entreprises.

Toujours dans cette optique de repli à l’intérieur des frontières, le Front national préconise une taxe de 3% sur toutes les importations, une obligation d’acheter français pour la commande publique (si l’écart de prix est "raisonnable", soit de 25% au maximum avait-il déjà détaillé), une taxe sur l’embauche de salariés étrangers (sans que l’on sache si les Européens seraient concernés), une interdiction de vendre à des sociétés étrangères, pendant dix ans, pour une entreprise qui aurait bénéficié d’aides publiques. Les start-up risquent de ne pas apprécier… Autant de mesures difficiles à appliquer dans une économie mondialisée qui, elle, ne va pas disparaître.

Equilibrisme entre plaire aux patrons et plaire aux salariés

Aux petits patrons, cœur de cible du FN, Marine Le Pen promet une simplification administrative et réglementaire, mais surtout un abaissement des charges, avec une diminution de l’impôt sur les sociétés de 33% à 24% pour les PME et une transformation du CICE, pérennisé, en baisse de charges. Quant au Crédit d’impôt recherche, le Front national souhaite le "recentrer" sur les PME et start-up. Sans dire ce qu’y perdraient les grandes entreprises. D’ailleurs, le programme ne contient finalement aucune mesure dirigée contre elles, un temps envisagées, mais le sujet divisait le Front national. Autre proposition qui devrait plaire aux petites entreprises : réduire les "obligations administratives" découlant du franchissement du seuil de 50 salariés, dont les obligations sociales. Dans les entreprises de 50 à 300 salariés, leur représentation passerait par une structure unique – c’est aujourd’hui possible, mais pas obligatoire.

Le Front national, qui prétend défendre les patrons de PME, mais aussi les salariés, est obligé de réaliser un numéro d'équilibriste. Exemple : le compte pénibilité. Supprimé car trop complexe pour les entreprises, il serait remplacé par un constat d’exposition à la pénibilité effectué par un médecin du travail, qui permettrait de partir plus tôt à la retraite. Equilibre encore plus difficile à tenir sur la loi Travail. Si Marine Le Pen souhaite la supprimer, elle propose pourtant d’en amplifier une des mesures phare : la possibilité de déroger aux 35 heures, par une négociation entre partenaires sociaux, au niveau des branches. Cette négociation pourrait fixer le déclenchement des heures supplémentaires à 37, 38 ou 39 heures par semaine, une mesure moins favorable aux salariés que la loi El Khomri. Ces heures supplémentaires seraient à nouveau défiscalisées.

Mesures non chiffrées

Le coût de cette mesure n’est pas chiffré, pas plus que toutes celles présentées comme favorables aux salariés, entre autres. Entrent dans cette catégorie le retour de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation, la baisse de 5% des tarifs du gaz et de l’électricité, la diminution de 10% de l'impôt sur le revenu des trois premières tranches. Et si la revalorisation du SMIC de 200 euros préconisée en 2012 disparaît, suite là aussi à des désaccords internes, une prime serait versée aux plus bas revenus, financée, elle, par la taxe de 3% sur les importations.

Au chapitre économique toujours, le Front national préconise plusieurs mesures de développement durable, au nom de l’indépendance énergétique, et mise sur l’économie de la mer et l’agroalimentaire français. Il défend une "ré-industrialisation" que l’Etat-stratège discutera avec les industriels. Suffisamment vague pour que tout le monde soit d’accord…

Avec ce programme, le Front national estime pouvoir atteindre une croissance de 2% en 2018, de 2,5% à la fin du quinquennat. Le déficit public serait ramené à 1,3% en cinq ans, et la dette publique baisserait de 8 points… Nul doute que les économistes vont se pencher sur ces chiffres, fantaisistes, dans les semaines qui viennent.

Cécile Maillard

 

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